EN AFRIQUE DU SUD, THALES TENTE D'ECHAPPER A UN PROCES POUR CORRUPTION

Actualités informatiques

Le groupe français d'électronique de défense Thales (Paris: FR0000121329 - actualité) , dont deux filiales sont inculpées pour corruption par la justice sud-africaine, a lancé une vaste bataille procédurale pour tenter d'échapper au plus grand procès politico-financier de l'ère post-apartheid. Thales est soupçonné d'avoir conclu un pacte de corruption avec l'ancien vice-président Jacob Zuma, également poursuivi par la justice, en vue d'obtenir sa protection dans des enquêtes sur les conditions d'attribution de contrats d'armement publics.

L'issue de ce dossier, complexe, parfois difficile à démêler, se joue à compter de mardi devant la Haute Cour de Pietermaritzburg (est).

Pendant quelques mois, Thalès pensait en avoir fini avec la justice sud-africaine.

Le 11 octobre 2004, le juge Hillary Squires, de la Haute cour de Durban (est) annonçait que les charges visant les filiales du groupe français mises en cause étaient "abandonnées" en vertu d'un accord passé avec l'accusation.

Un an an plus tard, novembre 2005, les services du procureur national sud-africain (NPA), annoncaient que les deux filiales sud-africaines du groupe d'électronique de défense, Thint Holding et Thint, comparaîtraient pour "corruption", aux côtés de Zuma.

Thales affirme qu'en l'absence d'éléments nouveaux, l'accord passé avec l'accusation empêche toute nouvelle poursuite judiciaire.

L'accusation de son côté affirme que le groupe français n'a pas tenu ses engagements et tenté de contourner l'accord.

Au coeur du dossier, figure un fax codé dont l'origine, la finalité et la valeur juridique font l'objet de vifs débats.

Dans ce document, Alain Thétard, ex-dirigeant de la filiale sud-africaine de Thales, évoquait un "effort" du groupe français en échange de la "protection" du vice-président sud-africain sur des "enquêtes en cours".

Au terme d'un accord passé avec l'accusation prévoyant l'abandon des charges, Thétard, qui travaille aujourd'hui pour Thales International à Paris, a reconnu avoir rédigé la version manuscrite de ce fax.

Par la suite, il a cependant assuré, dans un autre courrier, qu'il s'agissait d'un simple "brouillon" sur lequel il aurait couché des idées en désordre. Il a précisé l'avoir jeté dans la corbeille à papier d'où il a, selon lui, pu être récupéré par la suite.

Par documents interposés, l'accusation et la défense se renvoient depuis la balle.

Selon Penuel Maduna, ministre de la Justice au moment de la négociation de cet "accord", la deuxième explication de Thétard était "une tentative cynique de saboter" le dossier de l'accusation et que le comportement du groupe français rend "nul et non avenu" l'accord passé.

Interrogé par téléphone par l'AFP, Pierre Moynot, directeur général de Thint, a affirmé de son côté que Thales n'avait rien voir dans cette affaire et était victime d'un "coup monté".

"Nous avons été extrêmement mal traités par l'Etat, je pense que tout cela est un coup monté. Nous avons été entrainés dans cette affaire si j'ose dire par hasard, car la personne visée ce n'est pas nous", a-t-il déclaré.

Le juge devrait mettre sa décision en délibéré.

Le groupe français devra par conséquent attendre plusieurs semaine pour savoir s'il échappera à un procès ou s'il devra s'expliquer finalement sur le fond devant la justice sud-africaine.

(SOURCE : AFP)