Quel avenir pour les Télécentres communautaires camerounais ?

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Le séminaire national d'appropriation des télécentres communautaires polyvalents (Tcp), organisé du 18 au 20 mars dernier à Yaoundé, a permis de remettre d'importantes questions au goût du jour.

Dont celle-ci : comment les populations peuvent-elles tirer le meilleur profit des opportunités qu'offrent les Tcp et ainsi réduire la fracture numérique ? Au terme des travaux, il a notamment été résolu la mise en place d'un cadre technique, économique et juridique de rétrocession des Tcp aux communautés. Ainsi que l'implication plus en avant dans le projet des autorités administratives et traditionnelles, tout comme de la société civile. Il est en outre question d'intéresser davantage les femmes à l'affaire. En attendant les résultats à long terme, le ministre d'Etat, ministre des Postes et Télécommunications, Maïgari Bello Bouba, dresse le bilan des assises de Yaoundé.

Bello Bouba Maïgari : « Dans les villages, l'ordinateur n'est plus un mystère ». Bello Bouba Maïgari, ministre d'Etat ministre des Postes et Télécommunications se félicite des avancées.

Q : Monsieur le ministre d'Etat, à ce jour, à combien de télécentres communautaires compte le Cameroun ?

A ce jour, le Cameroun compte une trentaine de télécentres communautaires polyvalents déjà opérationnels et une centaine en cours de construction. Il faut dire que ces structures n'ont pas été toutes financées par l'Etat. C'est ainsi que 05 l'ont été par la Cameroon Télécommunications qui est par ailleurs notre partenaire technique dans la mise en place de ce projet. A ceux là, il faut ajouter les télécentres réalisés par des privés. Je pense à l'initiative ADEN de l'Union Européenne. Je voudrais dire à ce propos, qu'il n y a pas que l'Etat qui est chargé de construire un télécentre. Notre rôle est de démontrer l'importance de cette infrastructure dans le développement économique des zones rurales et amener le secteur privé à s'y intéresser et propager cette expérience à travers le pays.

Q : Comment sont réparties ces structures sur l'ensemble du territoire ?

Parmi les télécentres opérationnels ou en cours de construction sur les deux types de financement, la répartition provinciale donne une moyenne de quinze par province.

Q : Quels sont vos critères de répartition ?

Il n'y a pas de zones plus loties que d'autres. Toutes les zones rurales du territoire camerounais seront quadrillées par ces infrastructures. Toutefois, la priorité est accordée aux zones enclavées ou reculées, aux zones frontalières et enfin aux zones récemment rétrocédées au Cameroun. C'est dans ce cadre que les télécentres ont été mis en place à Fotokol, Goulfey, Darak, Blangoua et Bourrah dans la province de l'Extrême nord ; Akwaya, Idabato dans la province du Sud ouest ; Furu Awa dans la province du Nord Ouest ; Kye-Ossi dans la province du Sud ; Touboro dans la province du Nord, et enfin Garoua Boulaï, Kentzou, Colomine dans la province de l'Est. Tout cela participe, comme vous le savez, de la sécurité de nos frontières.

Q : Comment s'assure-t-on que les populations bénéficiaires en font le meilleur usage possible ?

Il serait encore prématuré d'essayer de dégager l'impact des TCP. Mais d'ores et déjà, l'engouement et la mobilisation des communautés autour du projet ont des effets positifs perceptibles. Mais du point de vue économique, les résultats sont réels et positifs. Je prends le cas de la localité de Bangang. Avant la mise en place du télécentre, les populations, pour consulter leur mail, et même saisir un document, étaient obligées d'aller jusqu'à Mbouda ou à Dschang. Aujourd'hui, cette époque est révolue. La mise en place de ces télécentres nous a permis aussi de constater des changements au sein des populations. Dans les villages, l'ordinateur a cessé d'être un mystère. Le TCP fait la promotion des guides touristiques et des artisans des localités ; enfin, et le plus important d'ailleurs, le TCP a assure et assure encore la formation des communautés en informatique.

Q : Qu'est-ce qui est fait en matière de maintenance ?

Les dix provinces de notre pays sont suivies par cinq ingénieurs de projets de mon département ministériel. Ces derniers de manière permanente sont à l'écoute des télécentres. L'objectif étant de s'enquérir non seulement du bon fonctionnement des équipements, mais également du niveau d'appropriation des services offerts par les populations. Mon département s'emploie également à favoriser la mise en place, en relation avec CAMTEL et l'ENSPT, des unités de maintenance de proximité pour des interventions rapides dans les télécentres. Il est proposé à cet effet aux collectivités de signer des contrats de maintenance avec les PME ou PMI locales spécialisées dans les différents domaines d'activités.

(Source : Cameroon Tribune)