Les opérateurs télécoms, la vache à lait du Gouvernement du Congo-Kinshasa

Actualités économiques

Accusé de s'afficher en « mauvais élève » vis-à-vis du fisc, le secteur de téléphonie cellulaire a donné un avis contraire dans un point de presse animé hier au siège de la Fédération des entreprises du Congo (FEC).

Le président du comité professionnel de télécoms s'est dit peiné d'apprendre qu'un secteur qui apporte une contribution à concurrence de 30% au Trésor soit pris pour réfractaire à ses obligations fiscales.

Tumba Bob Matamba a annoncé que dans l'optique de tordre le cou à la rumeur et d'« installer au Congo la culture de la bonne gouvernance dans la transparence la plus totale », son secteur prend la décision de travailler à «livre ouvert ».

« Tous les trimestres, désormais, dans une optique citoyenne, nous rendrons publiques, par voie de presse, nos différentes contributions à l'effort économique du pays, tous services confondus », a souligné Bob Ntumba en présence des directeurs généraux de télécoms.

A l'occasion, il a été porté à la connaissance des journalistes que pour la période de janvier à mars 2008, soit trois mois d'exercice, Celtel Congo, Vodacom et Tigo ont versé un montant de l'ordre de 36.780.371 Usdo à la Direction Générale des Impôts (DGI) et 4.092.234 Usdo à la Dgrad, soit un total de 40.872.605 Usdo. Cependant, s'est plaint l'interlocuteur de la presse, « les télécommunications sont devenues le lieu privilégié de toutes les tracasseries administratives».

Ainsi, au nom de ses pairs, Bob Ntumba a plaidé pour la sécurisation du cadre législatif, judiciaire et réglementaire de l'activité économique en RD Congo, fondée sur l'Ohada (Organisation pour l'harmonisation du droit des affaires en Afrique). Les directeurs généraux du secteur des télécoms ont estimé nécessaire de procéder, toutes affaires cessantes, à la réforme fiscale « de manière à doter le pays d'un cadre institutionnel incitatif plus que répressif ».

Pourquoi seulement les télécoms alors que d'autres secteurs sont aussi indispensables ? s'est interrogé « Bob », qui a déploré le fait qu'à travers le monde, il n'ya qu'au Congo où on « tape » sur l'investisseur. L'objectif d'un investisseur, c'est de faire des bénéfices, tout en respectant les normes édictées par l'Etat, a précisé le président du secteur des Télécoms/Fec, qui a révélé que son secteur n'a pas de dette vis-à-vis de l'Etat.

Le Phare