L’ ILE MAURICE EST EN MAL DE PERSONNEL TECHNIQUE POUR LE BPO

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Faire du pays un producteur de technologies. Si Maurice en utilise, elle n'en produit pas, dit le MRC. Ailleurs, comme en Inde, des techniciens qualifiés permettent d'offrir des services à bas coûts.

Maurice comme destination de Business Process Outsourcing (BPO). Encore faut-il avoir la capacité de développer des technologies. C'est justement ce qui joue en notre défaveur, laisse comprendre une étude réalisée par le cabinet EMS Consulting sous l'égide du Mauritius Research Council (MRC).

Les conclusions de l'étude ont été présentées hier au siège du MRC à Rose-Hill. L'enquête portait sur les stratégies d'entrée dans le secteur du BPO à Maurice. Elle a identifié les forces et faiblesses de nos capacités dans ce domaine et a suggéré des pistes pour développer l'industrie.

Les différents intervenants ont été unanimes sur un constat : Maurice reste une nation qui utilise les technologies, mais qui n'en produit pas. En Inde, par exemple, le BPO inspire en raison de la disponibilité des personnels techniques.

Mais Maurice n'a pas les effectifs scientifiques et techniques en nombre suffisant. Pour bâtir une réputation dans ce domaine, Maurice doit suivre l'exemple. "Nous ne pourrons pas avancer si nous n'accordons pas d'attention au développement technologique. Le pays doit se transformer en un producteur de technologies", souligne Sheriff Adam, consultant en technologie de l'information et des communications (Tic) chez EMS Consulting.

Pour le Dr Arjoon Sudhoo, directeur du MRC, la source du problème se trouve dans notre système d'enseignement des sciences au collège. "Il nous faut avoir des forces dans les mathématiques et les sciences. J'ai des inquiétudes à ce niveau, compte tenu du faible pourcentage d'étudiants qui étudient les sciences au secondaire", soutient-il.

Il a aussi émis le souhait pour une formation universitaire multidisciplinaire afin que les jeunes diplômés aient des connaissances plus diversifiées. "Notre capacité d'innover requiert une formation multidisciplinaire. Notre mode d'enseignement unidisciplinaire n'encourage pas l'innovation à Maurice", déplore le directeur du MRC.

En sus des compétences scientifiques, il faut aussi avoir une nouvelle attitude au travail. "Les entreprises de BPO opèrent 24h/24. Avons-nous les gens qui sont capables de travailler sur ce mode ?" se demande le Dr Arjoon Sudhoo.

Le secteur du BPO doit trouver des niches pour éviter une concurrence frontale avec des pays, comme l'Inde, qui ont des atouts pour produire des services de BPO à bas coûts. Malgré la cherté des télécoms et le manque de ressources humaines, Maurice peut traiter et fournir des services à valeur ajoutée en offshore. "Nous pouvons bâtir sur des compétences existantes telles les services d'architecte, de conseil légal ou de conseil financier. Nous pouvons étendre ces ressources au BPO", indique Sanjay Mungur, Managing Director d'EMS Consulting. Celui-ci insiste pour que Maurice forge une identité par rapport à la palette de services de BPO.

Soodursun Jugessur, président du MRC et pro-chancelier de l'université de Maurice, soutient, de son côté, que Maurice a pris beaucoup de retard dans les Tic. Le BPO a du chemin à parcourir avant de pouvoir se positionner comme un pilier de croissance solide. Il a déploré le fait que le pays doive dépendre beaucoup des cadres étrangers pour développer des technologies.

(SOURCE : L'Express0