Un Projet de télémédicine est lancé au Cameroun

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De plus en plus présent dans son pays, Jacques Bonjawo, s'apprête à y lancer un projet de télémédecine, qui sera étendue à d'autres pays africains. L'informaticien et économiste, évoque ici ce projet initié par la start-up Genesis Futuristic Technologies, l'entreprise indo-américaine qu'il dirige depuis son départ de Microsoft. Nous l'avons rencontré à Yaoundé.

C'est quoi la télémédecine que vous installez au Cameroun en ce moment ?

C'est une pratique de la médecine qui s'appuie sur les moyens de télécommunications et des technologies modernes afin de permettre la prestation de soins de santé, l'échange de l'information médicale et la consultation à distance.

J'estime en effet que l'adoption de la télémédecine chez nous, tout comme dans des pays comme l'Inde et la Chine, est une mesure appropriée pour faire face aux difficultés qui touchent le secteur des soins de santé : la croissance démographique, l'évolution des maladies et l'augmentation des dépenses des prestations de soins. Dans ce contexte, la diversification des services médicaux et la maximisation de l'emploi des technologies modernes sont les meilleures solutions.

En quoi consiste la consultation à distance ?

La consultation à distance ou Télé Consultation est un moyen permettant d'accéder en temps réel à une expertise médicale, quelque soit la situation géographique du patient ou de l'information le concernant. Outre la rapidité du diagnostic, cette application évite au patient des déplacements coûteux et souvent inconfortables.

Par exemple, un patient qui se trouve à Abong Bang ou à Maroua, pourrait bénéficier d'un électrocardiogramme et ses données seront transmises en temps réel au centre par le biais du réseau informatique.

Avec les informations reçues, les médecins du centre pourront immédiatement donner au malade une consultation appropriée, et bien sûr à distance. Grâce à des équipements modernes, ce type de consultation nécessite seulement 30 minutes. Donc, pas de contraintes de temps et de lieu.

Comment entrevoyez-vous le prise en charge des maladies qui seront diagnostiquées par votre structure ?

Elle se fera sur la base d'une cotisation, et le cas échéant sur des paiements ponctuels. Je ne crois pas au mythe de la gratuité des soins. En revanche, il est évident que la télémédecine s'appuie sur la technologie et joue sur les économies d'échelle pour réduire substantiellement le coût des prestations de santé.

Bien entendu, nous n'entendons pas nous substituer aux organismes d'assurance maladie dans cette responsabilité. Toujours est-il que notre démarche contribuera à favoriser une coopération étroite entre les centres médicaux centraux et locaux dans la consultation, le diagnostic et la formation des professionnels de la santé.

Quelle collaboration avez-vous avec le système sanitaire déjà en place ?

Nous avons signé un partenariat avec le ministère de la Santé, qui est parfaitement en phase avec notre projet. De même nous avons signé une convention avec la Camtel qui nous donne, entre autres, accès à son vaste réseau télécom, car il ne peut y avoir de télémédecine sans télécommunication.

L'Unesco nous appuie également dans notre démarche en tant que partenaire technique. J'en sais gré à tous ces acteurs. Tout cela ne m'a pas été très difficile car je crois fermement à l'opportunité à la pertinence de notre projet. Par ailleurs, la période où j'ai contribué à créer l'Université virtuelle africaine, puis exercé les fonctions de Pca de cette institution, m'a été extrêmement utile pour construire des partenariats de ce type.

À quand le démarrage effectif de vos activités ?

Genesis est opérationnelle depuis le début du mois de mars. Nous entendons démarrer avec trois ou quatre sites pilotes, puis en fonction des progrès réalisés nous envisageons nous étendre sur l'ensemble du territoire national.

Cette démarche nous paraît nécessaire car la télémédecine a le potentiel de réduire le gap de l'inégalité de qualité dans les services de soins de santé entre les zones urbaines et les zones rurales ; elle renforce aussi les médecins isolés en zone rurale qui peuvent dès lors avoir accès à une base de connaissances.

Qui sont ceux qui travaillent pour ce projet ? Avec quels moyens ?

Le projet a été initié par Genesis, entreprise indo-américaine que je dirige. Nous avons créé une filiale ici chez nous, qui est une S.a. consacrée essentiellement à la télémédecine. Mes collaborateurs indiens qui ont une grande expérience dans ce domaine vont nous apporter leur expertise.

Au plan local, nous bénéficierons également de l'expérience de nombre de nos médecins de qualité, ayant déjà travaillé dans ce domaine. Quant aux moyens, ce sont essentiellement des financements privés, c'est-à-dire ceux de Genesis et de ses partenaires.

Cameroon Tribune