NTIC EN AFRIQUE, Les grands vont-ils se faire du fric ?

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Conférence sur l’investissement TIC en Afrique de l’Ouest et Centrale, fin 2006, à Bamako, au Mali, Office en wolof au Sénégal, renforcement de la présence de Microsoft en Tunisie… décidément, les grandes puissances informatiques sont en train de se ruer vers l’Afrique : seul continent qui, à quelques exceptions près, semble se désintéresser des nouvelles technologies de l’information et des mannes financières qu’elles peuvent apporter.

Des appétits de longue date

Cet intérêt ne date pas d’hier. Lancé en avril 2003, le programme Connectivité Afrique apporte soutien aux technologies de l’information et de la communication en Afrique. Il s’attache prioritairement aux projets TIC relatifs à l’innovation et à la recherche et développement sur le continent. L’enveloppe allouée à Connectivité Afrique, pour trois ans, s’élevait à 15 millions de dollars canadiens émanant du Fond Canadien pour l’Afrique.

Notons que ce programme vient, d’une certaine manière, compléter le projet Acacia, lancé en 1996, plus orienté vers la recherche. Ainsi, l’un des projets dénommé «African Regional Internet Peering» et soutenu par Connectivité Afrique vise à établir un réseau continental pour mettre fin à une situation qui handicape les fournisseurs d’accès africains, obligés de passer par l’Europe ou les Etats-Unis pour assurer leurs prestations. Ceci dit, quatre ans plus tard, le Kenya, le Mozambique ou encore le Nigeria – pays auxquels ce programme a particulièrement profité – ne sont toujours pas réputés en tant que start-ups en la matière.

Tunisie : bonne volonté… et après ?

En Tunisie, la situation semble différente. Du moins, vue du Net. Ainsi, le programme du Ministère des Technologies de la Communication publié par Infocom promet la généralisation progressive du haut débit (ADSL) pour la connexion au réseau Internet, une opportunité numérique pour tous et dans toutes les régions. D’ici 2009, le parc national en ordinateurs doit atteindre le nombre d'un million en 2009. Un chiffre plutôt réaliste, vu que, selon la société Mips, plus de cinq cents ordinateurs portables sont vendus tous les jours sur le territoire tunisien. Sans parler des stationnaires.

Quant à la possibilité pour chaque citoyen d'avoir une adresse électronique, elle devrait se concrétiser bien avant la fin de 2009. Le tout sur fond de renforcement du programme «ordinateur familial » pour atteindre un taux de pénétration dans les foyers de 16% à l’horizon 2009 et d’encouragements au profit de tout jeune qui créerait un projet dans le domaine des technologies de la communication. Autant de mesures alléchantes pour les grosses boîtes informatiques qui commencent à s’essouffler sur les territoires conquis. C’est l’une des explications de la percée des « grands » en Tunisie. Et de leurs associations… Ainsi, dans la création du Microsoft Innovation Center tunisien, il n’y a pas que la bande à Bill. HP a aussi sa part du gâteau. Et quand HP s’y met, généralement, cela finit par rapporter. Donc, ce n’est pas seulement par philanthropie et pour contribuer à l’instauration de l’Economie du Savoir et au rayonnement régional de la Tunisie que ces deux grosses boites s’installent sous le ciel local. Mais, quelles que soient les motivations des deux géants, cela signifie qu’ils sont confiants quant à leur avenir en Tunisie.

Reste à savoir ce qu’en pensent les graveurs de logiciels en tout genre qui ne se laisseront pas faire même si le Bon Dieu ou, pire encore, Bill Gates leur apparaissait en personne. Et aussi les différents organismes impliqués dans l’obtention de la tant désirée ligne ADSL.

(SOURCE : Tunis Hebdo)