Cybercriminalité - l'État ivoirien prévoit une batterie de mesures

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Sur la base du principe selon lequel" tous les citoyens, sans distinction d'aucune sorte, exercent leurs droits et liberté d'expression à rechercher, recevoir et transmettre toutes informations, données et idées légitimes dans un cyberespace sécurisé, pacifique et sans risque", les experts venus d'Afrique et Europe, ont adopté quatre axes stratégiques d'actions pour mener à bien cette lutte.

Le premier axe stratégique porte sur le développement des capacités humaines (Education et formation). Sous cet angle, les participants ont estimé que le développement des ressources humaines et le renforcement des capacités sont des facteurs essentiels pour la réussite de tout effort consenti par les secteurs public et privé pour la cybersécurité. C'est pourquoi, ils ont défini trois actions prioritaires à entreprendre.

A savoir identifier et organiser des programmes de formation sur les questions techniques et juridiques que pose la cybercriminalité, la cyber-sécurité et la protection des infrastructures importantes.

Puis promouvoir les programmes de certification qui sont généralement acceptés par les secteurs public et privé et enfin promouvoir la formation des professionnels de la sécurité des TIC, tout en examinant les plans de certification de la qualification professionnelles et en suscitant le développement et la distribution de supports pédagogiques.

Le second axe prioritaire est relatif à la création d'un environnement favorable (cadres juridiques, réglementaires, politiques et de plaidoyer)

En effet, les participants ont estimé que le cyber-espace est, par nature, un espace sans frontières. En conséquence la protection de la vie privée, la confiance du consommateur, la facilitation des services électroniques, et la protection de la propriété intellectuelle sont, entre autres, problèmes dont la résolution nécessite la participation active de tous les acteurs.

C'est la raison pour laquelle ils ont défini sous cet angle cing actions prioritaires à mettre en oeuvre dans les plus brefs délais.

Il s'agit d'élaborer des règles de droit positif, des procédures et des lois d'assistance mutuelle, ainsi que des politiques qui tiennent compte des questions relatives aux initiatives nationales, régionales, continentales et internationales.

La seconde priorité est de développer sous les auspices de l'Union Africaine (UA), une base de données des règles et lois d'assistance mutuelle et en définir le statut.

Quant à la troisième, elle recommande d'élaborer une procédure globale de règles de droit positif, de procédures de lois d'assistance mutuelle et de certification, ainsi que des programmes de formation en collaboration avec l'Union internationale des télécommunications (UIT), la Communauté économique africaine (CEA), les communautés économiques régionales, le Conseil de l'Europe et les autres institutions spécialisées.

La quatrième est relative à l'élaboration des stratégies de gestion des risques liés aux infrastructures de base, y compris l'évaluation et la prévention des risques et les plans de riposte. Enfin, il s'agit d'adopter les conventions internationales et régionales sur la cybersécurité.

Quant au troisième axe stratégique, les experts ont décidé de mettre l'accent sur la sensibilisation (renforcement de la confiance, de la sécurité et des directives).

A ce niveau la conférence a estimé qu'une cybersécurité efficace est par nature, une question de culture mondiale et doit donc être développée, traitée et soutenue au niveau de toutes les couches de la société de l'information. Elle doit en outre être conforme à la nécessité de préserver la libre circulation de l'information.

Et pour ce faire, deux actions prioritaires ont été arrêtées. Identifier et promouvoir les normes de sécurité et les bonnes pratiques et enfin élaborer des mécanismes capables de rehausser la sensibilisation du public et d'instaurer une culture de cybersécuirté.

Le dernier axe stratégique et non des moindres, met l'accent sur le renforcement de la coopération (mécanismes de suivi, partage de l'information et initiative de coopération.

Les experts réunis à Yamoussoukro ont noté que le succès de la lutte contre la cybercriminalité et la protection des infrastructures d'information sont tributaires de la coopération internationale qui assure la promotion de l'échange d'expériences, l'identification et l'application de normes pertinentes, le transfert du savoir-faire et l'assistance technique.

