Les faiblesses de la formation Informatique a Ile Maurice

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Le constat est sans appel : il y a eu rush pour les cours en informatique dispensés à l'université de Maurice et par d'autres institutions locales mais en revanche, le secteur informatique n'a toujours pas décollé. Des spécialistes ainsi que le ministre Sinatambou s'accordent à dire que la formation dans ce domaine pose problème.

L'Infinity BPO, qui a connu une croissance phénoménale, ne compte pas dormir sur ses lauriers. La compagnie prévoit une prochaine expansion dans les mois à venir.

Le rêve est resté rêve. Le secteur informatique, qui a un énorme potentiel de croissance, à Maurice n'a toujours pas décollé. Le schéma de développement massif ne s'amorce toujours pas. Raison principale : Maurice n'est pas un site crédible en termes de ressources humaines pour les multinationales de l'informatique qui se délocalisent. En revanche, le Maroc, qui a commencé à investir dans les Technologies de l'Information et de la Communication (Tic) en même temps que Maurice, compte déjà environ 30 000 salariés dans ce secteur.

Les décideurs locaux sont unanimes : Maurice, qui pourrait créer environ 50 000 emplois dans le secteur des Tic, n'a pas encore trouvé la formule idéale pour la formation de ses informaticiens. Le ministre responsable du secteur informatique, Etienne Sinatambou, confie qu'il y a un mismatch entre la formation de nos informaticiens et les exigences des firmes en termes de compétence.

Jean Suzanne, conseiller du Premier ministre Navin Ramgoolam en développement informatique et directeur d'Infinity BPO, pointe lui aussi du doigt la formation dispensée à l'université de Maurice. Dans un rapport remis au bureau du Premier ministre depuis l'année dernière, il demande à mettre notre système éducatif en matière de nouvelle technologie en phase avec les standards internationaux.

John Smith, investisseur d'origine britannique qui a récemment sous-contracté une partie du développement de ses logiciels à Maurice parle, lui, de "gap between skills supplied and those required" et de "total absence of problem solving ability at a very fundemental level" de la part des diplômés en informatique de l'université de Maurice.

Amer de son expérience mauricienne, cet investisseur ajoute : "Very few of the candidates, I came across, had solving ability and the one that did were almost exclusively non-graduates." Il suggère que Maurice aille dans une autre direction pour acquérir une crédibilité et une exposition internationale à travers une révolution avec l'Extreme Programing (voir hors-texte).

L'aptitude à résoudre des problèmes et à être créatif et inventif est aussi une des préoccupations de la firme indienne, Infosys, qui tient un examen d'entrée expressément pour jauger les diplômés de l'université de Maurice en termes de "problem solving aptitude". "The best qualified graduates with local BSc in Computer science come from the University of Mauritius because entry level requirements there are very high, explique un des responsables d'Infosys. But often the best of these graduates don't have any problem solving ability. We will never hire such a graduate. We would rather hire someone not having very good results or even poor results, but with a good problem solving ability and train him for at least one year."

Le mismatch ne vient pas seulement des diplômés de l'université de Maurice. L'université de technologie et d'autres institutions tertiaires, qui offrent plusieurs filières informatiques, produisent aussi des diplômés qui n'ont pas le "standard international". Cela ne veut pas dire qu'ils ne trouvent pas de l'emploi. Ils sont recrutés et formés, souvent pendant plus d'une année par les 150 entreprises informatiques que compte le pays.

"Et gare aux débauchage, prévient un investisseur français installé depuis bientôt cinq ans à Maurice, sous couvert de l'anonymat "en raison de l'hyper susceptibilité des autorités des autorités et ministres mauriciens face à la critique. Souvent après la formation, ces gens travaillent pendant moins d'une année avant d'opter pour une autre boîte pour quelques milliers de roupies en plus. Il faut alors recommencer tout le processus avec d'autres frais émoulus de l'université. Il n'y a donc pas un bassin important d'informaticiens expérimentés et pas de bons techniciens non plus. On a recours à des bricoleurs. Ainsi, ce n'est pas demain la veille que ce secteur décollera à Maurice."

(SOURCE : L’Express)