Les travailleurs de l'ONATEL au Burkina Faso annonce une grève

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Les travailleurs de l'Office national des télécommunications (ONATEL-SA) observeront une grève de 48 heures les 22 et 23 octobre prochains.

Ils entendent ainsi protester contre ce qu'ils appellent une opacité de la gestion financière, et le peu de souci dont leur direction générale fait montre, d'une part de la valorisation et de la motivation des ressources humaines et d'autre part du respect des engagements concernant la qualité des services et la couverture du territoire national.

C'est l'essentiel de la conférence de presse que le Syndicat national des télécommunications (SYNATEL) a animé le 17 octobre 2008 à Ouagadougou.

Depuis décembre 2006, Maroc Télécom est le repreneur et partenaire stratégique (avec 51% des parts) de l'ONATEL. Mais selon le SYNATEL, les espoirs nés de cette privatisation partielle se sont rapidement mués en illusions.

Face à la presse, le secrétaire général de ce syndicat, Soulémane So, et ses camarades ont fait le procès des deux années de gestion marocaine et ont soutenu n'avoir rien vu de positif. Et les griefs qu'ils font à la direction générale de l'ONATEL-SA sont nombreux et peuvent être regroupés en trois catégories.

La première fait cas de l'organisation de la société. Le syndicat estime que la boîte souffre d'une inorganisation et que le nouveau statut du personnel n'est pas encore disponible. L'organigramme de la société est également critiqué car il a causé « la suppression de plus de 200 postes de responsabilités ». La fâcheuse conséquence qui en a résulté est « la mise en chômage technique de plusieurs cadres ». En somme, pour le SYNATEL, leur entreprise « fonctionne sans règles formalisées ».

Quant à la gestion financière de l'ONATEL-SA, elle est, selon le syndicat des travailleurs, caractérisée par « une opacité dans les transactions financières, le recrutement des experts et autres cabinets conseils ».

Pour Soulémane So, la tendance exagérée à octroyer des marchés à des experts ou cabinets étrangers est « une source d'hémorragie financière vers l'extérieur, notamment vers le Maroc ». Concernant la valorisation et la motivation des ressources humaines, le syndicat n'est pas tendre avec la direction générale. Il dénonce la généralisation des contrats MCO (maintenance en condition opérationnelle).

Les conférenciers ont expliqué que le contrat MCO, c'est en réalité le fait de faire intervenir des techniciens depuis l'étranger ou en mission au Burkina et que cela conduit à la mise à l'écart et en chômage technique des techniciens de la maison. Le SYNATEL s'est aussi dit indigné de l'externalisation de certaines activités commerciales de l'ONATEL (puces, cartes, téléphones, etc.). Tout cela, selon le secrétaire général du syndicat, ne fait que « précariser davantage les emplois des techniciens de maintenance et des commerciaux ».

Le SYNATEL affirme que depuis la privatisation, aucun geste n'a été fait en direction des travailleurs puisque les salaires et autres indemnités stagnent. Le syndicat dénonce également le retard des paiements des frais de mission.

Une triste situation qui, selon le syndicat, a engendré de nombreuses démissions des travailleurs au profit des sociétés concurrentes. Rien qu'en 2008, l'ONATEL, selon Soulémane So, aurait enregistré une dizaine de démissions de cadres parmi lesquels figure l'ancien DG, aujourd'hui DG à Télécel Faso. « L'avenir est sombre à l'ONATEL-SA. Les agents n'ont pas le moral et les cadres s'en vont ».

Le SYNATEL a donc lancé un appel à l'Etat afin qu'il prenne ses responsabilités pour éviter à la société de couler. Après donc des mois de vaines négociations avec la direction générale sous l'égide des ministères en charge du Travail et des Postes et technologies de l'information et de la communication, mais aussi de l'inspection du travail, le SYNATEL a décidé, « sous l'instigation de nos militants, d'observer une grève de 48 heures qui aura lieu les 22 et 23 octobre 2008 ».

La plate-forme du syndicat s'article autour d'une vingtaine de points. On peut en citer l'augmentation des salaires de 40% et des indemnités de déplacement de 25%, le paiement des heures supplémentaires et des primes de rendement, etc.

L'Observateur Paalga