France Télécom cherche toujours son site d’atterrissage en Algérie

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Où se poser ? Une question sur les intentions renouvelées de France Télécom qui ne suscite pas les mêmes réponses.

Les spécialistes algériens des télécommunications sont partagés sur les véritables plans de France Télécom, après l’annonce par le quotidien français La Tribune de l’intention de l’opérateur historique français « d’accélérer son installation en Algérie ». France Télécom souhaiterait prendre pied sur le marché algérien de la téléphonie mobile à la porte duquel il a échoué à deux reprises, lors de la mise en concession de la seconde (2001) et de la troisième (2004) licences GSM. Cela passerait par une entrée dans le capital d’un des deux opérateurs privés de téléphonie mobile, Djezzy, détenu par l’Egyptien Orascom et leader du marché, ou Nedjma, repris en 2007 par le Quatari Qtel. L'acquisition de la licence 3G est une autre piste évoquée pour concrétiser les projets d’implantation de France Télécom en Algérie. La filiale téléphonie mobile de France Télécom, Orange, a été approchée par les nouveaux propriétaires de Nedjma pour participer à la relance de cette troisième licence qui n’était toujours pas arrivée à équilibrer ses comptes à la troisième année de son entrée en exploitation, ce qui avait participé aux difficultés d’El Watania (Koweit), son premier acquéreur.

Toutefois, l’approche stratégique de France Télécom en Algérie ne peut pas avoir été totalement abandonnée, selon Abderrafiq Khenifsa, consultant et directeur de l’hebdomadaire IT Mag : « Le but premier de France Télécom en Algérie, c’est un rapprochement avec Algérie Télécom afin de se positionner dans le backbone. La plus forte marge de développement se situe dans le transport de datas. France Télécom veut fructifier son câble européen Marseille-Alger et capter le maximum d’un flux qui va exploser proportionnellement au transport de voix qui ne représente plus que 25% aux Etats-Unis par exemple ». Son partenaire stratégique resterait donc Algérie Télécom, qui a besoin d’un partenariat technologique pour optimiser ses investissements de réseau de ces dernières années. France Télécom avait officiellement répondu à une manifestation d’intérêt en vue de l’ouverture du capital d’Algérie Télécom en 2003, une opération qui a traîné en longueur, provoquant même un cafouillage au sein du gouvernement algérien au moment de sa relance à la fin de l’année dernière. Pour Abderrafiq Khenifsa, France Télécom a bien changé son fusil d’épaule, mais pour cibler non plus une part de capital d’Algérie Télécom, l’opération restant très incertaine, mais pour obtenir, dans un premier temps, un contrat de management, « un peu sur le modèle de Suez dans l’eau d’Alger ».

Un autre spécialiste des télécoms, ancien cadre du secteur, Tahar Saïdi, note que les fuites sur les intentions de France Télécom coïncident avec un nouveau casting dans le management du secteur des télécommunications en Algérie : « En l’espace d’un mois, nous avons un nouveau patron d’Algérie Télécom, une nouvelle directrice de l’ARPT (agence de régulation), et cette semaine un nouveau ministre des Postes et des TIC. Cela promet du mouvement, à mon avis ». Suffisant pour obtenir une meilleure visibilité sur les intentions algériennes dans le domaine ? Rien n’est plus aléatoire. Sauf si l’on intègre la dimension politique. « Les Français affirment que leur offre de service est la plus adaptée. Ils veulent un traitement privilégié en gré à gré. Les Algériens n’ont pas tant besoin d’apport en capitaux dans les secteurs de pointe que de partenariats technologiques. Au salon Med IT 2007, France Télécom avait exposé sa Live box et affiché un mot d’ordre simple dans sa communication. Il appartient à Algérie Télécom de signer pour fournir la même au domicile de chacun de ses abonnés qui le souhaiterait ». Et personne ne comprenait pourquoi Algérie Télécom ne le ferait pas. L’engagement de France Télécom en Algérie n’a peut-être pas encore tourné le dos au partenariat public-privé.

(Source : Les Afriques)