Pièces de recharge pour ordinateur portable, un casse-tête pour les réparateurs au Cameroun ?

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Rares et onéreuses, les pièces de rechange de ces machines se monnayent à prix d'or.

Ça tombe plutôt mal. Adresses, bons de commandes, correspondances..., presque toute la documentation qui sert de socle à l'activité de sa Pme de transit, est concentrée dans cet ordinateur portable. D'où l'extrême embarras de Christophe Hubert Dinga de ne plus pouvoir rallumer sa machine. Le technicien appelé à la rescousse délivre son diagnostic après avoir examiné la machine. « C'est la fiche d'alimentation. Il faut la changer ». Mais l'opération est moins évidente qu'il n'y paraît. Il faudra presque trois semaines, et presque 50.000 Fcfa à débourser, pour une nouvelle fiche d'alimentation.

D'occasion : Problème presque similaire pour la famille de William M. à Bonamoussadi, dont le portatif traîne sur une table du salon depuis plusieurs semaines, inutil Le Quotidien Mutations isé. Ici, c'est la batterie qui serait hors d'usage. « Et pratiquement tous les informaticiens qui sont venus ont reconnu que c'était impossible à dépanner », explique le maître des céans. Et malheureusement, une batterie de recharge pour le même modèle d'appareil est jusque-là introuvable. « D'après ce que m'ont expliqué dans les différentes boutiques où je me suis renseigné, ça me coûterait presque la moitié de ce que j'ai investi pour acheter le PC lui-même. Autant attendre d'avoir un peu plus de sous pour en acquérir un neuf », conclut William.

Webmaster et ingénieur informatique de formation, Joël Ambama connaît bien ce problème auquel sont confrontés tôt ou tard tous les propriétaires d'ordinateurs, et particulièrement d'ordinateurs portables. « La plupart des grandes marques ne fabriquent pas d'accessoires de rechanges, c'est pour cela qu'on ne les trouve pas sur le marché. Et malheureusement, chaque modèle, voire chaque ordinateur est presque unique, tout comme ses pièces. Ce qui fait qu'on ne peut pas prendre un accessoire sur une machine pour le transposer sur un autre, parce qu'on est même pas sûr que ce sera compatible », explique l'ingénieur.

Généralement, l'unique solution est de saisir la maison éditrice et de commander une nouvelle pièce en précisant les références. « Mais ça prend trop de temps et c'est très coûteux, surtout que ces sociétés n'ont pas toujours de représentants ici », poursuit Joël Ambama. En compensation, une espèce de marché informel s'est développé, florissant sur la récupération des accessoires de machines abandonnés par des particuliers ou des sociétés. Une solution de substitution très sollicitée, mais sans grande garanti quant au fonctionnement de la greffe ainsi opérée.

(Source : Cameroon Tribune)