LE COMMERCE ELECTRONIQUE EN TUNISIE DOIT FAIRE FACE AUX EXIGENCES DU MARCHE INTERNATIONAL

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Il est une certitude : la dynamisation du commerce électronique, sa bonne maîtrise, et la diversification des transactions à distance ont un mérite : accroître la compétitivité, et donc la performance des entreprises, mieux répondre (plus rapidement) aux exigences des marchés de l'export et améliorer encore plus le positionnement de l'économie tunisienne sur la scène internationale.

Sur ce point, l'on peut dire que tout au long de ces dernières années, la Tunisie a réussi à assurer des avancées plutôt encourageantes. En effet, le commerce électronique n'a cessé de suivre une tendance de croissance régulièrement à la hausse. En effet, le tableau de bord des indicateurs du commerce électronique fourni par la Direction du développement du commerce électronique et de l'économie immatérielle du ministère du Commerce et de l'Artisanat fait ressortir des indicateurs significatifs : le nombre de sites transactionnels est de 299 contre un total de 4743 sites.Les exportations par voie électronique (e-Export) ont représenté près de 5.943 millions de dinars (2006) contre 0.748millions de dinars en 2005, soit 8 fois plus que 2005. Ces exportations représentent 30,8% du total du e-commerce (biens et services).

Les transactions internationales ont augmenté de 12 fois en 2006 par rapport à 2005 (E-services: e-tourisme,billetterie,..).

Pour ce qui est des transactions nationales, elles ont augmenté de 7 fois de plus qu'en 2005. Selon M. Walid Koôli, de la Direction du développement du commerce électronique et de l'économie immatérielle du ministère du Commerce et de l'Artisanat, cette progression «est due essentiellement à l'obligation d'inscription universitaire en ligne pour l'année 2006-2007 avec plus de 354.000 transactions effectuées (inscription en ligne, facturation, ) et également aux paiements de factures en ligne (eau, électricité, gaz, )».

Toutefois, malgré son importance, ce niveau de progression reste insuffisant si l'on tient compte des exigences, de plus en plus complexes, du marché économique mondial. D'où cette nécessité, pour ne pas dire cette urgence, de trouver de nouvelles approches de développement beaucoup plus efficaces.

C'est ainsi que suite aux décisions du conseil ministériel du 25 Avril 2007 sur le commerce électronique, la direction du développement du commerce électronique et de l'économie immatérielle au ministère du Commerce et de l'Artisanat a élaboré un plan d'action visant à mieux promouvoir et dynamiser davantage ce secteur.

Ce plan d'action repose sur un bon nombre d'actions prioritaires. Il est question surtout d'encourager le commerce électronique en créant des incitations tarifaires (réduction des frais transactionnels pour les marchands en ligne), de favoriser le développement des nouveaux moyens de paiement et l'offre de nouvelles solutions, et d'encourager les entreprises publiques à utiliser la solution de paiement par carte bancaire (SPS-SMT) en parallèle avec le e-dinar.

Il est question aussi d'inciter les sociétés d'assurance à offrir un service d'assurance spécialisé dans le commerce électronique avec l'objectif d'assurer les vendeurs contre les risques des affaires électroniques.

Sans parler de l'accompagnement de 50 entreprises privées et la poursuite du programme «impulsion des affaires électroniques» au niveau de 40 entreprises publiques:

Cette action d'assistance de 50 entreprises privées appartenant à divers secteurs économiques vise essentiellement à initier les entreprises participantes aux bonnes pratiques du commerce électronique et à la méthodologie adéquate pour intégrer les affaires électroniques dans leurs processus commerciaux.

Parallèlement, cette action vise à motiver ces entreprises à lancer des sites web informationnels ou transactionnels offrant aux consommateurs des services en ligne et les encourager à opérer «électroniquement».

Le plan d'action prévu a cherché d'un autre côté à sensibiliser les entreprises à l'importance des stratégies de référencement des sites web permettant de garantir une bonne visibilité sur le web, ainsi qu'à encourager les entreprises exportatrices à embaucher des diplômés en commerce électronique, en leur offrant la possibilité de profiter des mécanismes offerts dans le cadre du Foprodex.

On parle par ailleurs de la mise en place d'un portail de commerce électronique en collaboration avec l'ESCE de La Manouba, et du lancement d'un annuaire national des sites Web Tunisiens.

Cet annuaire, faut-il encore le préciser, mettra en exergue une meilleure visibilité des sites web tunisiens sur la Toile et d'entrer en contact avec des sites mondiaux (Yahoo, MSN, ) pour lancer des portails tunisiens. Autre disposition, le lancement des places de marché verticales (sectorielles) ou horizontales.

Selon M. Walid Kooli, de la Direction du commerce électronique et de l'économie immatérielle relevant du ministère du Commerce et de l'Artisanat, «ces places jouent le rôle d'intermédiaires entre les opérateurs économiques. L'adhésion à ces places de marché permettra aux opérateurs économiques tunisiens d'avoir une meilleure visibilité de leurs produits à l'échelle nationale et internationale ainsi qu'une amélioration de la compétitivité des entreprises tunisiennes».

Les nouvelles places de marchés sectorielles à réaliser sont, précise-t-il, «celles de l'industrie électromécanique et celle de l'industrie agroalimentaire».

D'un autre côté, le responsable estime qu'il est «nécessaire aujourd'hui de renforcer encore plus la visibilité des places de marché actuelles et d'encourager le secteur privé à lancer de nouvelles places de marché pour les secteursde la billetterie, de l'artisanat et du textile».

En plus de ces différentes actions, M. Koôli donne toute son importance à «l'amélioration de la formation des experts juridiques dans le domaine des Tic et des centres d'arbitrage en matière de litige du commerce électronique».

On apprend par ailleurs que pour mieux organiser mais aussi et surtout pour garantir une véritable dynamique au secteur, l'on s'apprête actuellement à mettre en place toute une structure chargée (agence technique) du développement du commerce électronique.

Pour M. Walid Kooli, «cette structure aura pour vocationl'encadrement, l'aiguillage, le conseil, l'assistance et le suivi des entreprises (PME, TPE) dans leurs projets e-commerce (SOS-e-commerce)».

De même, cette structure englobera une pépinière de projets innovants dans le domaine des services électroniques (E-services) par les nouveaux promoteurs et diplômés du supérieur.

Cette structure comportera un guichet unique qui rassemblera toutes les procédures nécessaires pour le lancement de sites de vente de biens et services en ligne, à savoir la certification électronique, le kit de paiement de la Poste (e-dinar), le kit de paiement SPS-SMT .

(SOURCE : La Presse)