Une société indienne propose des stations de base solaires aux opérateurs africains

L'éditorial du mois

La société indienne VNL vient de lancer sur le marché des stations de base solaires à moindre prix et elle entend cibler les opérateurs mobiles africains. Bien que l’augmentation des prix du pétrole se soit un peu calmée, les coûts récurrents liés à l’achat de diesel pour alimenter les doubles générateurs des stations de base (BTS) dans de nombreux réseaux mobiles continuera à grignoter les marges bénéficiaires. Russell Southwood s’est entretenu avec Anil Raj, le DG de VNL lors de son passage à Londres.

La stratégie commerciale de VNL est de réduire les coûts des opérateurs mobiles africains de différentes manières. La société fabriquera des stations de base qui fonctionneront à l’énergie solaire à un coût moindre que l’équivalent fonctionnant au diesel. Elle propose différents types de BTS, toutes beaucoup moins chères que les stations de base existantes. En dernier lieu, les stations de base ont été simplifiées pour permettre une installation rapide des équipements via des sociétés franchisées. Selon Anil Raj, le DG de VNL, l’installaton d’un BTS est simple avec deux câbles connecteurs, l’un vert allant dans la prise de courant et l’autre rouge se connectant à l’antenne. Ensuite l’équipement lance un programme d’auto-installation.

A l’instar d’autres BTS solaires, Raj affirme que VNL sera la première compagnie à avoir une unité de production tandis que les autres ont été largement fabriquées sur une base expériementale. Comme les coûts de fabrication pour produire des stations de base solaires sont relativement élevés, VNL a conçu un équipement avec une puissance et des fonctionnalités réduites. Les cellules photovoltaïques constituent 50% du coût de l’équipement et l’addition de batteries pousse le coût un peu plus vers le haut. VNL a envisagé que des marchés plus marginaux n’utiliseront pas les technologies GPRS et EDGE.

La société a utilisé différents composants pour réduire la demande en puissance pour permettre tout de même de fabriquer des BTS avec une capacité de 10,000 utilisateurs. Un BTS standard nécessite une puissance de 3,000 Watts mais VNL propose des BTS avec des puissances de 35W et 100W. Par conséquent les panneaux solaires ont seulement une surface de 6-8m² au lieu de 200m² comme à l’heure actuelle.

Le premier appel téléphonique vers un BTS test a eu lieu, il ya un peu plus d’un an et plus de 2 millions d’appels tests ont été réalisés depuis ce premier essai. Les premiers BTS vont être mis en service par l’opérateur indien de BTS Quippo Telecom Infrastructure Ltd qui offrira en location l’espace sur ses tours et les BTS solaires. Dans sa première année de production VNL envisage de construire 10,000 unités. La vente en série est prévue pour le début de l’année prochaine et la société est déjà en négociations avancées avec plusieurs importants opérateurs africains qui se chargeront de l’installation et de la maintenance des BTS.

Deux exemples de prix de BTS permettent de comprendre comment les opérateurs mobiles pourront réduire leurs coûts. Le premier type de BTS est installable sur le toit d’une maison et coûte 3,000 dollars US : il a été conçu pour un batiment en brique capable de supporter un réservoir d’eau. L’unité pèse 100 Kg. Le second type de BTS est un 2TRX dont le prix est de 15,000 dollars US auquel il faudra ajouter les coûts de génie civile de 5,000 dollars US pour atteindre un montant total de 20,000 dollars US. Les BTS ont une durée de vie de huit ans. Quand bien même ces chiffres apparaissent optimistes, ils permettront de réaliser des économies en considérant les coûts actuels d’achat et d’installation d’un BTS qui sont de l’ordre de 90,000 à 120,000 dollars US.

Que se passera-t-il si le soleil n’est pas au rendez-vous ? Tous ceux qui connaissent l’Afrique savent qu’il y a eu des problèmes avec l’utilisation de l’énergie solaire parce que bien qu’il fasse chaud, bien souvent il n’y pas assez de lumière solaire pendant certaines périodes. L’architecture du BTS a été conçue avec une batterie de secours d’une durée d’utilisation de 72 heures et la capacité de fonctionner simultanéement tandis que la batterie se charge.

VNL table sur le fait que les opérateurs mobiles proposeront d’opérer sur un modèle de franchise (cela est déjà pratiqué par Celtel avec des BTS standard au Nigéria) en procurant une formation initiale qui permettra ensuite à la personne en charge du BTS d’assurer son bon fontionnement et les réparations de base sous instructions téléphoniques tout en réalisant la distribution des cartes SIM. Finalement, 2009 sera peut être l’année où les opérateurs de BTS offriront aux opérateurs mobiles l’accès à des tours communes et la location de BTS. L’augmentation des coûts d’exploitation couplée à la baisse des tarifs d’appel en raison de la plus grande concurrence encouragerea sans doute les opérateurs mobiles à regarder de plus près cet aspect de la question.