Mainstreet Technologies annonce la construction d’un câble de fibre optique sur la côte Ouest

L'éditorial du mois

La société nigériane, Mainstreet Technologies s’est jetée à l’eau en annonçant la semaine dernière qu’elle sera la première à compléter la construction d’un câble de fibre optique sur la côte Ouest en concurrence directe avec SAT3. Le câble de fibre optique desservira 12 pays dont certains sont déjà connectés à SAT3 tandis que d’autres ne le sont pas encore. Dans un entretien avec Funke Opeke, le PDG du projet, Russell Southwood discute la stratégie de sa société pour gagner cette course.

Funke Opeke a passé vingt ans aux Etats-Unis, travaillant pour des sociétés d’ingénierie informatique (incluant la division internationale de Verizon) avant de revenir travailler au Nigéria où elle a occupé pendant quelque temps le poste de directeur général de Nitel, l’opérateur historique. A cette occasion, elle s’est rendue compte qu’ « après ces deux ans au Nigéria, j’ai réalisé que l’absence d’infrastructure est une contrainte douloureuse». En mai 2007, elle se décide alors de se lancer dans un projet de construction d’un câble de fibre optique concurrent de SAT3. « Je veux faire quelque chose pour cette partie de l’Afrique et ce projet de câble est cohérent tant au plan commercial qu’au plan du développement régional ».

Répondant au nom de MaIN OnE, le câble de fibre optique connectera les douze pays suivants : le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigéria (Lagos et Port Harcourt), le Gabon, le Congo RDC et l’Angola. Il y aussi une option d’étendre la construction jusqu’à l’Afrique du Sud si le gouvernement sud-africain révise son point de vue concernant l’exploitation de câble de fibre optique par des sociétés étrangères. « Nous avons été déçu par l’attitude du gouvernement d’Afrique du Sud à ce sujet » constate-t-elle.

Le budget pour ce projet est estimé à 300 millions de dollars US et Opeke « bat le pavé » à la recherche de source de financement. Elle reste optimiste. « Ce type de projet suscite beaucoup d’intérêts. Il y a une nouvelle capacité en Afrique en général et au Nigéria en particuliers de financer des projets de cette envergure. Nous avons plus d’intérêts qu’il nous en faut pour nos besoins ». Le projet aura une direction africaine.

Le modèle commercial retenu par Mainstreet Technologies se décompose comme suit : la société payera le câble de fibre optique et les stations d’amerrissage tout en offrant une participation dans son capital aux éventuels investisseurs. Les investisseurs initiaux pourront acquérir une part du capital à un prix plus avantageux mais la réduction n’est pas vraiment significative en considération de la durée de vie du câble.

Le câble aura une capacité de 2.56 terrabits et Opeke anticipe que l’opération sera profitable en vendant à un prix qui sera de l’ordre de 10% du prix actuel. Avec l’augmentation de la vente de capacité, les prix baisseront probablement encore. Selon Opeke, « Mainstreet Technologies est déjà en pourparlers avec les grands opérateurs de la place ». La société qui sera en charge de gérer le projet sera créée d’ici quelques mois et la pose du câble de fibre optique sera achevée en 2009.

Il n’en reste pas moins que pour l’instant c’est le projet de câble de fibre optique de Glo-1 qui mène la course. Opeke acquiesce à ce commentaire mais s’empresse d’indiquer « le projet de Glo-1 est ambitieux mais il a aussi des limitations. Globacom a su tiré partie du fait que le marché n’était pas encore totalement libéralisé. Il reste à voir si leur stratégie de « faire cavalier  seul » payera. Nous, au contraire, nous souhaitons développer une approche d’ouverture ».