Le RESTIC pour une "solution équilibrée" entre l'Etat sénégalais et Tigo

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Le Rassemblement des entreprises du secteur des technologies de l'information et de la Communication (RESTIC) invite l'Etat a de "meilleurs sentiments" à l'endroit de la société de téléphonie mobile Tigo afin qu'une "solution équilibrée sur des bases pragmatiques réalistes soit trouvée dans le conflit qui oppose les deux parties.

Tigo, filiale sénégalaise de Millicom International Cellular et l'Etat du Sénégal s'opposent sur le montant de la redevance du permis d'exploitation du deuxième réseau GSM. L'Etat menace de retirer l'autorisation de travailler au Sénégal à Tigo, si elle ne s'acquitte pas de la somme de 100 milliards de francs Cfa demandée.

Dans un communiqué transmis à l'APS, le RESTIC estime que Tigo est une "entreprise modèle, responsable et citoyenne" qui a "déployé son système de communication mobile en investissant intensément sur les technologies avancées en vogue dans le mobile".

Cela a permis à Tigo "d'employer des milliers de sénégalais, de satisfaire sa clientèle toutes catégories confondues à des tarifs ultra compétitifs et de s'intégrer dans le tissu social national grâce à ses actions caritatives à l'occasion des manifestations telles le Magal et le Gamou".

Tigo s'acquitte de sa contribution au fond de service universel au même titre que les autres operateurs de réseau mobile, souligne le communiqué.

Le 12 novembre dernier, l'Etat du Sénégal a assigné Tigo à comparaître devant le Tribunal régional de Dakar après avoir constaté que la société "exploite une licence de télécommunications, aux termes d'une concession en date du 3 juillet 1998 sans en avoir payé le prix, encore appelé droit d'entrée". La filiale de Millicom International Cellular a réagi mercredi en assurant qu'elle possède une licence en cours, obtenue selon les règles en vigueur à l'époque.

Le RESTIC salue la "pertinence" de l'Etat du Sénégal qui reconnaît que "tout adjudicataire de permis d'exploitation de réseaux de télécommunications doit payer le +juste prix+".

Cependant, estime la structure, "il est essentiel que les autorités du pays prennent en compte les tendances fortes qui impactent le marché et son environnement". La révision tendancielle à la baisse du prix des licences UMTS et 3G en Europe de l'Ouest et en Afrique du Nord remet en question le modèle économique d'adjudication par les enchères ou concours de beauté poursuit le communiqué.

Pour le RESTIC, "il est impératif pour l'Etat et Tigo de s'entendre sur des critères économiques, juridiques et technologiques qui permettent de déterminer un montant de redevance raisonnable et un échéancier de paiements soutenables". "Des experts, médiateurs et bonnes volontés peuvent aider à cette fin".

En attendant que les négociations ainsi entamées aboutissent "Tigo doit pouvoir opérer son réseau sans contrainte ni pression", souligne le RSTIC qui souhaite que les cadres de la société lancent une "campagne d'explication et de clarification" auprès des leaders politiques et syndicaux, des chefs religieux et coutumiers pour aider à renouer les fils du dialogue entre l'Etat et leur employeur.

(Source : Agence de Presse Sénégalaise)