Les opérateurs ivoiriens réclament un nouveau code des Télécommunications

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Malgré cinq ans de crise politico-militaire, les opérateurs téléphoniques n’ont cessé de s’installer en Côte d’Ivoire. Mais aujourd’hui, tous bataillent pour un cadre réglementaire plus approprié.

Avec un chiffre d’affaires cumulé d’environ FCFA 600 milliards en 2007, les télécommunications restent le secteur d’activité le plus florissant de la Côte d’Ivoire. Devant les résultats prodigieux réalisés par les deux premiers opérateurs installés en 1996 - Ivoiris, devenu Orange Côte d’Ivoire, et Telecel, devenu MTN Côte d’Ivoire -, de nombreux autres se sont invités sur le marché. Aujourd’hui, six opérateurs, dont quatre de la téléphonie mobile, se livrent la concurrence tandis que deux autres frappent à la porte.

La floraison des entreprises de télécoms a créé un environnement très concurrentiel qui a favorisé une chute des tarifs. L’ingéniosité des services de marketing, qui lancent des offres promotionnelles à chaque événement de l’année, n’a fait qu’accroître le nombre de nouveaux abonnés. Les compagnie de télécommunications comptent aujourd’hui environ 5 millions de clients contre 100 000 au début de la libéralisation du secteur en 1995.

Orange Côte d’Ivoire et MTN restent les leaders de la téléphonie mobile avec plus de deux millions d’abonnés chacun. Moov, en moins de deux ans d’existence, a déjà conquis plus d’un million d’abonnés, tandis que le dernier venu, KoZ, tire son épingle du jeu avec plus de 500 000 en six mois de présence. Dans la téléphonie fixe et les services Internet, Côte d’Ivoire Télécom, une autre filiale de France Télécom, tient la dragée haute à Arobase Télécom, son unique concurrente actuellement confrontée à des problèmes structurels. Les télécommunications contribuent ainsi à hauteur de près de 7% au PIB de la Côte d’Ivoire, offrant par la même occasion quelque 10 000 emplois directs. Les revendeurs des services de téléphonie - qui concourent à 60% au chiffre d’affaires des opérateurs - et les équipementiers, ont favorisé la création de plus de 50 000 emplois indirects dans le secteur.

« L’ancien code des télécoms, qui date de 1995, est une momie de l’Egypte ancienne ».

Malgré une performance apparente, les professionnels du secteur combattent depuis des années de nombreux problèmes au nombre desquels le code des télécommunications. « L’ancien code des télécoms, qui date de 1995, est une momie de l’Egypte ancienne », s’est plaint André Apété, le directeur exécutif de l’Union des entreprises de télécommunications de Côte d’Ivoire (UNETEL). Ce code ignore non seulement les questions d’interconnexions, qui gouvernent le marché actuel de la téléphonie, mais n’intègre pas non plus les exigences de convergences dans un environnement de téléphonie de 3e génération où le même opérateur pourra offrir à la fois les services du mobile, du fixe et de l’internet. Recherchant une solution à cet environnement juridique caduc, les entreprises de télécommunications ont contribué à l’élaboration d’un projet de code en 2004. Mais faute d’avoir été adopté à temps, il a été à nouveau retiré de l’Assemblée nationale, vu qu’il était déjà dépassé par l’évolution technologique.

« Nous avons travaillé sur un nouveau code qui tient compte des dernières directives de la CEDEAO. Nous souhaitons que le gouvernement le soumette au Parlement au plus vite. Cela nous permettra de mieux gérer les problèmes sectoriels ».

Depuis la libéralisation en juillet 1995 – jadis, le marché était uniquement tenu par la Citelcom – quelque 600 milliards de FCFA ont été investis dans ce secteur d’activité où le business model change au rythme de l’évolution technologique. La concurrence entraîne l’introduction de technologies de plus en plus évoluées. Alors que tous fournissent les services GSM et Edge, des services de 3e génération pourraient faire leur entrée au cours de l’année. Parallèlement, le taux de couverture spatials en réseau a atteint les 60% du territoire.

(Source : Les Afriques)