Bande passante satellitaire à faible latence pour 500$ par méga  - c’est la promesse d’O3B Networks

L'éditorial du mois

O3B Networks s’est tranquillement préparé durant les 12 derniers mois avant d’annoncer publiquement il y a quelques semaines de cela, son projet d’offrir à partir de 2010 de la bande passante satellitaire à faible latence à bas prix sur toute l’Afrique. L’investissement initial est en partie financé par Google, Liberty Global et la banque HSBC. Russell Southwood s’entretient avec Greg Wyler, l’entrepreneur à la tête de ce projet.

Q: Quelle est la configuration technique globale de votre projet ?

Il s’agit de plusieurs satellites en orbite au niveau de la zone équatoriale de la terre. Les satellites en question seront cinq fois plus proche de la surface de la terre que des satellites géostationnaires et par conséquent le délai de latence est approximativement divisé par cinq. C’est une constellation de satellites que nous allons déployer.

Q: Pourquoi pensez-vous réussir avec cette approche là ou d’autres ont échoué ?

Deux éléments importants sont différents des autres projets. Les projets antérieurs étaient ciblés vers les pays développés. Il fallait beaucoup plus de satellites à cause de l’inclination nécessaire pour couvrir ces régions. Il faudrait 840 satellites pour couvrir l’ensemble de la planète de cette façon. Nous avons en revanche seulement besoin d’un minimum de cinq satellites et par conséquent le coût est beaucoup plus bas.

Le second aspect est l’architecture du système qui est complète avec un contrat ferme pour 2010. Nous connaissons le coût, la date de livraison et la performance d’un système de transmission pour des opérateurs télécoms et des FAIs. Il s’agit d’un processus bien pensé et structuré.

Q: Quel type de couverture cette constellation de satellites offrira à l’Afrique ?

A terme, nous comptons couvrir l’ensemble du continent. Le premier lancement sera constitué de huit satellites nous permettant de couvrir une trentaine de zones géographiques. Chaque zone a un diamètre de 500 Km et chaque terminal de transmission peut émettre et recevoir 1.25 Gbps. Les zones de couverture peuvent être implantées d’importe ou sur le continent. En comparaison avec l’architecture d’une fibre optique, la station d’amerrissage est la zone de couverture parce qu’il vous reste toujours à connecter l’ensemble de la ville. Notre système de couverture peut couvrir immédiatement l’ensemble d’une ville ou encore l’ensemble du Nigéria.

Nous n’envisageons pas de couvrir chaque mètre carré mais nous avons la flexibilité de couvrir n’importe quel mètre carré que vous souhaiteriez. La beauté du système est qu’il a la vitesse, la latence et le coût d’une fibre optique mais son déploiement est immédiat à l’endroit choisi par le client. Des pays enclavés pourront avoir accès à de la bande passante internationale à bas prix (évitant les problèmes existants de transit)

Q: A quel prix allez-vous vendre la bande passante ?

Cela sera de l’ordre de 500 dollars US par méga ou un peu moins. Les prix seront comparables à ceux de la fibre mais nous n’envisageons pas d’entrer en concurrence avec la fibre. Les opérateurs télécom utilisant la fibre optique pour leurs transmissions auront besoin de solutions de redondance. Nous nous inscrivons en complément des réseaux existants de fibre optique. Octet pour octet, notre système est égal à la fibre : même meilleur dans certains domaines et moins bon dans d’autres. Nous pouvons par exemple connecter directement avec les BTS qui se construisent pour les systèmes WiMAX et l’EVDO parce que la zone de couverture a un diamètre de 500 Km. Nous avons la capacité de connecter 3 à 100 BTS.

Q: Quel est selon vous l’impact de votre projet sur l’ensemble des activités satellitaires en Afrique ?

Les opérateurs satellitaires actuels sont très limités en capacité en ce moment. Suite à nos discussions avec eux, nous pensons qu’ils voudront migrer leurs clients existants pour la transmission vers notre système libérant ainsi de la capacité sur les satellites géostationnaires pour des transmissions multipoints et la distribution de programmes audiovisuels, leur métier par excellence.

Q: Quelle sera la latence de votre système ?

Notre trajectoire est cinq fois plus courte que celle des satellites géostationnaires. Il faut 123 millisecondes entre un port en Afrique et certains ports en Europe. C’est comparable à de la fibre et dans certains cas c’est même plus rapide. Il s’agit certainement pas d’une latence de 600 millisecondes comme avec les satellites géostationnaires.

Q: Quels sont vos marché cibles ?

Les transmissions des opérateurs télécoms sont notre marché principal. FI2 assurera notre service de transmission et lorsque les opérateurs télécoms passeront commande, nous installerons un terminal de réception dans leurs locaux. S’ils souhaitent un gigabit de capacité, nous leur donnerons un gigabit. Il n’y a pas d’investissement en capital pour l’opérateur télécom. Cela leur permettra de se concentrer sur leur propre réseau.

Notre service pour les FAIs est similaire à l’exception de l’installation du terminal de réception qui dépendra du volume de transmission à savoir moins d’un STM1 ou pas. Pour plus d’un STM1, nous offrirons un terminal de réception permettant une connexion directe. L’antenne aura un diamètre de 3.5 mètres et sera supporter par des équipements de transmission.

Notre meilleur produit FI2 permettra de capter sur l’ensemble de la couverture d’une zone de 500 Km avec une capacité de l’ordre de 250-300 mbps en montant et en descendant vers les BTS. Ceux-ci seront connectés via un terminal coûtant environ 2,000 dollars US situé à la base du BTS ou de la station WiMAX. La capacité de bande passante sera gérée de façon dynamique. Cela permettra à l’opérateur télécoms ou le fournisseur de service WiMAX de positionner les stations sans tenir compte de la ligne de mire. Les opérateurs pourront économiser entre 1,000 et 1,500 dollars US par mois.

Q: Quel est votre contrat avec Google et leur niveau de participation ?

Ce sont des actionnaires mais leur part de marché n’a pas encore été annoncée parce qu’il s’agit de trois partenaires de dimension mondiale travaillant en équipe : Google, Liberty Global et la banque HSBC.

Q: Quel est le montant d’investissement que vous recherchez ?

Les huit premiers satellites coûteront un peu moins de 450 millions de dollars US. Nous avons déjà 12% d’investissement du montant total et nous recherchons 20% de plus. Le reste sera émis en forme de dette.

Q : Quelle a été la réaction publique lorsque vous avez annoncé le projet ?

Notre site Internet a enregistré plus de 380,000 requêtes et il y a eu plus de 400 articles de presse. Le nom de la société O3B signifie les « Other 3 Billions » (les autres 3 milliards) de gens qui ne sont pas encore connectés. Notre objectif est d’aider les opérateurs télécoms et les FAIs à atteindre directement ces gens.