L'ordinateur à rs 10 000, une réalité à l’Ile Maurice

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Désormais chaque foyer mauricien pourra acquérir un ordinateur qui coûtera entre Rs 10 000 et Rs 16 000. Ce projet commun de trois sociétés s'inscrit dans la démocratisation de l'accès à l'informatique. Tout vient à point à qui sait attendre. Trois ans après que l'idée a été lancée par le gouvernement, c'est enfin l'heure du concret. L'ordinateur à Rs 10 000 sera disponible sur le marché vers mi-décembre. Cela grâce à un partenariat entre le géant des microprocesseurs, Advanced Micro Devices (AMD), un des leaders dans la fabrication d'ordinateurs, Acer, et enfin Microsoft, le roi des logiciels.

Les trois grandes sociétés ont mis en commun leurs compétences pour élaborer deux modèles de PC et un laptop. Outre celui à Rs 10 000, le second est à Rs 13 000 alors que l'ordinateur portable sera mis en vente à Rs 16 000. Les trois modèles portent la griffe d'Acer. Deux entreprises locales, Data Communications Ltd et Kaira, s'occuperont de la distribution de ces ordinateurs. L'objectif est d'écouler 100 000 exemplaires en l'espace de trois ans afin de donner un énorme boost au taux de pénétration de l'ordinateur dans les foyers mauriciens.

La Banque de développement devrait également apporter sa contribution en proposant des emprunts à faible taux d'intérêt pour aider au financement de l'achat. Au total, ce sont 250 000 personnes qui sont visées. «Avec une population de 1,2 million, atteindre autant de gens avec notre solution abordable fera un impact positif sur la vie du pays», explique le directeur d'Acer, Graham Braum. «Le but du projet est d'atteindre des foyers qui n'auraient pas les moyens d'acheter un PC à cause des contraintes financières.

Quand AMD nous avait approchés pour qu'on devienne leur partenaire, nous savions que cela allait aboutir à une situation win-win pour tous, allant du gouvernement à l'usager.» Rien que pour les quinze derniers jours de décembre, les promoteurs espèrent vendre environ 2 000 pièces pour ensuite passer à un rythme de 3 000 ordinateurs par mois. «Nous voulons que les gens à faibles revenus puissent accéder à l'outil informatique. Ce projet est un des moyens pour y parvenir», soutient Ganesh Ramalingum, directeur de DCL. Pour mener à bien ce projet, chaque partie prenante a accepté de faire des concessions sur les marges de profit autant que possible.

N'y a-t-il pas cependant le risque d'avoir des outils au rabais ? Les promoteurs soutiennent que non. «On parle de dumping quand il s'agit de refiler des ordinateurs qui ne se vendent pas ailleurs ou qui sont dépassés. Pas question de faire ça», précise-t-on du côté des promoteurs du projet. En fait, les modèles proposés ont été lancés tout récemment sur le marché mondial. Mais, à ce prix-là, qu'achète-t-on ? Le PC d'entrée de gamme est équipé d'un processeur AMD Cempron LE/200 et contient un disque dur de 80 gigas, un DVD rewriter, une carte modem et d'un écran de 17 pouces, entre autres. Il est pré-installé avec le logiciel Vista Starter edition.

Le second modèle est doté d'un AMD Atlon 4050E, avec un disque dur de 180 gigas, un DVD rewriter et il carbure sur Vista Home. Quant au laptop, il s'agit d'un Acer Aspire 5535, équipé d'un AMD Veriton M220. Celui-ci possède un disque dur de 160 gigas, un modem, un DVD rewriter, une connexion Wifi et également Microsoft Vista Home. Si le projet gouvernemental avait beaucoup stagné, l'arrivée d'AMD en début d'année lui a donné un coup d'accélérateur. Cette société, qui a négligé le marché local pendant un bon bout de temps, a vu en ce projet le moyen idéal de rafler une bonne part de marché à son rival, Intel.

Le fossé numérique est une réalité à Maurice. Une famille avec des revenus modestes ne peut s'acheter un ordinateur sans faire de grands sacrifices financiers. Même si des initiatives ont été prises pour rapprocher l'ordinateurs des gens, notamment en équipant les bureaux de poste de mini-cybercafés, l'outil informatique demeure encore une terre inconnue pour un très grand nombre de Mauriciens. En rendant l'ordinateur abordable, le gouvernement espère que ces familles pourront monter sur le train du développement informatique. Selon une étude faite par le Central Statistics Office l'année dernière, 35 % des foyers indiquaient qu'ils n'avaient pas d'ordinateur chez eux à cause du prix trop élevé.

L’Express