LE MARCHE SUD-AFRICAIN DE LA TELEPHONIE FIXE S'OUVRE A LA CONCURRENCE

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L'ouverture à la concurrence du marché sud-africain de la téléphonie fixe, réclamée et annoncée de longue date, a pris corps jeudi avec le lancement des activités de Neotel, un deuxième opérateur qui met fin au monopole du groupe public Telkom. »Neotel a officiellement lancé la compétition dans la téléphonie fixe avec le lancement de ses premiers services», a indiqué dans un communiqué la société qui affiche sa volonté de »changer le paysage des télécommunications» en Afrique du Sud, première puissance économique du continent.

»Nous espérons déclencher une révolution des télécommunications» en Afrique du Sud, a lancé Ajay Pandey, directeur général du groupe, lors d'une cérémonie dans la banlieue de Johannesburg.

L'offre de Neotel, qui était jusqu'à ce jour connu sous le nom de Second opérateur national (SNO), ne porte pour l'heure que sur la vente en gros à de trafic international (bande passante de et vers l'Afrique du Sud).

»Nous tablons sur des investissements cumulés de plus de 11 milliards de rands (1,2 md EUR) au cours de nos dix premières années d'exploitation,» a souligné M. Pandey.

L'offre aux entreprises devrait être disponible d'ici décembre et l'offre au particuliers en mars 2007.

Annoncée en 2002, la mise en place de ce deuxième opérateur a été maintes fois reportée, provoquant la colère des associations de défense des consommateurs. L'attribution de la licence a finalement été décidée en décembre 2005 par l'Autorité indépendante des communications d'Afrique du Sud (Icasa).

»C'est un grand pas en avant, mais il est regrettable que cela arrive aussi tard par rapport au calendrier initial. Le monopole de Telkom s'est officiellement achevé en 2002, mais il a fallu attendre quatre ans pour avoir un deuxième opérateur», souligne Charley Lewis, enseignant au centre LINK, à l'université de Wits à Johannesburg.

Pourquoi un tel retard par rapport au calendrier annoncé ?

»Un ensemble de raisons: la lenteur du ministère des communications, un manque de volonté politique et l'extrême complexité de la mise en place d'un consortium (respectant le cahier des charges)», estime-t-il.

Le groupe indien Tata, les groupes publics Eskom (électricité) et Transnet (transport) sont les principaux actionnaires de Neotel.

Nombre d'analystes mettent cependant en garde contre des attentes démesurées concernant les prix des télécommunications et de l'accès à internet.

»C'est un pas dans la bonne direction, c'est une bonne nouvelle. Mais, à court terme cela ne devrait pas avoir un énorme impact. Ce sera progressif», estime Andrew Kingston, analyste de Sanlam Investment Management, basé au Cap (sud-ouest).

Selon M. Lewis, »Telkom doit évidemment s'inquiéter de l'arrivée de cet opérateur mais le groupe a eu de longues années pour s'y préparer. Et je suis certain qu'il continuera à dominer le marché du fixe pour de très nombreuses années».

Telkom, détenu à 38% par le gouvernement, emploie quelque 30.000 personnes.

Il détient une participation de 50% dans le groupe de téléphonie mobile Vodacom, à parité avec le groupe britannique Vodafone.

A la fin 2005, l'Afrique du Sud comptait 4,7 millions de lignes fixes et 31 millions d'abonnés au téléphone mobile, pour 47 millions d'habitants.

(SOURCE : Tageblatt)