QUELLE REPRESSION POUR LES CRIMES VIRTUELS ?

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Internet, un super eldorado pour la criminalité ! Tout y passe, du harcèlement sexuel jusqu'au blanchiment d'argent et la pédophilie. Les moyens sont sophistiqués et difficilement contrôlables. Les mineurs sont les principales victimes de ce genre de pratiques, car des proies faciles. Le Maroc est loin d'être épargné par la cybercriminalité, ainsi que le rapporte la récente étude menée par le Centre pour la liberté des médias au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Plusieurs affaires ont éclaté au grand jour, ces dernières années, révélant au public marocain l'importance du phénomène. Le jeune Farid, alias « Diablo », a ébranlé le FBI en parvenant à mettre hors marche le réseau informatique d'importantes chaînes de télévision, sociétés américaines et aéroports avec son virus « Zotob ». Juste après, le relais est pris par la sulfureuse affaire « Servaty », qui, rappelons-le, avait traîné dans la boue plusieurs mineures marocaines, après publication de photos pornographiques sur le Net. Non moins scandaleuse, l'histoire du touriste français à Marrakech qui possédait dans son appareil photo près de 117.000 photos pornographiques d'enfants, parmi lesquels 50 Marocains mineurs.

La majorité des mineurs « chatte »

Ce sont certes les affaires les plus médiatisées, mais ce ne sont pas les seules. Malheureusement, la législation marocaine en matière de crimes cybernétiques demeure quasi inexistante. Elle n'en prévoit aucune définition précise. Ce vide juridique laisse la porte ouverte à tous les débordements.

Le rapport souligne que l'approche des autorités pour traiter ce problème s' est limitée à l'aspect sécuritaire. Elles n'ont pas tenté de mettre à contribution la société civile et les médias pour la mise en place de programmes de sensibilisation aux risques engendrés par ces crimes. D' ailleurs, l'enquête qui a porté sur un échantillon de 106 enfants de 10 à 17 ans a révélé que la majorité d'entre eux « chattaient » avec des étrangers.

Un quart des interviewés (parmi eux des enfants ayant entre 10 et 12 ans) a admis recevoir des offres et des cadeaux via Internet. De quel type de cadeaux s'agit-il ? Ceci mérite une prudence toute particulière. Les offres consistent principalement en des rendez-vous à deux, des rencontres à domicile et même, dans quelques cas, des demandes en mariage. En revanche, côté cadeaux, ils se présentent sous forme d'habits, de cartes de voeux, et d'invitations au Mc Donald's. D'autres encore disent avoir reçu des offres de voyage à l'étranger.

En fait, le « crime » est perpétré en abusant de la crédulité des enfants. Aussi, l'étude qui a interviewé plusieurs experts et spécialistes marocains essaie tant bien que mal d'apporter une définition de cette cybercriminalité.

La voie officielle, à travers Mohamed Bahaj, conseiller du ministre de l' Education nationale, considère que le crime cybernétique est comme « tout acte inclus dans la catégorie des crimes pénaux, à savoir l'escroquerie ou tout risque matériel ou moral qu'encourt une personne qui utilise des services d'Internet concernant les crimes touchant aux mineurs ». Il précise qu'il peut s'agir de crimes relatifs au vol de données, l'interception des courriers électroniques, l'infiltration d'autres ordinateurs, l' endommagement des systèmes d'exploitation, le lancement de virus, ainsi que les actes des pirates informatiques (hackers), les saboteurs (crackers) et les arnaqueurs (spoofers). Moulay Driss Rahmani, conseiller du secrétaire d' Etat chargé de la Jeunesse, ajoute à cette liste les crimes relatifs à l' incitation d'enfants à commettre des actes illégaux pouvant mettre en danger leurs vies ou celles d'autrui, la publication et la distribution des messages à caractère violent ou pornographique. Du même avis, un expert Internet définit le crime cybernétique, surtout à l'encontre de mineurs, comme consistant « en l'abus sexuel, le harcèlement, la falsification de cartes de crédit, les crimes relatifs au plagiat des technologies, au piratage, à l'espionnage, au chantage, à l'escroquerie, aux menaces et au détournement de mineurs ». À très peu de choses près, ces définitions rejoignent celle de la convention européenne sur les crimes cybernétiques, ratifiée par le conseil européen en 2001.

Si tout le monde s'accorde sur une définition plus ou moins commune et élargie de la cybercriminalité, les moyens de la combattre ne sont pas légion.

Cela a provoqué l'apparition de législations privatives au niveau international comme la protection du droit des données personnelles, puis d' autres condamnant les crimes cybernétiques comme la violation des systèmes informatiques, ainsi que les législations protégeant la propriété intellectuelle, et les crimes d'agression comme l'abus sexuel des mineurs, mais dans la plupart des cas, les moyens juridiques sont puisés dans la législation commune.

Malgré les différentes voix qui s'élèvent contre les dangers d'Internet pour les jeunes, beaucoup d'obstacles persistent. La propagation des allusions sexuelles et de la violence dans les médias, la difficulté de contrôler la multitude de sites à contenus racistes ou extrémistes, le laxisme des parents et le défaut de prise de conscience des dangers rendent la tâche difficile.

(SOURCE : Bladi Net)