LE CAMEROUN A L'HEURE DU TYPOSQUATTING

Actualités Internet

Des tripatouillages ont été opérés sur le nom de domaine " .cm "... depuis le Canada.

Les habitués des forums informatiques sur le net n'ont certainement pas loupé la nouvelle. En tout cas, dans les milieux où l'on parle réseau et gouvernance Internet, il était difficile d'échapper à ce scandale au coeur duquel s'est retrouvé, malgré lui, le Cameroun. On reproche en fait au Cameroun de pratiquer le " typosquatting de masse " sur des noms de domaine non déclarés officiellement. Derrière ce mot savant de typosquatting se cache une tricherie toute simple bien connue des trafiquants de l'internet qui profitent des erreurs de frappe des internaute pour squater dans des domaines qui ne sont pas les leur.

Plus prosaïquement, c'est une technique qui repose sur la probabilité qu'un certain nombre d'utilisateurs feront un jour une faute de frappe en utilisant par mégarde une touche proche de celle correspondant à la lettre correcte, en oubliant une lettre, ou en se trompant de nom de domaine (par exemple " .com " à la place de " .fr ", ou encore gookle.com à la place de google.com).

Dans le cas d'espèce, il s'est trouvé que c'est le nom de domaine " .cm " (celui du Cameroun) qui était au centre du typosquatting. Il suffisait de taper une adresse du genre www.airfrance.cm, ou encore www.ibm.cm pour ce retrouver directement sur un site d'annonce publicitaires qui, curieusement, n'avaient aucun lien avec le Cameroun. Le manège a duré près de deux semaines, avant que le propriétaire du site daigne mettre les choses dans l'ordre.

Aujourd'hui, une faute de frappe sur une adresse Url comportant le suffixe " .cm " (exemple : www.google.cm) vous renverra une page d'erreur normale codifiée par les usages web, plutôt que de pointer vers un opérateur que n'avez jamais désiré. Ce qui n'était pas le cas la semaine dernière. On ignore encore s'il a fallu pour cela une intervention de l'Icann, l'organisme chargé de la régulation des noms de domaines sur Internet, toujours est-il que le suffixe " .cm ", géré par Camnet sort d'un cafouillage qui n'est pas passé inaperçu, tout au moins par les professionnels de l'administration des réseaux.

Pour l'instant, les informations dont on dispose laissent entendre que l'opérateur de ce dispositif malicieux de détournement de trafic est basé à Vancouver au Canada. Il s'agirait de NameView, une société déjà connue pour ce type de pratique.

Reste que l'image du Cameroun reste passablement écornée par cet autre épisode du typosquatting, pratique pourtant anodine, mais dont les revers peuvent être incalculables : manque d'attrait pour le nom de domaine " .cm ", qui peine déjà à s'imposer dans la galaxie des Top level domains à caractère géographique ; le risque pour les détenteurs de nom de domaine " .cm " de se voir indexés sur la liste noire des moteurs de recherche... Et de quelque manière que ce soit, cette pratique, par ailleurs très lucrative, est loin de profiter au Cameroun puisqu'elle déporte les internautes vers d'autres horizons, le Canada en l'occurrence. La vraie question qui se pose aujourd'hui, c'est de savoir qu'elle est la capacité du Cameroun (notamment à travers son gestionnaire de nom de domaine) à réagir face à pareille attaque ? En tout cas, pour ce cas précis de ce tripatouillage du nom de domaine " .cm ", l'alerte est venue de bien loin... Donc, vigilance !

(SOURCE : Le Quotidien Mutations)