E-services - le citoyen mauritien ne clique pas

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Le PSC demeure le site gouvernemental le plus fréquenté, et représente environ 50 % des démarches faites en ligne. Toutefois, les Mauriciens sont plutôt réticents aux «e-services».

Il y a comme un bug ! Alors que 54 services gouvernementaux ne sont qu'à un clic de souris du citoyen, ce dernier préfère encore se déplacer pour remplir ses formalités.

Les e-services ne branchent, en effet, pas beaucoup de monde, du moins pas encore. Le National Computer Board (NCB) compte se lancer dans une vaste campagne de sensibilisation afin d'amener le citoyen à adopter les procédures en ligne. De nouvelles applications, plus attrayantes, sont également en phase de développement.

Cela fait trois ans que les cinq premiers services publics (notamment les demandes pour le permis de conduire, de bourse d'études et de permis de travail) ont été mis en ligne et trois mois que 48 autres services sont venus s'ajouter à la liste. Mais malgré la tiédeur de l'accueil, les autorités comptent en rajouter une trentaine d'autres d'ici juillet. Et avant la fin de l'année, le paiement des factures d'électricité, d'eau et autres services liés au gouvernement en ligne, devrait être une réalité.

Pourtant, actuellement, ils ne sont que quelques centaines par mois à prendre avantage des e-services. «C'est faible pour le moment. On s'attendait à plus d'intérêt que ça», concède Newrajlall Burton, président du NCB, organisme qui pilote le Government Online Center (GOC). Ce dernier est responsable du projet e-government, dont font partie les e-services.

Au NCB, plusieurs raisons ont été identifiées pouvant justifier le peu d'enthousiasme du citoyen. «L'expérience nous montre que lorsqu'il s'agit d'adopter les nouvelles technologies, il y a toujours une certaine réticence au départ», pense Newrajlall Burton. «Développer ce service est une chose, mais amener le citoyen devant l'ordinateur pour en prendre avantage en est une autre», ajoute-t-il.

Une autre raison pouvant justifier cette faible utilisation est le taux de pénétration de PC dans les maisons. Un taux encore relativement peu élevé. Seuls 24 % des 350 000 foyers mauriciens ont un ordinateur. Et beaucoup d'entre eux ne voient pas encore leur ordinateur comme outil permettant de faire des transactions administratives en ligne.

Cela dit, l'Internet Banking a connu, à Maurice, un véritable boom depuis 2006. Une tendance qui ne se reflète pas encore sur les e-services. Mais du côté du NCB et du ministère de la Technologie informatique et des Télécommunications, l'on est pleinement confiants. «Petit à petit, les Mauriciens découvriront les avantages évidents à faire leurs démarches en ligne», indique-t-on. Grâce à plusieurs initiatives des autorités, l'on estime que le taux de pénétration pourrait atteindre les 50 % d'ici la fin de l'année.

Au NCB, l'on est serein devant la problématique. «Se limiter à développer la plate-forme ne nous amènera à rien. Il faut des campagnes de sensibilisation pour convaincre les gens de se tourner vers les e-services. Pour leur montrer à quel point cela peut faciliter leur vie», avance Newrajlall Burton.

Cela se fera, entre autres, par le biais d'ateliers de travail et par des campagnes de proximité dans les villages à travers les cyber-caravanes.

L'IC3 course, cours d'initiation en informatique lancé en septembre 2006 par le gouvernement, est un autre moyen de convaincre. A janvier dernier, environ 45 000 personnes en ont bénéficié. Mais là également, ce projet n'a pas le succès escompté. Initialement, le gouvernement visait 400 000 personnes sur quatre ans. Un an et demi après le démarrage du cours, l'on est loin du compte.

L'autre facteur pouvant expliquer le peu d'intérêt des Mauriciens est la nature des applications qui ont été mises en ligne jusqu'ici. Pour le moment, ce sont avant tout des démarches administratives simples qui sont facilement accessibles. Parmi, l'on trouve les demandes de permis de conduire temporaires, de permis de travail, de bourses scolaires, des démarches pour acheter des plants au ministère de l'Agro-industrie, pour prendre part à des activités du ministère de la Femme, pour l'obtention d'un Fire Clearance, pour ne citer que quelques exemples.

Les contribuables peuvent également soumettre leur feuille d'impôts à la Mauritius Revenue Authority par le biais du portail. Le plus populaire des e-services : les demandes d'emploi auprès de la Public Service Commission (PSC), qui représenterait 50 % de la totalité des démarches en ligne faites par les Mauriciens.

Toutefois, Maurice est sérieusement à la traîne par rapport aux pays développés, même si elle est seconde en Afrique, selon l'e-government Survey 2008 des Nations unies. Dans les pays scandinaves, se déplacer vers les services d'Etat est davantage l'exception que la norme.

Singapour propose plus de 1 600 applications gouvernementales par le biais de l'Internet. Cette dernière se paye même le luxe de permettre à ses habitants de prendre avantage de 170 e-services à travers le téléphone mobile. Hong Kong a, pour sa part, dépassé les 1 200 demandes en ligne.

(Source : L'Express)