INCUBATION ET INNOVATION TECHNOLOGIQUES EN ALGERIE, LES TIC AU COEUR DU DEVELOPPEMENT

Actualités informatiques

En matière d'incubation et d'innovation technologiques, l'Algérie accuse un retard injustifié eu égard aux énormes potentialités humaines et matérielles que recèle le pays.

La culture de l'incubation technologique n'est pas encore ancrée et reste confinée en des «lieux limités». En revanche, l'utilisation des technologies de l'information et de la communication a pris un essor extraordinaire. A ce titre, le téléphone mobile est l'exemple illustrant ce boom. Selon les chiffres livrés par le ministère des Postes et des Technologies de l'information et de la communication, plus de 20 millions d'Algériens ont accès aux services de l'un des 4 opérateurs en lice, Mobilis, Djezzy, Nedjma et Thuruya. Le computer personnel est de plus en plus disponible et le parc national du PC est estimé à quelque 4 millions d'unités. En outre, le ministère en charge du secteur a lancé en octobre 2005 le programme Ousratic pour doter 6 millions de foyers de PC à l'horizon 2010. Cette opération connaît à présent des résultats positifs malgré quelques couacs du côté des banques, lit-on dans la presse. Dans le même ordre d'idées, le réseau Internet est soutenu par 60 fournisseurs de services (publics et privés) activant à travers tout le pays pour une population d'internautes estimée à environ 2 millions. A présent, 5 500 sites d'Algériens sont opérationnels dont les ¾ sont hébergés à l'étranger.

La plupart des institutions étatiques et publiques ont leur propre site, des projets d'introduction et d'application des TIC ont été lancés dont une bonne partie est fonctionnelle. A cet égard, le ministère de la Justice a créé un certain nombre de centres et de sites pour le casier judiciaire, la nationalité, le suivi du dossier carcéral, afin de mettre un terme aux lenteurs bureaucratiques et administratives. Pour sa part, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a révolutionné les modalités d'inscription à l'université en introduisant l'outil informatique, et dans d'autres domaines, tels que l'enseignement à distance, l'université virtuelle et un réseau académique Intranet et Internet. Egalement, le gouvernement a lancé son projet de réseau (Réseau Intranet gouvernemental) et un portail est en voie de réalisation pour se rapprocher de ses administrés et du public en général. Des exemples s'étendent à d'autres ministères et administrations centrales et locales, des partis politiques et associations où la création des sites est devenue une pratique louable.

Toutefois, les atouts des TIC ne peuvent être profitables qu'à travers la mise en place d'une stratégie cohérente pour la société d'information et du savoir et si leur usage est élargi à tous les pans de la société. Le tout repose sur un Etat démocratique et pluraliste, une économie performante, un accès facile aux politiques du gouvernement et à ses stratégies du savoir, une participation active de la société civile, la liberté d'expression et d'opinion, le refus de toute forme de corruption, une plus grande transparence dans la gestion des comptes publics. En fait, les TIC doivent être au coeur de cette société, permettant ainsi aux médias d'accéder aux sources d'information, d'encourager une bonne, fluidité dans la circulation de l'information, de préserver les conditions de mise en place du système démocratique et pluraliste, de promouvoir la culture démocratique et d'encourager l'émergence d'une société civile active.

A juste titre, l'Algérie entend investir «massivement» dans le domaine des TIC, avec comme finalité, l'accès à une véritable société de l'information productrice et génératrice d'idées et de solutions techniques et informatiques à ces problèmes et non pas uniquement consommatrice et passive. C'est ainsi que le lancement du projet de technopole à Sidi Abdallah d'une superficie de 100 ha à quelques encablures à l'ouest d'Alger s'inscrit dans cette optique de doter le pays d'une assise technologique qui peut servir de carrefour pour toutes les activités des TIC en Algérie, affirme avec fierté M. Sid Ahmed Kerkouche en charge du projet. Ce dernier est constitué d'une masse critique des talents pour l'innovation et la recherche, des capitaux avec l'accumulation du capital risque et des formes de partenariat, des réseaux, l'information des données, la production de contenus et de logiciels. Parmi les objectifs assignés à la «Silicon Valley algérienne», dira M. Kerkouche, stimuler une grappe TIC forte et vibrante, servir de HUB physique et virtuel pour toutes les activités TIC en Algérie, fournir le support technique de qualité pour les entreprises des TIC, accélérer la formation et l'expansion des starters up et des PME, diversifier la chaîne de valeurs des technologies et stimuler le secteur pour l'export. Quant au concept de développement du projet lui-même, il repose sur la création d'un technopark, de districts technologiques de services liés aux TIC, des structures et supports d'accompagnement. A cet effet, plusieurs constructions sont en cours de réalisation pour édifier un centre d'affaires pour les incubateurs, une tour d'affaires des TIC, un hôtel pour les entreprises et un auditorium. Ainsi, le district d'innovation est doté d'un technobridge constitué d'un certain nombre de centres d'études, de recherche et de développement des TIC, la pépinière d'entreprises. A côté, un pôle de soutien est érigé et doté d'un centre de contrôle de l'intelligence des bâtiments, du centre de télécommunications et un cyber bureau pour Algérie Poste.

Les projets inscrits au niveau de la technopole de Sidi Abdallah sont régis et supervisés par l'Agence nationale de promotion et de développement des parcs technologiques qui veille au développement harmonieux avec l'environnement social et culturel de la région. Ainsi, le Cyber Parc sera une plate-forme des TIC, regroupant toutes les institutions et entreprises opérant dans les technologies de l'information et de la communication. C'est un ensemble d'entités interdépendantes où il y a une forte interaction entre les entreprises, universités, centres de recherche et de développement, de formation, banques, administrations et observatoire des TIC. C'est aussi le schéma d'un laboratoire microéconomique où se tissent des liens entre les différentes grappes, les fondements technologiques, une infrastructure avancée, la formation et la recherche, les affaires et les finances et la qualité de vie. Et comme résultat, plusieurs activités sont exercées, celles liées à la production telles que la fabrication de logiciels et l'assemblage des composants et aussi les activités de distribution avec l'installation, la location des systèmes et l'intégration des solutions. D'autres activités sont également proposées, celles inhérentes à l'exploitation, au consulting, au soutien des entreprises de télécommunications, de l'audiovisuel, des activités spatiales et enfin au design et à la formation.

Le projet de technopole de Sidi Abdallah est une opportunité pour un décollage rapide du pays dans le domaine des TIC. Aussi, la culture de l'innovation et de l'incubation technologiques qui commence à s'installer graduellement dans la société algérienne aura un impact positif sur tout le processus de développement dans ses différents aspects. Quant aux enjeux, M. Sid Ahmed Kerkouche estime que le projet constitue un accélérateur du secteur des TIC en suscitant un accroissement des investissements, l'expansion des entreprises et l'émergence de nouvelles «start up» locales, sans pour autant oublier la capacité d'innovation par des transferts de technologie. Il est attendu, ajoute le chef du projet, que cette première technopole algérienne générera des résultats probants. En 2010 la télédensité globale va passer à 83% (22% pour le téléphone fixe et 61% pour le mobile), le taux de connectivité Internet sera de 40%, le taux de pénétration en computer personnel sera de 20% et le réseau des fibres optiques sera porté à 48 000 km. Tous ces chiffres laissent augurer certainement des perspectives prometteuses pour l'avenir de l'Algérie en valorisant le potentiel humain, matériel et technologique dont elle dispose.

Et les TIC sont le moyen et l'outil indispensables pour la promotion et le développement humain et social.

(SOURCE : La Tribune)