NOUVELLES DISPOSITIONS POUR FAVORISER LE E-COMMERCE EN TUNISIE

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Même si certaines entreprises tunisiennes se sont lancées dans le commerce électronique, beaucoup d'autres n'ont pas jugé le temps venu pour vendre leurs produits en ligne à des milliers de consommateurs qui préfèrent acheter sans bouger de leur place.

Nombre d'entreprises ont choisi d'utiliser la toile uniquement pour exposer leurs produits et les vanter sans prendre en considération le besoin de ces acheteurs en ligne. Plusieurs opportunités d'achat - et donc de recettes pour les entreprises - sont ainsi ratées par le simple fait que la possibilité d'achat en ligne n'est pas disponible. Et dire que tous les moyens de paiement électronique sont disponibles pour assurer une véritable dynamique du commerce électronique, à commencer par la monnaie électronique locale, le e-dinar, qui peut être utilisé pour acheter via Internet.

Maintenant, il s'agit de passer à un palier supérieur en ne se contentant pas de la monnaie locale qui a, certes, plusieurs mérites mais d'opter pour la carte de paiement internationale qui ouvre de nouvelles perspectives pour l'entreprise tunisienne dans le domaine du e-commerce. D'ailleurs, lors d'un Conseil ministériel tenu le mercredi 26 avril 2007, consacré au commerce électronique, le Chef de l'Etat a souligné « l'impératif de mettre en place les incitations à même d'impulser le commerce électronique de manière à promouvoir davantage l'activité commerciale et de dynamiser les exportations ». Parmi les mesures prises, citons la promotion des transactions électroniques sur le marché intérieur et avec l'étranger, la généralisation des sites de shopping dans les espaces commerciaux, l'élaboration d'un programme visant à développer le nombre des entreprises optant pour le e-commerce et à en assurer le suivi et la mise en place d'incitations financières en plus de la création d'un régime d'assurance couvrant les opérations financières en ligne.

L'environnement est donc favorable pour lancer un portail de vente en ligne mais l'opération ne peut réussir vraiment sans une volonté sans équivoque de la part du chef d'entreprise qui devrait tout mettre en oeuvre à cet effet, quitte à supporter un investissement supplémentaire. Celui-ci sera amorti très rapidement. Pratiquement, le chef d'entreprise qui n'a pas encore son site web est tenu de choisir son fournisseur d'accès à Internet et de charger un concepteur de sites marchands pour faire le nécessaire, sachant que plusieurs logiciels performants de commerce électronique sont disponibles à prix compétitifs aussi bien en Tunisie qu'à l'étranger. Il peut aussi recruter un webmaster pour effectuer le travail demandé.

Les indicateurs montrent, en tout cas, que les transactions commerciales électroniques connaissent jusqu'ici un essor de plus en plus confirmé mais elle n'a pas encore atteint le niveau escompté, compte tenu des expériences étrangères. Le nombre de sites web commerciaux est de l'ordre de 250 d'un ensemble de 4.566 sites en ligne. Au mois d'octobre 2006, la valeur des transactions réalisées à travers le Net et utilisant la monnaie électronique a atteint les 6.717 millions de dinars (MD) contre 0.748 MD l'année précédente, ce qui représente 0.05% de l'ensemble du chiffre des exportations et 30.8% de la globalité des transactions électroniques (services et biens).

Il existe deux systèmes de paiement électronique, à savoir le serveur de paiement sécurisé de la Société monétique de Tunisie (SPS-SMT) et le système e-dinar de la Poste tunisienne.

Démarré en juin 2005, le serveur de paiement sécurisé a permis de totaliser à fin septembre 2006 quelques 23.888 transactions internes et 6.678 externes. La valeur totale des transactions par paiement électronique a été de l'ordre de 6.764 MD contre 0.596 MD en 2005. La valeur des transactions, au cours de l'année dernière, s'est ainsi développée onze fois plus par rapport à l'année précédente et ce, grâce à l'augmentation du rythme de paiement électronique extérieur qui a intéressé 85% du volume global des transactions (réservation à distance).

Quant au système e-dinar relevant de la Poste tunisienne, il a totalisé à fin octobre 2006 au niveau intérieur 393.805 transactions et au niveau extérieur 2.172 transactions. La valeur totale des transactions a été de près de 15.140 MD contre 2.290 MD en 2005. Le volume des transactions internes a été de l'ordre de 14.190 MD, soit un développement important puisqu'il est sept fois plus que celui de l'année précédente. Cette évolution est imputée notamment aux revenus des inscriptions universitaires à distance qui sont au nombre de 200.000, représentant 93% de la valeur et du volume des transactions totales.

Rappelons qu'une direction chargée du développement du commerce électronique et de l'économie immatérielle a été créée au sein du ministère du Commerce et de l'Artisanat, conformément à l'article n°44 du décret n°2965 en date du 20 décembre 2001 fixant les prérogatives du ministère. Elle est chargée notamment d'élaborer les projets de loi et de réglementation relatifs au commerce électronique et à l'économie immatérielle. Le représentant de cette direction participe aussi aux travaux de la commission nationale du e-commerce et prend part à la définition des procédures susceptibles de développer l'utilisation des nouvelles technologies de l'information et de la communication dans le domaine commercial.

Cette direction contribue aussi à soutenir les entreprises du secteur privé en vue d'intégrer les nouvelles technologies, tout en réalisant des programmes d'action relatifs à la promotion du commerce extérieur et ce, en recourant aux techniques du e-commerce et de l'économie immatérielle. Dans la foulée, ladite direction participe à la définition et à la coordination des programmes de formation dans les nouvelles technologies au niveau de l'enseignement supérieur et de la formation professionnelle.

Une stratégie de promotion du commerce électronique avait été mise en place par le ministère. Le but étant d'intégrer le maximum d'entreprises tunisiennes dans l'économie numérique en améliorant les méthodes de travail et en mettant à la disposition des consommateurs des prestations électroniques à caractère commercial.

La stratégie s'articule autour de plusieurs points dont celui qui a trait à la sensibilisation et à la propagation de la culture numérique au niveau des entreprises économiques en faisant participer les structures de la société civile. Il est question, de même, de collaborer avec l'Université tunisienne dans le but d'améliorer les programmes de formation dans les domaines des technologies de l'information et de la communication, du commerce et des affaires.

La veille technologique sera réactivée en vue d'identifier les développements du commerce électronique en se basant davantage sur l'échange d'études et de statistiques dans ce domaine. Il est possible aussi de conclure des programmes de coopération avec les pays étrangers pour s'inspirer de leurs expériences dans le e-commerce et l'économie immatérielle, tout en bénéficiant de leur assistance technique. Le commerce électronique peut également être favorisé grâce au programme de mise à niveau industrielle et du Fonds d'accès aux marchés d'exportation.

Autant de points mis en oeuvre en vue d'inciter et d'aider les entreprises à mettre en ligne leurs boutiques virtuelles et de créer, par conséquent, une dynamique commerciale virtuelle. Une telle orientation profite aussi bien aux entreprises qui voient leurs chiffres d'affaires augmenter - et plusieurs expériences réussies à l'étranger constituent des exemples significatifs - qu'aux consommateurs qui gagnent beaucoup en termes de charges de transport. L'économie nationale peut également tirer profit du e-commerce surtout si le site est ouvert à l'étranger et permet d'effectuer des transactions avec n'importe quel point dans le monde avec la carte bancaire internationale.

(SOURCE : La Presse)