Ile Maurice: Le frein de MT

Actualités informatiques

La modernisation des services publics est en marche. Le ministre de la Technologie informatique, Etienne Sinatambou, a inaugué un projet destiné à simplifier les transactions entre les usagers et l'administration publique. Il s'agit des e-Services, des prestations de services offerts via internet. Cela évitera au public d'avoir à se rendre aux guichets des ministères pour des formalités banales.

Ce projet, annoncé depuis plusieurs années, a pris un temps excessivement long pour se concrétiser. Les raisons de ce retard n'ont jamais été expliquées par les autorités, mais il faut espérer que la longue attente du public sera compensée par une qualité de services qui fera gagner un temps précieux à l'usager.

Dès juillet 2001, le ministre d'alors de la Technologie informatique, Pradeep Jeeha, avait élaboré un plan visant à mettre les services publics en ligne. Dans un document intitulé «E Government Concept Paper», il esquissa les grandes lignes du projet et fit naître l'espoir que l'administration électronique deviendrait une réalité. Puis, pratiquement rien ne se passa sous son mandat par rapport à ce projet. Son successeur annonça, le 21 août 2005, soit quelques semaines après son arrivée aux affaires, qu'il allait agir dans le même sens : «New Government Services will be available on line and citizens will be able to apply directly to organizations concerned for vacancies, morality certificates, extracts of birth and death certificates, Social Security benefits and specific professional training courses.» Il a fallu attendre que le gouvernement travailliste entame la deuxième moitié de son mandat pour qu'il y ait enfin un début d'action.

Beaucoup de pays émergents ont pris conscience avant nous de la nécessité d'encourager l'interaction entre l'usager et l'Etat à travers l'informatique. Leurs citoyens utilisent l'ordinateur pour commander des formulaires administratifs, payer des factures d'électricité ou de téléphone, ou interpeller des fonctionnaires pour connaître l'état d'avancement d'un dossier donné. Chez nous, ce n'est que maintenant que l'Etat met en ligne les services publics. Mais, cette seule action ne suffira pas pour résoudre le problème.

Pour garantir une bonne fréquentation des sites publics, il faut développer une culture informatique parmi la population. Or, les chiffres ne sont guère encourageants. Un récent constat fait par le Bureau central des statistiques révèle des lacunes inquiétantes. Deux Mauriciens sur trois âgés de 12 ans et plus n'ont aucune notion de l'informatique. En 2006, seulement 18 % de la population a utilisé l'Internet. 24,2 % des foyers possédaient un ordinateur et une fraction encore plus limitée des ménages était connectée à l'Internet. Le nombre de jeunes se lançant dans des études d'informatique était en baisse.

Le frein à une meilleure pénétration de l'outil informatique demeure les tarifs de connexion pratiqués par «Mauritius Telecom». Mais une entreprise qui a pour vocation de réaliser des bénéfices se soucie-t-elle d'aider les pouvoirs publics à bien négocier le virage de l'ère informatique ?

(Source : L'Express)