Premier online en Afrique de l’Ouest, le Togo désormais en retard dans les TIC

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Le Togo a accusé un retard considérable sur le plan des TIC, alors qu’il a été le premier pays francophone d’Afrique de l’Ouest à être connecté à internet, selon le président de l’Entente des spécialistes togolais en Technologies de l’Information et de la Communication (ESTETIC), initiatrice de la manifestation pour marquer la connexion du Togo, à la toile, il y a dix ans, le 17 novembre 1997.

« C’est dommage qu’aujourd’hui le Togo soit à la traîne dans le domaine des technologies », déplore, dans un entretien à APA, Jean Marie Noagbodji, président directeur général de Café informatique, l’opérateur privé des télécommunications au Togo, qui avait ouvert le pays à l’internet .

« Au début d’internet, Lomé était la capitale des cybercafés en Afrique de l’ouest», se rappelle Noagbodji qui a découvert le Web en 1996, au cours d’un voyage aux Etats-Unis, en compagnie de sa femme, également ingénieur des télécommunications.

De retour chez lui, le couple décide de se lancer sur la toile. « Le rêve est devenu une réalité et un boom s’en est suivi dans le secteur », se rappelle Noagbodji, qui regrette aujourd’hui, à l’occasion des 10 ans d’internet au Togo, que son pays ne soit même pas classé sur les indices d’appréciation des pays qui ont accédé au réseau des réseaux.

« On ne sait pas en quelle position se situe le Togo », dit-il, d’autant les deux opérateurs fournisseurs d’accès dans le pays, sont incapable d’estimer aujourd’hui le nombre d’utilisateurs d’internet dans le réseau national, a constaté APA.

Une telle situation dénote de l’absence d’une stratégie nationale en matière de TIC, selon Jean Marie Noagbodji, relevant que « tous les pays voisins, ont un plan stratégique » et le fait que le sien n’en dispose pas « peut aussi expliquer notre retard». Pour lui, la faute incomberait en partie, à « l’absence de coopération » entre les acteurs, au plan national. C’est ce qui explique peut-être le choix du thème de l’anniversaire, sous la forme d’un appel : « 10 ans d’internet, l’age de la coopération ».

Aucun point d’échange n’existe entre les deux opérateurs du Togo, ce qui fait que les « messages entre deux personnes au Togo passent toujours par l’occident ».

Il a déploré le manque de soutient dans l’acquisition des outils de base d’internet, notamment les ordinateurs et la cherté du coût d’accès à internet.

Un ordinateur coûte au moins 400 000 francs CFA alors que l’abonnement mensuel à l’ADSL est à 35 000 francs CFA, dans un pays où le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) est de 13.757 F CFA par mois.

« Nous devons œuvrer pour que le premier utilisateur des Technologies de l’Information et de la Communication soit l’Etat togolais », a indiqué Noagbodji

(Source : Agence de presse africaine)