Une exigence qui dérange chez Tunisie Telecom

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Un appel d’offres publié récemment par Tunisie Telecom a posé un gros problème chez plusieurs de nos entreprises puisqu’elles estiment ne pas pouvoir y participer.

L’appel d’offres en question a été lancé pour le choix de cabinets de conseils et la sélection d’experts et consultants dans le domaine des technologies de l’information.

L’exigence qui a dérangé plus d’une entreprise tunisienne est que Tunisie Telecom a précisé que l’appel d’offres est adressé uniquement aux bureaux d’études ou cabinet de conseils nationaux ayant un partenariat avec au moins un bureau d’études ou cabinet de conseils international.

A la lecture de cet appel d’offres, le dirigeant d’une grande entreprise tunisienne nous a manifesté son étonnement car, a-t-il compris, on sous-entend que même les entreprises tunisiennes ayant des expériences internationales ne sont pas habilitées à répondre si elles n’ont pas de partenaires étrangers. L’entreprise en question a pourtant des clients en Afrique, en Europe et aux Etats-Unis, mais se trouve incapable de participer à cet appel d’offres.

« Dans le cadre du transfert de compétences et afin de remédier à l’obligation des certains bailleurs de fonds étrangers à obliger à ce que certains appels d’offres soient internationaux, les autorités tunisiennes accordent, depuis longtemps, des bonifications aux entreprises étrangères ayant des partenaires tunisiens, nous dit son directeur général. Aujourd’hui, Tunisie Telecom fait l’inverse et lance des appels d’offres nationaux réservés exclusivement aux entreprises tunisiennes ayant des partenaires étrangers. (…)il aurait été préférable de lancer cet appel d’offres en tant qu’appel d’offres international, car la seule raison valable que l’on trouverait à ce que cet appel d’offres soit national est son inscription sur la liste des appels d’offres nationaux et ainsi montrer que Tunisie Telecom donne l’impression de contribuer à l’essor des SSII et bureaux d’études tunisiens.»

Notre interlocuteur souligne que le montant de la caution (8.000 dinars) est à lui seul suffisant pour qu’il n’y ait pas de pléthore de participants, d’où l’inutilité d’exiger un partenaire international.

Interrogée par Business News, une source officielle chez Tunisie Telecom rejette ces accusations et déclare que l’exigence en question a pour objectif d’encourager les partenariats internationaux de l’opérateur. « Ceci est une tendance dans le monde et on veut encourager cela. Nous voulons que nos nouveaux partenaires aient de l’expérience internationale qui ne peut être que positive et bénéfique aussi bien pour nous, en tant qu’opérateur, que pour le marché tunisien des IT. »

Concernant ce que nous avons appelé ségrégation, notre interlocuteur déclare que ce n’est nullement le cas puisque Tunisie Telecom a bien souligné dans son appel d’offres qu’il était destiné aux entreprises tunisiennes. « Ceci témoigne de notre volonté d’engager davantage les sociétés tunisiennes dans le secteur et de l’évolution des IT chez Tunisie Telecom. »

(Source : Business News Tunisie)