L’ECOMMERCE, LA REVOLUTION PREND L’ILE MAURICE

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L'e-commerce est encore balbutiant à Maurice. Les banques redoublent d'efforts pour encourager les transactions en ligne. Les commerçants, eux, peuvent désormais vendre leurs produits sur le Net, mais hésitent avant de se lancer.

Clickboutik.com, une vitrine virtuelle de magasins. S'il n'y a pas précipitation pour les achats en ligne, l'internaute mauricien se familiarise néanmoins petit à petit à l'e-commerce.

Le plus grand magasin du monde n'est encore qu'une toute petite boutique à Maurice. Alors que l'e-commerce connaît une croissance fulgurante et un chiffre d'affaires impressionnant - US$ 31,5 milliards (Rs 1 000 milliards) aux Etats-Unis pour le premier trimestre 2007 - à Maurice, le commerce en ligne reste coincé dans les starting-blocks.

Mais les mentalités commencent à évoluer petit à petit. Quant aux banques, elles redoublent d'efforts pour que les Mauriciens fassent confiance aux transactions bancaires en ligne. Au début de ce mois, la State Bank of Mauritius a lancé un nouveau service, "Verified by Visa". Celui-ci vise une plus grande sécurité pour effectuer les transactions en ligne. Cette solution, qui sera commercialisée sous le nom "SBM eSecure ", est proposée aux marchands du web mauricien. Elle garantit une sécurité quasi parfaite. "Verified by Visa" offre des garanties à l'acheteur ainsi qu'au vendeur.

Mi-novembre 2006, la Mauritius Commercial Bank (MCB) avait également pris des initiatives pour faciliter l'émergence du commerce sur le Net au niveau de la région. Alors que la State Bank of Mauritius a opté pour Visa, la MCB a choisi le MasterCard Gateway Service (MiGS), qui procède à 40 millions de transactions par an et procure une fiabilité de 99,99 %.

Alors que, jusqu'ici, les commerçants locaux pouvaient utiliser leur site Internet uniquement comme vitrine, grâce à ces nouveaux services, ils peuvent maintenant l'utiliser comme vrai magasin en ligne.

Faire du commerce en ligne au niveau local reste une affaire délicate. Nombreux sont ceux qui préfèrent réfléchir à deux fois avant de s'y lancer.

Les quelques tentatives du passé se sont en effet toutes soldées par des échecs. Certes, à l'époque, ces pionniers du Net n'avaient pas l'avantage de systèmes de paiement aussi sécurisés que maintenant, mais cela reste des mauvais souvenirs. "Je me suis lancé en 2005 avec mon site qui se voulait être une boutique en ligne. Après quelques semaines à peine, il était clair que nous n'allions pas faire long feu. Le marché est trop petit et les Mauriciens ne sont pas prêts à faire des transactions en ligne. Ajoutez à cela que le taux de pénétration de l'internet reste encore faible et vous avez la recette parfaite pour la catastrophe", déclare un Vincent plutôt amer par l'expérience vécue. Sa société a déclaré faillite début 2006.

Et la nouvelle génération des marchands du web préfère avoir recours à la prudence. "La vente en ligne, ce n'est pas pour le moment. Avant d'en arriver là, nous allons faire une petite étude de marché", explique Bruno Bathfield, directeur de la compagnie qui anime www.myhome.net.mu. Ce site est consacré aux articles liés au secteur de la construction et de la rénovation. Créé en novembre dernier, il connaît aujourd'hui un franc succès. Mais, pour l'instant, le site est avant tout un catalogue en ligne et un endroit où l'internaute peut trouver des conseils pratiques et autres astuces. Idem pour Clickboutik.com qui est la vitrine virtuelle des magasins.

Et en ce qui concerne la vente par Internet, "l'intérêt commence à venir petit à petit. Il y a un marché qui se développe et nous préparons la base", ajoute-t-il. Même si les banques offrent maintenant des garanties, les aventuriers du web ne se précipitent pas encore pour se lancer dans l'e-commerce. Pour le moment, ils tâtent le terrain.

Mais la révolution est en marche. Lentement, mais sûrement. "Tôt ou tard, acheter et vendre en ligne deviendront, comme ailleurs dans le monde, un réflexe de base. J'en suis convaincu", déclare un webmaster, qui est d'ailleurs de plus en plus sollicité pour monter des sites avec une composante commerciale.

Reste qu'il faut convaincre les internautes à effectuer leurs achats en ligne sur des sites locaux. Lorsqu'il était étudiant en Grande-Bretagne, Gaj Sooriamoortee avait l'habitude d'acheter tout sur eBay. Il ne s'imagine toutefois pas faire la même chose avec les sites "du sol". "Ce serait quand même un peu ridicule. Déjà qu'il n'y a pas grand-chose à faire ici, si en plus on va acheter des produits locaux en ligne, ce ne serait qu'aggraver les choses."

Pour lui, comme pour de plus en plus de compatriotes, les achats en ligne, c'est une réalité. Mais pour eux, l'e-commerce rime avec Amazon, eBay et autres. "A partir du moment où nous aurons un site local qui offre des produits que l'on ne trouve pas à Maurice et qui a prouvé son sérieux, je n'aurais aucun problème pour y faire mes achats."

(SOURCE : L'Express)