LE LANCEMENT RATE DU SATELLITE NSS8 POUSSE A LA HAUSSE LES PRIX DE LA BANDE PASSANTE SATELLITAIRE

L'éditorial du mois

Lors de la conférence Satcom Africa 2007 qui s’est tenue à Johannesbourg la semaine dernière, les principaux opérateurs ont tous fait référence à un manque de capacité satellitaire en Afrique suite au lancement raté du satellite NSS8 par New Skies (appartenant maintenant au groupe SES-Americon)

Les opérateurs satellitaires ainsi que les fournisseurs de connexion satellitaires ont confirmé que le manque est réel. Cela dit selon Isabelle Gross qui a participé à la conférence, il est impossible de savoir le niveau de ce manque ou encore les pays africains qui seront les plus affectés par ce manque de capacité. En l’absence de ces informations, les rumeurs de tout genre ont commencé à circuler. Un fournisseur d’accès internet du Kenya nous a cependant dit que les prix ont déjà commencé à monter.

Bien que le secteur n’ait pas une vision claire de ce que vas se passer dans le futur, il n’y a pas de doutes que le prix d’achat de nouveaux segments sur les satellites couvrant l’Afrique a déjà augmenté et des pratiques telle que la vente aux enchères de capacité ont réapparu. La nouvelle circule qu’une société qui va mettre aux enchères un transpondeur estime réaliser un gain de 50% sur le prix qu’elle paye à présent !

La tendance des prix que l’on observe pour l’acquisition de nouvelle capacité va aussi avoir un effet sur les prix lors du renouvellement des contrats pour l’utilisation de capacité existante. Il est probable que cet effet se fera sentir rapidement parce que durant ces dernières années les contrats avec les opérateurs satellitaires ont été signés pour des périodes plus courtes. En aval dans ce secteur, les prix au détail de bande passante augmenteront probablement aussi ou au mieux resteront statiques dans les six prochains moins dans les pays dépendants de capacité satellitaire pour leur connexion. En fin de compte, les usagers africains vont probablement payer plus pour leur connexion internet et ça ce n’est pas une bonne nouvelle !

Le lancement raté du satellite NSS8 n’a pas seulement affecté l’industrie satellitaire mais aura aussi un impact sur la croissance globale du secteur des NTIC en Afrique. Certains projets qui auraient utilisé la capacité disponible sur NSS8 ont déjà été différés et nombreux nouveaux services que les opérateurs de télécommunication et les fournisseurs d’accès internet projetaient de lancer seront retardés. Ces retards auront aussi des conséquences sur les vendeurs et les fabricants d’équipement qui verront une baisse du nombre de commandes.

Lors de conférence telle que Satcom, les représentants du secteur ont tendance à exagérer la situation. Cela dit il reste à savoir si le manque actuel de capacité est simplement la conséquence d’un lancement manqué ou le résultat d’une mauvaise projection de la demande future en capacité satellitaire en Afrique. Les principaux opérateurs satellitaires ont sans doute été plus préoccupés par l’absorption de leurs nouvelles acquisitions : SES Global avec le rachat de New Skies en mars 2006 et Intelsat avec le rachat de PanAmSat en juillet de la même année.

Au moyen terme, ce manque de capacité bénéficiera sans doute aux pays africains impliqués dans le lancement de leur propre satellite. Le Nigeria par exemple lancera prochainement Nigcomsat et il y a toujours le projet du satellite Rascom en chantier.

Les prix de la bande passante satellitaire ou par fibre optique sont intimement liés dans les pays sur le parcous du cable SAT3. Par conséquent il y a maintenant peu de pression sur les opérateurs historiques qui opèrent SAT3 de faire un effort pour baisser les prix en gros. Des opérateurs historiques tels que Camtel ou Angola Telecom qui pratique une politique de prix élevés sont désormais à l’abri de toute pression concurrentielle.

En Afrique de l’Est, il y a présent quatre projets de fibre optique en discussion : EASSy, TEAMS, Flag Telecom et un projet financé par Blackstone. L’un de ces projets proposera des connexions dans les 18 prochains mois ou les deux ans à venir introduisant la possibilité d’une migration rapide de la capacité satellitaire plus chère.

En attendant, l’annonce d’un projet de lancement d’un satellite par Mubadala Development Company, la branche d’investissement du gouvernement d’Abu Dhabi est venue comme une bouée de sauvetage. Shawkat Ahem, le directeur commercial de Yahsat, la société chargée de gérer le projet explique que le lancement du satellite est prévu pour 2009 et offrira une couverture du Moyen-Orient et de l’Afrique en bande C et Ku. Le satellite a deux composantes, l’une réservée pour le gouvernement et les applications militaires et l’autre est destinée à des fins commerciales telles que la diffusion de bouquets audiovisuels et le transit de communications et de données par les opérateurs portables. La capacité totale du satellite est de 50 transpondeurs et Yahsat a déjà signé un contrat à le fabriquant pour un second satellite dont le lancement est prévu pour 2010. Selon Shawkat Ahmed, la gestion de deux satellites permettrait à sa compagnie de réaliser au moyen terme des économies quant aux frais opérationnels.

Il est à noter aussi des développements intéressants au sein des fournisseurs de connexion satellitaires présent en Afrique. Gilat Satcom, une société israélienne a ouvert durant les derniers mois une filiale au Nigéria, Gilat Satcom Nigeria Ltd. Avec 65% de ses ventes réalisées en Afrique et le Nigéria représentant le plus grand marché la société a décidé de renforcer sa position à l’occasion de l’introduction d’un nouveau régime de licence par la Nigerian Communciation Commission (NCC), le régulateur nigérian. L’année dernière, la NCC a introduite de nouvelles licences pour le transit international de données (international Data Access (IDA) gateway licences). Selon Avihu Bergman, Vice Président Commercial et Marketing à Gilat, ce nouveau régime de licence couvre aussi la fourniture de connexion satellitaire. Le coût de la licence est de 25 millions de Nairas (environ 200,000 dollars US) et la durée de validité de cette dernière est de dix ans. En février dernier, la filiale du Nigéria de Gilat s’est vue attribuer la première licence de ce type. Bien que Gilat occupe une position de leader sur le marché local, Avihu souligne qu’il y a d’autres sociétés fournissant des connexions satellitaires et pour l’instant il n’est pas clair si ces dernières ont entreprises des démarches pour obtenir une licence. Il déplore par ailleurs que la NCC dans un effort de réglementer ce segment du marché n’a pas encore annoncé un programme pour faire respecter ce nouveau régime de licence.

Avihu a aussi mentionné que Gilat Satcom allait lancer une plateforme en bande Ku. Ce nouveau service sera offert en complément du service en bande C que la société utilise pour fournir de la bande passante aux opérateurs de télécommunications et aux entreprises.

http://www.balancingact-africa.com/satmarks.html

Pour en savoir plus sur les prix en gros de la bande passante par fibre optique ou par satellite, les utilisateurs de connexion satellitaires sont invités à acheter « African Satellite Markets ». Le rapport contient les résultats d’une enquête des prix effectuée avant le lancement raté de NSS8 qui pourra servir de guide lors de l’achat de capacité satellitaire. Pour en savoir plus cliquez sur le lien suivant http://www.balancingact-africa.com/satmarks.html