Offshoring au Maroc : le nouveau « Bangalore » toujours compétitif

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Quelque 290 000 mètres carrés de bureaux dans des conditions fiscales et d’accès au foncier paradisiaques. Mais le nouveau Bangalore doit faire face à une montée sensible des charges salariales. L’ingénieur marocain n’est pas aussi bon marché que le Roumain.

Par rapport aux concurrents tunisiens, roumains, mauriciens et sénégalais, l’offshoring marocain peut se targuer d’avoir pris une avance quasi incompressible sur le marché français de l’ITO (informatique, technologie outsourcing). Le bilan défendu devant la presse par les responsables du programme, et en particulier par Mohamed Lasry, à la tête de Casanearshore Park, ce petit Bangalore casablancais dédié à l’offshoring, est éloquent. Cet endroit qui ne sera pleinement opérationnel qu’en 2010 attire tous les jours de grands noms d’entreprises qui y délocalisent certaines de leurs activités informatiques, commerciales, financières (comptabilité), pour réaliser des économies de coûts.

Après la branche technologique de BNP Paribas, BNP Paribas Méditerranean IT, qui s’installe sur 8000 m2, de Tata Consultancy Services, de Capgemini, de HPS, de GFI Maroc ou de l’Américain Accenture (conseil en management), c’est au tour de Dell, déjà implanté au Maroc, d’opter pour ce site dans des plateaux pouvant accueillir ses 2000 salariés, pour animer son plus grand centre régional en Afrique. Un énième exemple qui montre que, sur le plan commercial, le Casanearshore est un succès certain, avec une première tranche constituée de 47 000 m2 entièrement concédée à plus d’une trentaine d’entreprises au prix promotionnel de 8 euros le mètre carré. Les 48 000 mètres carrés de la deuxième tranche sont déjà réservés en grande partie.

Outre le foncier, les entreprises bénéficient d’une exonération de l’impôt sur la société (IS) durant les cinq premières années de leur activité. En termes de prévision, Casanearshore prévoit 3000 emplois en vitesse de croisière et des rentrées de devises de 5 milliards de dirhams par an. Bien loin des 90 millions de dirhams, estimation avancée par l’Agence nationale de la promotion de la PME-PMI en 2004. Seul bémol à signaler, une inexorable montée en charge des salaires consécutifs au développement économique du pays et au renchérissement du niveau de vie.

Si aujourd’hui le rapport entre la France et le Maroc atteint facilement 1000 euros d’économie pour un salaire de cadre, l’écart se réduit avec l’Espagne (à peine 25% plus cher) et s’inverse désormais avec la Roumanie.

Si aujourd’hui le rapport entre la France et le Maroc atteint facilement 1000 euros d’économie pour un salaire de cadre, l’écart se réduit avec l’Espagne (à peine 25% plus cher) et s’inverse désormais avec la Roumanie, note un responsable des ressource humaines d’un centre d’appels spécialisé dans les prestations commerciales avec l’Hexagone. Cette tendance est surtout nourrie par la carence en cadres au Maroc. En attendant l’arrivée à maturité du projet de formation de 10 000 ingénieurs lancé par l’ancien Premier ministre Driss Jettou, l’offre n’atteint pas 3000 ingénieurs par an. En plus du facteur salarial, les paramètres coût de l’énergie et qualité des liaisons technologiques entrent en ligne de compte dans la décision d’investir dans l’offshoring au Maroc. Ce qui explique, sans doute, l’investissement de Maroc Télécom dans un câble sous-marin à fibre long de 1644 km et reliant Asilah à Marseille. L’ouvrage assure un débit initial de 40 Gbp/seconde et la connexion de 500 000 appels simultanés.

Les Afriques