E-GOV - LES SERVICES PUBLICS PLUS ACCESSIBLES AUX USAGERS DE MAURICE

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L'administration en ligne prend de l'essor. Les transactions entre le gouvernement et le citoyen pourront se faire par Internet, à commencer par la déclaration d'impôt.

Ne plus être obligé à faire la queue pour aller chercher un document quelconque. Ne plus avoir à faire avec des fonctionnaires réticents, désagréables et grincheux. Le rêve de tout citoyen. Et la bonne nouvelle, c'est que ce rêve est sur le point de se transformer en réalité grâce à l'e-administration qui se prépare à prendre son envol.

Le National Computer Board (NCB) compte proposer une quarantaine de services administratifs en ligne d'ici quelques semaines à travers le site Internet www.gov.mu, guichet administratif unique en devenir.

Outre prendre rendez-vous pour passer le contrôle technique (fitness) de son véhicule, le Mauricien pourra également loger ses plaintes environnementales en ligne et répondre aux demandes d'emploi dans les administrations régionales. Mais, le plus gros morceau sera probablement celui qui a trait aux feuilles d'impôts.

Dès septembre, les contribuables pourront recevoir et remplir électroniquement leur déclaration et l'envoyer à la Mauritius Revenue Authority (MRA). "Nous travaillons d'arrache-pied sur ce projet pour que les citoyens n'aient plus besoin de se déplacer pour venir quitter leur déclaration", explique Shakuntala Jugmohun, directrice des Tax Payers' Services à la MRA. Lundi dernier, toute une équipe de la direction de la MRA a d'ailleurs rencontré le ministre des Tics, Etienne Sinatambou, pour discuter de ce projet.

Les premiers ciblés cette année seront les fonctionnaires et les employés de corps parapublics, même si le citoyen ordinaire pourra également déclarer ses impôts en ligne. Les deux premières catégories représentent environ la moitié des contribuables individuels. Les compagnies pourront le faire dans un second temps.

"Nous allons résolument vers les paperless transactions", se réjouit Shakuntala Jugmohun.

Mais déjà, le défi est de taille pour cette année. En 2006, la MRA avait réceptionné 125 000 feuilles d'impôts. Avec les réformes apportées au niveau des impôts, la MRA s'attend à 75 000 soumissions de déclarations, dont la moitié pourra donc se faire électroniquement.

Mais le principal défi n'est pas la mise en route de la télédéclaration, mais de gagner la confiance des citoyens. Ce dernier ne se laissera en effet pas facilement convaincre de déclarer ses revenus, sujet hautement sensible, par voie électronique. Une vaste campagne d'information est par conséquent un passage obligé pour la MRA. "Le système que nous allons utiliser est entièrement sécurisé et ne pourra être accessible à des personnes autres que celles qui sont concernées dans notre service", promet Shakuntala Jugmohun. La sensibilation du public démarrera sous peu.

En France par exemple, où l'e-administration ne jouissait pas d'une confiance absolue au départ, la déclaration de revenus par Internet comptait plus de 3,7 millions d'adeptes en 2005. Preuve que les habitudes peuvent vite évoluer.

Quant au paiement des impôts en ligne, c'est une autre question. Exigeant une autre structure, le Public Key Infrastructure (PKI), plutôt lourde en investissement (Rs 40 millions), il faudra encore patienter, même si les proches du dossier espèrent voir sa création rapidement. L'espoir de pouvoir faire des paiements via Internet l'année prochaine est cependant là. Cela d'autant plus que le retour sur investissement peut se faire assez vite, comme l'explique Newrajlall Burton, président du NCB.

"Plus les gens l'utilisent, plus cela pourrait être rentable. Le PKI est un service offert aux services gouvernementaux. En retour, nous pourrions prélever une petite somme aux ministères par transaction, parce qu'il ne faut pas faire abstraction du fait que l'e-administration réduit les coûts administratifs du gouvernement", précise-t-il.

Moins de paperasserie, moins de gens impliqués dans le processus et donc moins de frais. L'objectif ultime du guichet électronique n'est-il d'ailleurs pas de provoquer une cure d'amincissement dans la fonction publique ? C'est du moins l'intention avouée dans les pays avancés. Si c'est également l'objectif à Maurice, cela reste à voir. En tout cas, personne n'en parle ouvertement.

Au final, ce véritable guichet virtuel, que devient le portail gov.mu, est destiné à regrouper l'ensemble des démarches administratives en ligne. Mais le chantier qu'a ouvert l'état est vaste et pour rendre la totalité de ses services accessibles via l'Internet, il faudra du temps. "Nous allons mettre les applications en ligne au fur et à mesure. Cette quarantaine de services interactifs n'est que le début, mais nous souhaitons être très avancés d'ici l'année prochaine", avance un initié au dossier.

Le projet d'e-government avait démarré début 2005. Outre la révision complète du portail gov.mu, cinq applications étaient rendues accessibles en ligne (demande de permis de travail et de résidence, application pour le permis de conduire, des demandes d'emploi de la Public Service Commission, le calcul des lump sums des fonctionnaires). Ce sont les seules applications qui peuvent être faites en ligne. Outre celles-là, une vaste panoplie de formulaires peut être téléchargée à partir du portail. "Tous les formulaires dont le citoyen pourrait avoir besoin sont là. Le seul problème, c'est qu'il doit ensuite se rendre au bureau concerné pour le déposer", avance-t-on au NCB.

(SOURCE : L'Express)