D'où l'adoption de deux actions prioritaires qui consistent à créer des systèmes sectoriels nationaux de réponse qui facilitent l'échange rapide d'informations et suscitent la volonté de relancer rapidement les opérations (CERT/CSIRT) et enfin encourager la reconnaissance des CERT aux niveaux régional et international.

Autant donc de propositions concrètes que les experts ont adopté à l'unanimité hier à la cérémonie de clôture de cette rencontre historique en ce qu'elle constitue la toute première édition sur la cyber sécurité.

Et qui nous l'espérons, seront très rapidement traduits en actes concrets conformément aux voeux du Président Laurent Gbagbo, qui mesure les enjeux de cette lutte. Car « le cybercriminel, a-t-il indiqué, peut agir dans un autre pays ou continent, tout en étant dans un autre ».

Voici une guerre qui pourrait faire l'actualité au cours des douze prochains mois : celle que vont livrer les pouvoirs publics, à travers l'Agence des télécommunications de Côte d'Ivoire (Atci) et la police contre les criminels et bandits qui utilisent le net et les sms comme armes pour commettre leurs forfaits.

La volonté politique y est clairement affichée. Et le Chef de l'Etat ivoirien l'a affirmé, sans ambages, à l'ouverture, mardi dernier, de la première conférence régionale africaine sur la cybersécurité qui s'est achevée, hier, à Yamoussoukro. Et ce, après quatre jours de réflexion des experts africains, américains, européens et autres sur la problématique suivante : «Comment bâtir un espace numérique de confiance en Afrique ?».

Pour le Chef de l'Etat, il est plus qu'urgent de traquer la cyber-criminalité, mais aussi tous ceux qui utilisent leurs puces de téléphone mobile pour envoyer des sms mensongers visant à apeurer et terroriser les populations. Pour y parvenir au plus vite, des moyens juridiques et réglementaires seront donnés à l'Etat de Côte d'Ivoire.

Ainsi, il pourra pour poursuivre et punir ces bandits de dernière génération. Et il est fort probable qu'au niveau des techniciens, les choses aillent rapidement pour donner, en synergie, force à la loi aussi bien en Côte d'Ivoire qu'en Afrique.

En fait, les travaux de Yamoussoukro ont démontré la nécessité d'opposer, en urgence, à la cyber-criminalité, la cybersécurité, c'est-à-dire, tous les outils juridiques, techniques et administratifs susceptibles d'aider à appréhender ceux qui, par le biais de l'Internet, soutirent de l'argent sur des comptes bancaires, lancent des attaques contre les réseaux informatiques ou bases de données confidentielles des pays, font perdre de l'argent à de nombreuses entreprises ou personnes physiques, etc.

Aujourd'hui, il est question de créer de nouvelles infractions liées à ces phénomènes et défis nouveaux afin de pouvoir matérialiser les fautes.

Dans ce même ordre de projets, l'Etat va engager, à travers l'Atci, une vaste opération de traçabilité dans l'utilisation des puces de téléphone mobile.

Ainsi, à compter du 1er janvier 2009, aucune puce ne s'achètera dans l'anonymat. Tout acquéreur sera identifié, pièce d'identité à l'appui, afin que les services compétents de l'Etat sachent qui est détenteur de telle ou telle puce. Par cette opération qui va s'étendre, au bout d'un an, à ceux qui sont déjà détenteur de puce, il sera facile de savoir qui a fait quoi à partir d'où.

On peut d'ores et déjà présager les grincements de dents qu'une telle initiative pourrait susciter, à tort. Alors même qu'il est impérieux de construire un Etat où n'importe qui ne doit pas faire n'importe quoi. Il faut façonner l'Etat de Côte d'Ivoire pour en véritablement un gendarme, afin de mieux protéger les citoyens.

Faute de quoi, l'image du pays risque d'être écorchée. Et les populations d'être faussement alertées et de vivre dans la hantise. Enfin, sans un minimum de contrôle du développement du net, et surtout de son utilisation, il est à craindre que les pays africains soient victimes des fossoyeurs qui passent le clair de leur temps dans les cybercafés.

Fraternité Matin