Réunion à huis clos pour examiner les états financiers de Gabon Telecom et Libertis en 2006

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Une vingtaine de cadres de l'administration publique se sont réunis samedi à huis clos pour examiner les états financiers de Gabon Telecom et sa filiale Libertis dont la gestion avant sa privatisation en février dernier et les conditions de cette privatisation sont au coeur d'un véritable lynchage médiatique.

La réunion présidé par le ministre délégué aux finances, Alexandre Barro Chambrier qui avait à ses côtés le ministre délégué à la communication, Rigobert Ikambouayat Ndeka a eu lieu au Delta postal, siège du groupe.

Les journalistes qui ont effectué le long déplacement vers ce "bunker" situé dans la périphérie nord de Libreville ont été tenu en respect par des vigiles excités à souhait par les organisateurs de cette réunion de très haute importance, selon un communiqué publié dans la presse.

Depuis quelques mois, la presse gabonaise multiplie les révélations sur la gestion de cette ancienne entreprise publique peu avant sa privatisation en février 2007.

L'ancienne équipe dirigeante est accusée d'avoir pillé l'entreprise en s'octroyant des salaires et avantages faramineux.

Les anciens Présidents directeurs généraux (PDG) de Gabon Telecom, par exemple, sont accusés, sans preuves écrites, d'avoir bénéficié d'un salaire mensuel de 60 millions de FCFA auquel il fallait ajouter des primes pouvant avoisiner 50 millions de FCFA par mois.

La presse s'est également déchaînée contre la privatisation de l'entreprise dont 51% du capital sont désormais détenu par Maroc Télecom.

Selon les révélations de la presse gabonaise, Gabon Telecom a été bradée aux « amis marocains ». L'audit mené pour évaluer la valeur réelle de l'entreprise aurait été simplement truqué.

Aucun accusé n'a officiellement démenti ces allégations. La Direction générale du groupe gérée par le marocain Mostapha Laarabi garde également un silence de marbre.

Vendredi dernier, dans un point de presse, le Syndicat des professionnels des Postes et télécommunications (SYPROPOSTEL), a tiré sur la sonnette d'alarme en soupçonnant les nouveaux patrons aux commandes de préparer une nouvelle vague de licenciement d'une grande partie du personnel.

Un dernier audit aurait révélé un déficit de l'ordre de 90 milliards de FCFA dans les comptes de l'entreprise, selon le SYPROPOSTEL.

Le syndicat averti que le personnel ne doit pas faire les frais d'une situation dont il n'est pas responsable.

« Le gouvernement doit punir les auteurs des tels actes », a martelé Guy Jonas Lingombé au nom du bureau exécutif du SYPROPOSTEL.

Gabon Telecom détient le monopole de la téléphonie fixe (près de 40 000 lignes) dans le pays. Sa filiale Libertis est l'un des trois opérateurs de la téléphonie mobile.

(SOURCE : Gabonews)