Google nommé Joseph Mucheru à la direction de ces nouvelles activités

L'éditorial du mois

En annonçant l’ouverture de son premier bureau en Afrique sub-saharienne, Google s’est définitivement engagé à sortir de la zone géographique de confort que constituent l’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud aux yeux de la plupart des investisseurs internationaux. Le Kenya a été choisi comme camp de base de ce qui deviendra probablement une activité sous-régionale. Joseph Mucheru, ancien directeur général de Wananchi a été nommé responsable local pour le Kenya et bien qu’il vient juste de prendre les rênes, Russell Southwood s’est entretenu avec lui des projets de Google, des initiatives en termes d’infrastructure et du projet loi du gouvernement du Kenya relatif à la communication et aux médias.

Q : Avec l’accroissement de la concurrence au Kenya, les secteurs des télécommunications et de l’Internet sont des marchés prometteurs, alors pourquoi avez-vous quitté Wananchi ?

En termes de stratégie commerciale, Wananchi s’est positionné dans la construction d’infrastructure. Il va sans dire qu’il a de gros besoins dans ce domaine mais j’ai toujours eu une passion pour les applications et le contenu. Dans le passé, j’ai souvent eu à m’intéresser à l’infrastructure pour soutenir mon activité dans le domaine de l’Internet.

C’est aussi la première fois qu’un fournisseur international de contenu comme Google entre sur ce marché. C’est très intéressant et c’est une autre raison pour laquelle j’ai décidé de travailleur avec eux.

Q : Quels sont les projets de Google ?

Au départ, il s’agit de trois grands projets. En premier lieu, nous souhaitons optimiser l’usage des applications de Google dans la région. Nous comptons déjà beaucoup de clients dans la région, mais la progression du développement du marché est handicapée par l’absence d’un câble international de fibre optique offrant une bande passante à un prix abordable. Google a conscience de ce frein et est prêt à acheter de la bande passante internationale de telle sorte qu’au niveau local les utilisateurs n’ont pas besoin de payer le supplément qu’ils doivent payer en ce moment.

Google souhaite ensuite développer ses applications cartographiques et collecter des informations locales qui soient utiles et recherchables.

Enfin Google envisage d’utiliser ses applications marketing/publicité pour aider à donner au contenu local une valeur marchande. Beaucoup de personnes ont développé du contenu à caractère local, mais la plupart du temps, cela a été un échec. Nous espérons montrer des façons dede faire de la publicité qui peut soutenir la production de contenu. Si nous arrivons à le faire, cela permettra de créer des emplois et du travail.

N’oubliez pas que je viens seulement de joindre la compagnie ….

Q : Quel est votre rôle ?

Je suis le responsable local pour le Kenya à la tête de toute une équipe. Je serai impliqué dans la réalisation des initiatives à venir dans ce domaine.

La société est imposante dans sa taille, mais le travail se fait en petites équipes. J’aiderai dans l’identification des objectifs et je serai pro-acitivement engagé dans leur réalisation comme un entrepreneur.

Q : J’ai entendu dire que Google est aussi intéressé par les questions de réglementation ?

Tout à fait, Google s’intéresse à ce qui se passe en matière de réglementation et a une équipe spécialisée dans ce domaine. L’objectif est d’avoir quelqu’un dans chaque région. Ils souhaitent s’assurer que l’introduction de nouvelles réglementations bénéficient à l’ensemble de la population. Par conséquent, elle est prête à soutenir quelqu’un qui participera aux discussions concernant les mesures de réglementation. Ici au Kenya, par exemple, cette personne pourrait s’impliquer dans le projet de loi relatif aux communications et aux médias et Google apportera son soutien en termes d’expérience de ces questions que la société a acquise ailleurs.

Q : En tant que Kenyan, que pensez-vous de ces deux projets de loi ?

J’ai lu le projet de loi relatif aux communications et je pense qu’il y a certains points qui seront néfastes, en particuliers en ce qui concerne le commerce électronique. Le projet de loi par exemple suggère qu’il faille avoir une licence pour posséder un sous-domaine. Cela va à l’encontre de ce qui se passe en la matière au niveau international. Un autre point dans le projet de loi stipule que les organisations de certification devront avoir une licence. Dans la pratique, cela signifie que pour être reconnu, Verisign devrait obtenir une licence du régulateur au Kenya (CCK).

Q : Quels sont les problèmes avec le projet de loi sur les médias ?

Il y a un problème avec la licence des journalistes. Je suis certain que la proposition actuelle fonctionnerait avec le gouvernement que nous avons ce moment mais serait bien moins le cas sous un mauvais gouvernement.

Q : Quelle est la procédure de licence?

À l’heure actuelle, le projet stipule qu’une personne recevra une licence pour exercer la profession de journaliste sur la base d’un examen par le gouvernement de ses compétences professionnelles et de sa capacité de rédaction. Je comprends qu’il faut un moyen pour veiller au respect des standards mais il serait mieux de mettre en place une sorte de comité des médias chargé d’examiner les demandes de licence. Cet organisme aurait un conseil indépendant dans lequel le gouvernement aurait un simple siège égal à ceux des autres membres de ce conseil.

Q : Il me semble aussi que ce projet de loi manque de précision en matière de définition ?

En effet, le projet définit la production audiovisuelle comme englobant la production audio avec la radio et la production d’images comme la télévision. Il n’est pas clair si par exemple cette définition engloberait quelque chose comme You Tube.

Un autre point du projet de loi stipule que le régulateur (CCK) sera en charge d’établir un code de programmation du contenu. Je ne vois pas vraiment le CCK s’occuper de cette tâche. Il est encore temps de revoir ces différents points avant qu’ils ne deviennent des problèmes insurmontables.