POURQUOI WASSA VA REMPLACER ILAFIA au mali

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La Sotelma tire les leçons de l'échec de Ilafia pour proposer, sous peu, un système performant et fiable

Le premier juin 2004, la Sotelma lançait un réseau de téléphonie avec des postes calqués sur le modèle de téléphone fixe pour les habitants de la rive droite de Bamako. Conçu pour suppléer le manque de lignes fixes dans cette zone, ce réseau, dénommé Ilafia était une réponse qui devait soulager quelques 50 000 abonnés.

Le réseau Ilafia qui repose sur la technologie PHS (Personal handiphone system) a été élaboré avec un partenaire américain du nom de UT Starcom, une société dominée par des Chinois vivant aux États Unis et menant des activités essentiellement en Chine, en Asie et en Afrique.

Mais depuis 7 à 8 mois Ilafia connaît des problèmes. Il ne répond plus et les 3 000 abonnés qui ont fait le choix de se brancher sur Ilafia n'ont plus le bénéfice du service. Ce qui devait être "une solution optimale pour les utilisateurs à revenus restreints" et qui devait "assurer la migration simple vers les services 3G futurs et "l'intégration avec le réseau filaire et le service GSM" en toute sécurité, est finalement devenu un cauchemar. Ilafia a été très vite confronté à une série de difficultés au premier rang desquelles se trouve un problème de maintenance du réseau.

Contrairement au réseau Wassa qui a été implantée à Kayes et plus récemment ici à Bamako qui marche avec 3 antennes, Ilafia nécessite beaucoup plus d'antennes. Il faut en plus un service d'alimentation électrique stable, ce qui n'est pas toujours garanti ici, explique Bakary Camara, le directeur commercial de la Sotelma.

Vient se greffer à ces difficultés techniques, le coût de la maintenance qui s'explique par la façon dont le contrat a été négocié avec le partenaire. Contrairement à ce qui devait être exigé, les techniciens de la Sotelma n'ont pas été formés à la maintenance du réseau. Conséquence : à la moindre panne, il faut faire appel à des experts qui doivent arriver d'Afrique du Sud sinon des États Unis. Une contrainte qui renchérit considérablement le coût d'exploitation du réseau.

La pratique a fait apparaître que la technologie PHS n'est pas la mieux indiquée pour un pays comme le nôtre où les sources d'alimentation électrique sont souvent aléatoires. La Sotelma s'est résolue à prendre la seule décision qui s'imposait : arrêter Ilafia et le remplacer par un autre système.

Selon le directeur commercial, la Sotelma a déjà fait le choix de la technologie CDMH. La même technologie qui a donné le réseau Wassa en service à Kayes. Une technologie que l'on rencontre dans certains pays de la sous-région (Burkina Faso, Tchad, Niger, Bénin...).

Le nouveau système sera un service prépayé (comme Ilafia). Il permettra une connexion internet à haut débit. La mobilité dans la zone de couverture sera plus grande et la maintenance plus légère. Ainsi contrairement à Ilafia qui était limitée à la rive gauche du Niger, le système Wassa va couvrir l'ensemble de la ville de Bamako. Les terminaux seront plus accessibles.

Bakary Camara précise que le projet est très avancé. "Les tests techniques sont en cours", assure-t-il avant de confirmer que la Sotelma a pris l'engagement de remplacer gratuitement tous les appareils de la génération Ilafia. Ce n'est plus qu'une question de temps pour des abonnés qui vont devoir prendre leur mal en patience.

(SOURCE : L'Essor )