La deuxième vie des PC en Afrique intéresse Microsoft

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«Il s’agit de créer une nouvelle filière de remise à neuf d’ordinateurs»

Barbara Kreissler, de l’Onudi, explique le partenariat avec la firme de Bill Gates.

Le monde entier a le droit d’avoir un PC fourni avec les programmes de Microsoft, qui équipent plus de 90% des ordinateurs en circulation. Même les petites et moyennes entreprises africaines, qui n’ont pourtant les moyens ni de se payer un PC ni de s’acquitter des licences nécessaires pour utiliser ses logiciels. Le leader mondial de l’informatique l’a annoncé en fin de semaine à Ouagadougou (Burkina Faso) lors d’un forum sur les nouvelles technologies organisé par Microsoft en collaboration avec la Banque africaine de développement (BAD) et l’ONU. Une annonce sur fond de grandes manœuvres des géants du high-tech dans les pays émergents et de montée en puissance des logiciels libres sur ces marchés pas encore solvables.

A la différence de « One Laptop per Child » ­(OLPC), projet du MIT de Boston initié par le chercheur Nicholas Negroponte, et du « Classmate » d’Intel, le programme de Microsoft ne vise pas à créer de toutes pièces un ordinateur très bon marché à destination des pays pauvres. Comme dans les pays riches où Microsoft recycle depuis des années déjà des PC pour leur donner une deuxième vie dans les écoles des zones défavorisées, il s’agit de faire bénéficier les PME africaines d’un programme qui présente l’avantage d’habituer les utilisateurs à penser Windows lorsqu’ils allument leurs ordinateurs.

Issus de donateurs des pays riches, pour l’essentiel des entreprises (à eux seuls, les Etats-Unis mettent à la retraite 70 millions d’ordinateurs chaque année), les PC seront reconditionnés avec des logiciels Microsoft avant d’être revendus à des prix très modiques. « D’ici à 2010, un milliard d’ordinateurs devront être recyclés dans le monde, et l’Afrique pourra bénéficier de plus de la moitié d’entre eux », a promis Cheikh Diarra, le patron de Microsoft Afrique, selon qui il existe une très forte demande. D’après Jean-Philippe Courtois, président de Microsoft International, ce projet pourrait coûter à la firme américaine plusieurs dizaines de millions de dollars.

« Nous allons aider dans les quinze ans à venir à la transformation du système éducatif en donnant un accès plus large aux nouvelles technologies partout en Afrique » et en promouvant les « talents locaux », a affirmé Jean-Philippe Courtois. Selon lui, en quinze ans de présence en Afrique, Microsoft a déjà formé 200 000 éducateurs qui ont formé à leur tour 23 millions d’étudiants. Monté en collaboration avec l’Onudi, le programme d’aide au développement industriel des Nations unies, ce projet n’est qu’une facette de son programme dit de « potentiel illimité » qui montre bien les immenses ambitions de Microsoft pour équiper la planète en ordinateurs.

Ce projet vise, d’ici à 2020, à fournir des nouvelles technologies aux 5 milliards d’habitants de la planète qui n’y ont toujours pas accès.

(SOURCE : Libération)