Bénin: Une autorité de régulation perdue dans le réseau

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Au Bénin, l'autorité de régulation du secteur des télécoms se perd dans le réseau. Mise en place sous la dénomination 'Autorité de régulation transitoire', celle-ci pose un réel problème de fonctionnalité.

Les opérateurs économiques investissant dans le secteur des télécommunications ne manquent pas de lui faire des reproches à l"Autorité de régulation transitoire' du Bénin. En effet, depuis que cette autorité a été créée, sa principale activité se résume à régler le problème des licences en Gsm. Mais depuis que ce problème a connu une solution, on ne sent plus cette autorité de régulation au bout du fil. D'ailleurs, elle ne gère que les affaires courantes actuellement. La preuve, deux membres clés de cette autorité viennent d'être nommés ministres. Bien qu'elle continue d'exister, sa fonctionnalité laisse à désirer. Ce que ne manquent pas de déplorer les opérateurs économiques qui veulent s'implanter au Bénin.

Hervé Hountondji, opérateur économique béninois, directeur de l'entreprise H2Com, rencontré lors de l'atelier méthodologique et de lancement du projet 'Libéralisation internationale du commerce des services Tics : enjeux du secteur privé et implications pour la mise en oeuvre de politiques publiques en Afrique de l'Ouest (Licom)', ouvert à Toubab Dialaw, estime que les textes qui régissent le secteur des télécommunications ont été abrogés et les lois devenues caduques.

Ainsi, selon lui, 'nous ne disposons pas d'autorité de régulation comme il en existe dans beaucoup de pays de la sous-région. Aussi, il n'y a aucune visibilité dans le secteur. J'en connais des opérateurs dont les investissements sont tombés en carton à cause de ce vide et de cette manière de faire qui n'est pas propice aux affaires', raille le directeur de H2Com. 'Au Bénin, l'investisseur qui arrive et qui a envie de monter un grand cyber avec 400 Pc ou de mettre en place une salle de conférence avec tous les accessoires ne pourra pas le réaliser, car il n'y a rien qui est mis en place pour lui permettre de le réaliser', ajoute Hervé Hountondji.

Au Bénin, à part le cellulaire avec cinq opérateurs de téléphonie, rien n'est réalisé dans le service des Tics. Aujourd'hui, la connection à l'intérieur du pays est aussi faible avec 156 méga bites. Une situation, selon les privés, qui ne saurait répondre aux besoins d'un pays qui a des exigences et des envies de communication avec 30 à 40 000 étudiants.

'Une autorité de régulation quasi-inexistante, c'est peut-être trop dire', rectifie toutefois Augustin Chabossou, chercheur au Cefred/Université d'Abomey Calavi Bénin. De son avis, certes des efforts ont été faits par l'actuel régime, mais il faut reconnaître que la marge de progression dans le domaine des Tics est encore béante. Comparé aux différents pays de la sous-région, le Bénin accuse un retard considérable dans le cadre de la promotion des services liés aux Tics, reconnaît.

Parmi les réformes à opérer, le chercheur béninois prône en premier que les autorités ressuscitent la politique des Tics qui est un document 'formidable' avec des objectifs et des cibles bien définis. 'Depuis qu'il a été élaboré, ce document n'a jusqu'à ce jour connu un début d'application', déplore-t-il.

En outre, M. Chabossou milite pour la mise en place d'une politique de communication. Malheureusement, au Bénin, il n'existe pas une législation claire qui définit les activités de communication. En troisième lieu, il préconise que soit 'ressuscitée l'autorité de régulation et d'en faire véritablement une autorité autonome. Une autorité qui puisse disposer d'un véritable pouvoir de décision et dont les membres seront inamovibles.

Wal Fadjri