Cameroun: Porte-monnaie électronique - Gloires et déboires de la Icard

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Ce produit de Afriland First Bank n'est pas encore véritablement entré dans les habitudes des usagers.

C'est le 24 août 2004 que Afriland First Bank a institué le porte monnaie électronique baptisé Icard. Il a un ensemble d'avantages au rang desquels ces promoteurs citent la sécurité, la praticabilité, la confidentialité, la flexibilité et le contrôle des dépenses dans toutes opérations impliquant du cash. Outre ces aspects sécuritaire et pratique, la I-card est aussi venu résoudre le problème des pièces de monnaie qui occasionnait parfois des conflits entre les clients et les caissières. Plus de deux ans après, les responsables de Afriland First Bank se disent de l'adhésion des Camerounais à ce service. "Nous comptons plus de 25 mille usagers qui ont acquis la I-card. Et nous disposons de plus de 800 terminaux de paiements dans l'ensemble du pays", déclare, André Nkenfack, le responsable de la communication de cette banque. Selon lui, la demande demeure forte, et il espère voir ce porte-monnaie électronique être accessible à environ 40 mille usagers dans les années à venir. Dans la mesure, où, soutient-il, "les clients sont satisfaits des avantages qu'offre la I-card".

Un avis contrebalancé par certains clients, qui invoquent quelques difficultés d'ordre pratique dans l'utilisation de la Icard.

"Lorsque tu veux charger ta carte, tu es obligé de passer plus d'une heure dans les rangs au siège de Afriland First bank. Quand bien même tu l'as chargée, tu ne peux pas l'utiliser partout où tu voudrais", explique Hervé, taximan à Yaoundé, qui dit détenir la I-card depuis son lancement. Son avis est partagé par Moïse, chef d'agence de Bricolux, une quincaillerie installée au marché central de Yaoundé. Ce dernier pense, en effet, que "les responsables de First bank doivent multiplier les points de recharge de la carte, ainsi que les terminaux de payement".

Tout en reconnaissant l'avantage de la non manipulation du cash qu'offre ce produit de Afriland First Bank, Jean, un autre utilisateur de la Icard, regrette de ne pas pouvoir utiliser la Icard en tout lieu. "Quand j'entre dans un bar, j'aimerais bien pouvoir payer avec mon porte monnaie électronique pour éviter de me faire agresser. Mais, il n'y a pas de terminaux de paiement installés dans les bars. J'ai l'impression que c'est un produit élitiste", déclare cet employé d'un secrétariat bureautique de la ville de Yaoundé.

Hormis ce déficit observé dans la multiplication des terminaux de paiement, certains utilisateurs, à l'instar de Pauline Ayangma, médecin en service à la pharmacie camerounaise de Yaoundé, trouvent que la I-card souffre encore d'un problème de communication, mieux d'appropriation de la part des usagers. Pour elle, "depuis la communication faite lors du lancement de la I-card, on n'a plus rien entendu", affirme t-elle. La formation des caissières dans les différents points marchands retient plutôt l'attention de David qui estime que ces dernières ne sont pas souvent assez outillées sur l'utilisation des terminaux de paiement. Conséquence, elles préfèrent demander aux clients de payer cash.

Autant de griefs que les responsables de Afriland First Bank disent devoir prendre en compte dans le processus de développement de la Icard, en particulier, et d'autres modes de payement excluant le cash, en général. De ce point de vue, Afriland First Bank envisage, très prochainement, confie l'un des responsables de cette banque, le lancement du paiement des factures de Aes-Sonel par Internet, qui exclura l'obligation pour l'usager d'aller dans un terminal de paiement par Icard. Mais, précise-t-on au sein de la banque, ce mode paiement sera limité aux clients détenteurs de comptes bancaires. Au moment où nous mettions sous presse, Afriland First Bank à confié que cette pratique, encadrée par une convention signée entre l'entreprise de distribution de l'énergie électrique et Afriland First Bank, est effective depuis hier, 5 février 2007 à Douala, notamment dans les agences de Koumassi, Bonamoussadi et Akwa.

(SOURCE : Le Quotidien Mutations)