L'ARPT ENCOURAGE OU BLOQUE LA CONCURRENCE EN ALGERIE ?

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Il est étrange que l'ARPT demande à un opérateur téléphonique d'augmenter les prix en l'accusant de «position dominante» alors que les tarifs sont définis par le marché et par le nombre d'abonnés dont dispose tout opérateur.

L'autorité de régulation semble aller à contresens de la politique gouvernementale, de la loi du marché et des règles de la concurrence. Dans une résolution de son conseil, datée du 12 mars dernier, l'autorité publique ordonne à «l'opérateur OTA de retirer, sans délai, son offre tarifaire transmise à l'ARPT en date du 4 février 2007 relative à son produit Allo OTA».

Le conseil de l'ARPT ajoute dans la dernière résolution que «la décision annule et remplace la décision du 6 février 2007 portant dispositions transitoires applicables aux tarifs du service de la téléphonie mobile au public de type GSM de l'opérateur Orascom Télécom Algérie». Le directeur général de l'ARPT a averti que «tous les opérateurs sont amenés à respecter les décisions prises par l'autorité. Il n'est pas inutile de rappeler que ses décisions son irréversibles et exécutoires. Au cas où un opérateur ne respecte pas la décision prise à son sujet, comme c'est le cas de Djezzy, il se verra rappeler à l'ordre par une mise en demeure. Dépassé le délai de 3 mois, l'opérateur risque de se voir retirer son autorisation pendant trois mois».

La logique du marché est pourtant simple : plus on a de clients, moins est coûteux le produit qu'on vend. OTA est dans cette logique du marché puisque ses clients dépassent les dix millions d'abonnés. L'ARPT ne peut être plus soucieuse des intérêts d'OTA qu'OTA lui-même dans la mesure où il ne décide de baisser les prix de ses offres qu'après étude du marché et des retombées financières favorables et à l'opérateur et au client.

On se demande alors pourquoi il y a trois licences de téléphonie mobile et pourquoi envisager le lancement d'une quatrième licence, s'il n'y a pas une réelle concurrence dont bénéficie le consommateur ? On se rappelle, à ce propos, l'arrivée de Wataniya sur le marché et la manière avec laquelle elle a bousculé les habitudes et imposé, à travers ses tarifs, une marche forcée ayant permis une réelle démocratisation et socialisation du téléphone mobile, faisant de l'Algérie un marché porteur de ce produit et faisant passer le nombre des utilisateurs en l'espace de quelques années, de trois millions et demi d'abonnés à plus de 20 millions, alors que l'Algérie était à la traîne des pays maghrébins en la matière.

L'ARPT n'est-elle pas l'organe de contrôle des télécoms qui veille au respect des règles commerciales, de l'éthique, de la concurrence loyale ? N'est-ce pas son rôle de veiller à ce que les opérateurs de téléphonie mobile couvrent tout le territoire avec un service de qualité et à la portée de la majorité des citoyens ?

(SOURCE : La Tribune)