POURQUOI LA LICENCE DU MOBILE N'EST PAS EXPLOITEE PAR CAMTEL ?

Actualités Télécom

La privatisation en cours de l'entreprise n'est pas étrangère à ce qui apparaît comme un blocage.

L'enthousiasme suscité par l'annonce, le 16 mai dernier, de l'entrée en scène d'un troisième opérateur de téléphonie mobile s'émousse peu à peu. En effet, la Cameroon Mobile Telecommunications (CMT) S.A., filiale de la Cameroon Telecommunications (CAMTEL), opérateur historique de téléphone fixe, tarde à entrer en activité, alors qu'après la signature de son acte de naissance, à l'occasion d'une assemblée générale constitutive tenue à Yaoundé, le directeur général de CAMTEL, David Nkoto Emane, déclarait à la presse que " très rapidement, nous allons mettre en exploitation la troisième licence du mobile. L'exploitation de cette troisième licence est très attendue par tous les Camerounais ".

En réalité, les vrais problèmes ont commencé à se poser une fois la CMT née. Car au départ, pour les promoteurs du projet, tout devait se réaliser comme planifié. Les bases de la nouvelle entreprise ayant été posée dans les règles de l'art : création d'une division de la radiophonie mobile rattachée à la direction générale de CAMTEL, laquelle division a conduit l'étude de faisabilité et de rentabilité du projet et a rendu son rapport, d'où il ressort de source bien informée qu'" il n'y a pas de raison à ce que CAMTEL n'investisse pas dans la téléphonie mobile ", un secteur en plein essor où des parts importantes de marché sont encore à conquérir, malgré la présence de deux opérateurs au professionnalisme éprouvé. Bien plus, au plan financier, le jeu en valait la chandelle. Le capital social de la CMT n'était que de 600 millions de F CFA, répartis entre la Société nationale d'investissement (SNI) qui détient 10% et CAMTEL.

Au plan logistique, CAMTEL n'avait pas non plus, affirme-t-on, de grands soucis à se faire, ses pylônes pouvant accueillir aisément les équipements du mobile.

Seulement, pour devenir opérationnelle, la CMT a besoin d'un accord de concession délivré en bonne et due forme par l'autorité de régulation du secteur. A ce jour, le précieux sésame n'est pas encore obtenu. Selon des sources concordantes, les autorités compétentes en la matière estiment que CAMTEL ne doit pas débuter l'exploitation de la licence du mobile avant l'aboutissement du processus de privatisation en cours. Les défenseurs de cette thèse soutiennent qu'il vaut mieux que ce soit le repreneur de CAMTEL qui engage l'exploitation du mobile. Les choses en sont là aujourd'hui. Les consommateurs qui espéraient voir la concurrence relancée dans le secteur (baisse éventuelle des tarifs de communication) avec l'arrivée du troisième opérateur attendront encore certainement bien longtemps.

(SOURCE : Cameroon Tribune)