MTN Côte d’Ivoire s’ouvre des voies dans le fixe et l’internet

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Le ralentissement de la croissance des revenus sur le marché de la téléphonie mobile incline les « big players », en Côte d’Ivoire, à évoluer vers un modèle économique de convergence entre mobile, fixe et Internet.

Le secteur des télécoms en Côte d’Ivoire se prépare à des mutations. L’heure semble être à l’intégration. Et l’opérateur de téléphonie mobile MTN en donnait un signal fort en informant officiellement le marché de l’acquisition des sociétés Arobase Télécom (téléphonie fixe, semi-mobilité, Internet et surveillance avec technologie CDMA) et Afnet (Internet provider). Une acquisition stratégique, dont le montant le plus cité est de 100 millions de dollars – et qui va nécessiter des investissements du même ordre de grandeur –, qui vaut au groupe originaire d’Afrique du Sud d’être le 1er opérateur africain intégré dans la sous-région ouest-africaine. Tout l’intérêt réside en la possibilité, pour MTN Côte d’Ivoire, de servir des offres multi-play permettant d’avoir, en plus de la téléphonie mobile, l’accès à Internet et la téléphonie fixe. « Avec l’acquisition d’Arobase Télécom et d’Afnet, nous passons à une autre étape, en offrant une véritable alternative aux clients de plus en plus désireux d’une offre complète qui couvre les différents services de communication », se satisfait-on au siège de MTN Côte d’Ivoire.

En s’ouvrant des voies dans le fixe et l’internet, l’opérateur leader du marché ivoirien, avec plus de 3 200 000 abonnés contre 2 826 000 pour Orange Côte d’Ivoire, selon le rapport trimestriel publié par France Télécom à fin juillet 2008, s’affranchit du secteur de plus en plus étriqué du GSM en Côte d’Ivoire. Les contrecoups de la non-mutualisation des infrastructures de télécommunications, la multiplication des opérateurs, avec l’éventualité d’entrée en activité de trois autres sociétés encore (Warid Telecom, Oricell, Air Com) ainsi que la guerre des prix sur l’offre voix, ont nettement réduit les marges de manœuvre. De plus, la croissance des revenus sur le marché se tasse, imposant aux différents opérateurs de téléphonie mobile de trouver de nouveaux relais. « Cette perspective place le secteur ivoirien des télécommunications dans une phase latente de bouleversements. Ces mutations se déclinent aujourd’hui en convergence, mais pourraient également donner lieu à des consolidations de groupes télécoms présents sur tous les segments d’activité », explique un expert du Ministère ivoirien des NTIC.

En s’ouvrant des voies dans le fixe et l’internet, l’opérateur leader du marché ivoirien, avec plus de 3 200 000 abonnés contre 2 826 000 pour Orange Côte d’Ivoire, s’affranchit du secteur de plus en plus étriqué du GSM.

Aimable M’Pore, le boss de MTN CI, avec les rachats d’Arobase Télécom et Afnet, a dans cette optique pris l’option des « services de téléphonie fixe, d’interconnexion, voix par IP pour professionnel, accès Internet dédié et à moindre coût… » Mettant ainsi sa société en rang de concurrence avec sa principale rivale, Orange Côte d’Ivoire. France Télécom, sa maison mère – également actionnaire majoritaire de Côte d’Ivoire Télécom et, par ricochet, de sa filiale, fournisseur d’accès Internet, Aviso –, travaille depuis deux ans au développement de synergies avec ses autres pendants en Côte d’Ivoire. Pionnière de la convergence dans l’Hexagone, France Télécom vient d’opérer, sous le vernis de promotions professionnelles, des aménagements dans le management de ses filiales ivoiriennes pour servir cet objectif stratégique. La rentabilité retrouvée de l’activité fixe et Internet, – avec les 8 milliards de FCFA de bénéfices nets en 2007 de Côte d’Ivoire Télécom sous le commandement de Koné Bruno – laisse entrevoir des promesses intéressantes en cas de synergies. Mais en attendant de vaincre toutes les susceptibilités internes liées à la consolidation, sous la bannière Orange Côte d’Ivoire, de l’ensemble des activités de France Télécom et de lever les hypothèques juridiques éventuelles sur une opération de ce type, la convergence se construit entre les filiales ivoiriennes du groupe français, au plan factuel par des plateformes communes (Commerciale & Marketing, Information Systems Technology…).

Les transformations que laissent augurer ces évolutions appellent un nouveau cadre réglementaire plus adapté au secteur actuel des télécommunications, confortant la libre concurrence dans un marché où subsiste un monopole relatif sur le fixe.

Les Afriques