Le mobile en Afrique, une vache trop grasse

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Si les gouvernements ne le considéraient pas comme un produit de luxe, le mobile serait une vraie poule aux œufs d’or sur le continent.

« Les abonnés du mobile en Afrique subsaharienne doivent faire face à l’un des plus lourds systèmes de taxation du monde. »

La téléphonie mobile devrait, sur la période 2000/2012, générer en Afrique subsaharienne la faramineuse somme de 29 891 milliards de FCFA (71 milliards de dollars) en taxes. C’est le principal résultat d’une étude menée par le GSMA et réalisée par Frontier Economics.

« Ces taxes sont en train de brider l’adoption du mobile en Afrique, comprimant la croissance économique et, ironie du sort, abaissent les revenuscollectés par les gouvernements. »

Le volume des taxes encaissées par les Trésors publics aurait été plus important si les gouvernements n’imposaient des taxes trop élevées sur les équipements et accessoires du secteur des télécoms. De telles taxes, qui font du mobile un produit de luxe, alourdissent les coûts pour les consommateurs et découragent les investissements par les opérateurs des télécoms. Dans un rapport publié le 10 mai dernier au Caire, l’Union internationale des télécommunications a estimé qu’avec 65 millions de nouveaux abonnés en 2007, l’Afrique était la région du monde qui connaissait la plus forte croissance du nombre d’abonnés au mobile. Avec 250 millions d’abonnés au début de cette année, le taux de pénétration de la téléphonie mobile est passé de 1 pour 50 habitants au début des années 2000 à près d’un tiers de la population actuelle du continent.

L’étude estime que si toutes les taxes spécifiques qui frappent l’industrie du mobile avaient été levées en 2007, le secteur aurait enregistré, à l’horizon 2012, 43 millions d’abonnés supplémentaires, ce qui se serait traduit par une augmentation des recettes de 930 millions de dollars entre 2007 et 2012.

Selon le premier vice-président du GSMA, le bras commercial de l’industrie du mobile, cité par l’étude : « Les abonnés du mobile en Afrique subsaharienne doivent faire face à l’un des plus lourds systèmes de taxation du monde, qui frappe plus durement les couches les plus pauvres de la société. Ces taxes sont en train de brider l’adoption du mobile en Afrique, comprimant la croissance économique et, ironie du sort, abaissent les revenus collectés par les gouvernements ».

En Afrique, a constaté l’étude, l’industrie du mobile employait, directement ou indirectement, en 2006, 3,5 millions de personnes. Sa contribution au PIB du continent était de 4%.

Pour les cinq prochaines années, l’industrie du mobile envisage d’investir environ 50 milliards de dollars en Afrique subsaharienne, chaque dollar investi générant 80 cents de taxe. L’industrie du mobile participe pour 7% aux revenus globaux des gouvernements du continent.

Les Afriques