Le temps de la convergence est arrivé – Gateway annonce le lancement d’un service payant de télévision pan-africain

L'éditorial du mois

Gateway Communications, un fournisseur africain de services de communications a annoncé la semaine dernière le lancement prochain de GTV, un service de télévision pan-africain payant. En offrant un service moins cher, la société compte créer un peu de concurrence dans un marché qui jusqu’à présent est loin d’être compétitif. Bien que beaucoup ait déjà été dit à propos de convergence, cette annonce constitue une première en terme d’investissement pan-africain de cette envergure dans le secteur audiovisuel par une société de fourniture de services de télécommunications. Russell Southwood s’entretient avec Julian McIntyre, le président de Gateways, sur les raisons de ce projet d’investissement.

GTV proposera un contenu varié avec un abonnement à un prix plus abordable que celui de son principal concurrent DSTV. Cela inclura du sport, des films, des séries populaires, de la musique et des programmes éducatifs et religieux. Le service comprendra des chaînes internationales de télévision ainsi qu’un certain nombre de chaînes dites « maison ». Le service s’engagera aussi à promouvoir un fort contenu d’origine africaine.

Le service de GTV sera disponible à partir de la mi-2007 avec une mise en service par étape à travers l’Afrique sub-saharienne. GTV ciblera des clients qui auparavant ne pouvaient pas se permettre un service et ne pouvaient qu’accéder les chaînes nationales gratuites.

Q : Pourquoi cette décision de Gateway d’investir dans la télévision payante ? A première vue, ce n’est pas un choix aussi évident.

Le raisonnement qui a motivé notre décision est très simple. Le secteur d’activités de la télévision payante est un marché en croissance et d’un point de vue mondial, l’Afrique sub-saharienne offre le plus grand potentiel de parts de marché à gagner. A présent il y a 4 millions de postes TV couleur dans cette région et seulement 1-2% ont pris un abonnement avec un service de télévision payante. Au niveau mondial, les taux de pénétration convergent tous dans la même direction. La façon d’accèder à ces services sera peut-être différente pour l’Afrique mais le continent ne sera pas exempt de cette tendance.Le taux de pénétration de la télévision payante en Eurpore de l’Est est de l’ordre de 15 à 20% mais atteindra sous peu les taux de pénétration de l’Europe de l’Ouest de 30 à 40%. Ces niveaux de taux de croissance ont été observés partout ailleurs sauf en Afrique. Il tient à cela des différences culturelles en terme de contenu mais les Africains comme chacun de nous veulent de l’information, de la culture et du divertissement.

Q : Mis part l’opportunité d’investissement pourquoi Gateway ?

Nous avons joué un rôle important pour faciliter la pénétration des communications en Afrique. Le marché dans ce secteur est croissant et cela nous a permis de dégager pas mal de liquidités. Notre politique de diversification dans de nouveaux secteurs a été mise en place pour saisir certaines opportunités. Pour preuve, notre activité existante est un succès et nous avons le sentiment que le secteur de la télévision payante est comparable au début du développement de la téléphonie portable à la fin des années 90.

Q : Etes-vous inquiét de l’emprise de DSTV sur un certain nombre de marchés ?

L’emprise de DSTV n’est pas si forte si l’on considère que seulement 1% des ménages sont abonnés à leur service. Il s’agira plutôt d’offrir un contenu approprié et nous ferons des annonces dans ce sens dans un futur proche. Notre proposition de contenu sera meilleure que celle de DSTV et nous rendrons le service abordable. Les opérateurs existants ont gardé la télévision payante comme un produit élitiste tandis que nous voulons un service populaire. Nous voulons un service qui fera parti de la vie des gens.

Q : Quel est votre calendrier ?

Nous commencerons à diffuser en Afrique dans les prochains mois. Une offre commerciale sera disponible au milieu de l’année et sera supportée par une forte campagne marketing au mois d’août.

Q : Dans quels pays envisagez-vous de diffuser en premier ?

Dès le départ nous aurons une offre de contenu pertinent pour les pays de langue anglophone. Nous envisageons plus tard d’ajouter du contenu en portugais et en français ainsi que des programmes destinés à la population indienne. Nous ciblons les plus grands marchés à l’exception de l’Afrique du Sud et du Nigéria. Cela inclura les pays de la SADC et une sélection de pays en Afrique de l’Est et de l’Ouest. Nous allons commencer la diffusion dans 9 à 10 pays. Nous avons des droits de diffusion dans tous les pays à l’exception de l’Afrique du Sud et du Nigéria.

Q : Quelle sera votre stratégie de pénétration du marché ?

Il est important pour nous que dans chaque pays ou nous opérerons nous bénéficions d’expertise locale en travaillant avec de sociétés locales pour créer un contenu local. Il ne s’agit pas d’un service de l’Afrique du Sud ou de l’Europe mais bien d’un service diffusé spécifiquement pour les marchés en Afrique sub-saharienne. Nous souhaitons promouvoir les cultures locales, nationales et régionales tout en favorisant l’emploi local.

Q : Avez-vous des plans d’investissement en terme de production ?

Au court terme nous allons investir massivement dans l’achat de contenu. Au long terme par contre nous envisageons la production de notre propre contenu. Le marché de contenu africain et les médias africains souffrent de l’absence d’une structure de distribution de programmes TV. Lors de nos discussions avec des producteurs et directeurs, ils nous ont dit qu’il n’y a pas de structure pour acheter leurs productions. Les chaînes herziennes de télévision soit manquent de moyens financiers soit ne sont pas intéressées. Les opérateurs existants dans le secteur de la télévision payante ne font pas la promotion de contenu local.

Le développement du secteur local médiatique reste à faire. Nous souhaitons promouvoir l’accès à un contenu de qualité dans tous les genres. Les sports en général (et le football en particuliers) sont par exemple sous-développés parce qu’ils ne bénéficient pas de revenue provenant de la télévision. Un service de télévision payante pourrait bien mieux promouvoir les intérèts locaux.

Par la même occasion nous souhaitons annoncer qu’Africa TV&Films, l’éditeur d’un bulletin d’information consacré au cinéma en Afrique a été racheté par Southwood Consutants Ltd qui publie déjà les bulletins d’informations de Balancing Act couvrant les secteurs des télécoms, de l’internet et de l’informatique.

Balancing Act va lancer un bulletin électronique bi-mensuel avec des informations couvrant l’industrie cinématographique africaine en termes de production, de distribution, d’opportunités d’investissement et d’évolutions technologiques. En automne, Balancing Act reprendra aussi la publication du catalogue annuel d’Africa Film & TV 2007/2008.

Russell Southwood, le directeur de Balancing Act « est enchanté par le rachat de Africa Film&TV. Le journal a été le témoin de changements majeurs dans l’histoire du cinéma en Afrique, de la fin de l’ère de l’apartheid au lancement de bouquets de chaînes TV par satellite et l’introduction de l’internet à haut-débit. Un nouveau chapitre s’ouvre maintenant et nous espérons voir la croissance d’une forte industrie cinématographique sur le continent. »

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