Bénin: L'Internet pour rendre les mareyeurs interactifs

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Etre interactif, s'interconnecter pour avoir des informations sur la disponibilité du poisson et les prix sur les divers marchés, telle est l'ambition des mareyeurs béninois qui associent timidement le net à la promotion de leurs activités.

« C'est clair que nous avons besoin d'être interactifs, de nous interconnecter pour véritablement faire prospérer nos affaires mais avant tout, il faut qu'on ait des partenaires qui soient dans la même mouvance que nous afin que nous puissions travailler en réseau». Zacharie Mitopké, secrétaire général de l'ANM (Association des mareyeurs et mareyeuses du Bénin) a été piqué par le virus du Web et des échanges par le net grâce à une formation que lui a donnée à Cotonou la coordination nationale du Mistowa, un projet financé par un pool de partenaires au développement pour promouvoir le commerce agricole en Afrique de l'Ouest et faciliter l'accès à l'information des acteurs agricoles notamment à travers les TIC. Depuis lors, il est très souvent connecté et anime avec d'autres acteurs du monde rural, la plate-forme du commerce agricole en Afrique de l'Ouest, www.waagritrade. net qui favorise un accès en ligne des informations de marché sur une gamme variée de produits tels que les céréales, le poisson, les fruits, le bétail.

Pour lui, l'internet devrait constituer un outil efficace pour les acteurs de la phase post-capture de la pêche qu'ils sont. " Il y a très souvent des périodes de pêche morte où il n'y a plus de poissons dans nos eaux et on a besoin d'avoir des informations sur les autres régions, de la même manière, il y a aussi des périodes d'abondance pendant lesquels nous cherchons des débouchés à l'extérieur. L'internet permet d'avoir facilement accès aux marchés d'approvisionnement et d'écoulement", explique-t-il.

A l'intérieur du pays, l'association a besoin d'échanger avec sa base, d'avoir la situation du marché intérieur pour savoir agir en temps opportun. Le besoin d'être connecté avec les autres collègues de la sous-région se fait également sentir notamment au lendemain des diverses séminaires d'échanges d'expérience auxquelles l'association participe. " Il y a quelques mois, raconte Victoire Aliou Gomez, la présidente de l'ANM, j'étais à Bamako où j'ai eu la chance d'échanger avec des collègues venus de la Mauritanie qui ont une avance certaine sur nous dans le domaine de la gestion post-capture.

On a décidé de faire des choses ensemble mais le contact n'est pas toujours facile". Pour elle, au-delà des ateliers, l'internet devrait leur permettre de poursuivre les réflexions, de s'enquérir régulièrement des expériences des autres, de trouver des solutions à leurs problèmes et d'avoir une ouverture sur le monde. Madame Gomez qui a suivi la même formation que son secrétaire général note pourtant que la chose n'est pas aisée d'autant que la plupart de leurs collègues n'ont pas accès à l'outil informatique encore moins à l'internet. "J'avoue que même-moi, bien qu'ayant suivi la formation du Mistowa, je vais très rarement au cyber", confie-t-elle.

Bien qu'elle ait pris conscience que l'internet leur permet d'avoir le pouvoir de l'information pour mieux se positionner sur le marché, l'ANM est limitée dans son ambition d'adopter l'internet par l'épineux problème de moyens. " Nous avons la chance que beaucoup de nos membres sont allés à l'école, le besoin est réel mais nous n'avons pas le matériel informatique adéquat, ni la connexion internet" se plaint Monsieur Mitokpé qui surfe dans les cyber-cafés.

Actuellement, cette association se prépare à monter une fédération des mareyeurs et pêcheurs au niveau national et ambitionne de faire des commandes en groupe. Zacharie Mitokpé promet que la future fédération fera de l'Internet, un vrai outil de travail. " Mais il faudra encore une fois beaucoup de moyens pour former nos membres à la maîtrise de l'outil informatique, nous équiper et surtout disposer une expertise au niveau du travail en réseau. Mais nous y arrivons", promet-il.

L'Autre Quotidien.