Les îles de l’Océan Indien acceptent un plan pour se connecter ensemble par fibre optique

L'éditorial du mois

La semaine dernière à Addis Ababa, les membres de la Commission de l’Océan Indien ont donné l’aval à un plan qui permettra de connecter par fibre optique les îles membres entre elles avec le reste du monde. La connexion au réseau de fibre optique sera disponible sur une base non-discriminatoire à bas prix pour des larges volumes.

L’origine du plan est le résultat d’un travail de recherche débuté mi-2007 et complété à la fin de l’année dernière. Il a consisté à évaluer la demande en bande passante des îles membres et de réaliser une étude de faisabilité sur le plan technique et financier. La Commission comprend six îles: Les Comores, Madagascar, L’Ile Maurice, la Réunion (territoire d’Outre-mer français) et les Seychelles.

L’île Maurice et la Réunion sont toutes les deux connectées à SAT3/SAFE et le Gouvernement et les autorités de régulation dans chaque île ont agi en faveur de la baisse des prix d’accès à la fibre. Bien que cette option ait été abandonnée, l’un des premiers schémas du projet EASSy retenait une route vers l’Inde via les Seychelles. Les Comores ont aussi été mentionnées comme un point d’amerrissage pour le câble EASSy.

Les raisons premières de ce projet de fibre optique sont doubles : il s’agit d’abord de connecter les îles entre-elles et ensuite d’offrir une capacité de redondance à ses utilisateurs. Le câble SAFE a plusieurs fois été endommagé par des conditions climatiques averses.

Le calendrier d’exécution de ce projet est particulièrement critique pour les îles membres si elles veulent être à même de se connecter aux câbles de fibre optique EASSy et SEACOM le long de la côte est du continent.

La demande en connectivité varie énormément d’une île à l’autre. Bien que la population de l’île Maurice et de la Réunion soit petite, ces deux îles sont considérablement plus développées que les autre îles impliquées dams ce projet. L’une d’elles offre par exemple une couverture Wi-Max de l’île fournie par une société qui s’appelle Nomad. Il est clair que l’accès à de la bande passante internationale à bas prix entraînera une baisse des prix au détail et une augmentation du nombre des internautes et de leur l’utilisation de l’Internet.

Au long terme, il est à prévoir que Madagascar aura certainement la plus forte demande en bande passante parce que la taille de sa population est plus grande que celle des autres îles membres. La croissance de la demande des plus petites îles est plus problématique. Face à l’offre de connectivité satellitaire, il est probable que les prix baisseront marginalement et par conséquent la demande restera plus faible.

En dépit d’une demande accrue en bande passante, le projet manque de consistance financière pour attirer des investisseurs privés. Par conséquent les porteurs du projet s’orientent vers un financement public comme source principale de financement.

La création de ce réseau de fibre optique chapeauté par la Commission de l’Océan Indien se fera sur une base non-discriminatoire offrant des bas prix pour des larges volumes. L’objectif global du projet permettrait non seulement de contribuer à la croissance du secteur des télécommunications mais aussi de développer le secteur des services à valeur ajoutée.