LE PREFET FERME LE MARCHE NOIR DES TELEPHONES A DOUALA

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Les "tacleurs" de téléphones portables restent présents au lieu dit " Dubaï ", malgré l'interdiction du sous-préfet de Douala 1er.

Depuis mercredi 11 octobre, les policiers du commissariat central n°1 de Douala et les "tacleurs" (commerçants de téléphones portables) sont au coude à coude au "Carrefour Dubaï". A l'origine de la discorde : la décision sous-préfectorale N° 170/D/C19/01/SP portant "interdiction de tout rassemblement, tout stationnement et toute installation a des fins de négoce sur la voie publique". Le lieu dit "Carrefour Dubaï" est situé à l'intercession entre le boulevard de la Liberté et la rue Castelnau. Depuis environ quatre ans, un marché de téléphones portables s'y est développé. En dehors des boutiques régulièrement installées, l'on y trouve des échoppes qui proposent des téléphones portables et des accessoires.

"La police vient de m'arracher six sacs de chargeurs d'une valeur totale de 50 000 Fcfa. On nous demande de partir d'ici. Mais où pourrions - nous aller ?", se plaint Jules, un des nombreux vendeurs de téléphones pourchassés. Dépité, le gaillard ne sait plus où donner la tête. "C'est ici que mous gagnons notre pain et j'ai toute une famille à nourrir ", continue-t-il. Il ne manque cependant pas de dire sa ferme envie de rester. "Nous ne pouvons pas partir tant que Mtn est ici", explique-t-il. La raison est simple. Pour ces vendeurs, il y a toujours une chance de récupérer un client déçu à la direction commerciale de Mtn Cameroon. Dans cette guerre ouverte entre les forces de l'ordre et eux, Jules estime que la véritable cible n'est pas visée. "Le véritable problème, ce sont les enfants de la rue qui ne respectent pas les usagers", soutient - il.

Au carrefour Dubaï, l'on a plusieurs catégories de "tacleurs". Les commerciaux travaillent pour les différentes boutiques et gagnent 200 Fcfa par client. Ensuite, viennent les receleurs chargés de revendre les téléphones volés. Puis les réparateurs de téléphones, chargés de remettre en marche des téléphones qui sont par la suite revendus. Au bout de la chaîne, on a les vendeurs d'accessoires de téléphones. " Les téléphones neufs et de bonne qualité proviennent en majorité de Dubaï et de d'Europe", explique Alain, " tacleur". Il continue ses explications : "des téléphones volés par les enfants de la rue sont récupérés et proposés aux clients." Un téléphone acheté à 15 000 Fcfa peut être revendu à 20 000 Fcfa, voire plus si le client se laisse berner. Les bénéfices sont importants, quand la "marchandise" est écoulée.

Mais, depuis quelque temps, il y a baisse d'activité. "Les clients ont peur de venir parce qu'il y a la police", explique un tacleur. Le manque à gagner se fait sentir. C'est le cas de Félix : "je réactive le téléphone à 100 francs. Depuis mercredi, je ne gagne plus rien. Or en période normale, je faisais des recettes de deux à trois mille Fcfa chaque jour." Il souhaite que le sous - préfet revienne sur sa décision. "On pourrait installer un poste de police", propose-t-il.

Dans les boutiques, c'est plutôt le soulagement. Pour ce responsable de la boutique Wonder phone, "La décision du sous-préfet sécurise la zone." Et les "tacleurs" ?. "Ils empêchent aux clients de se retrouver dans la boutique, en leur proposant des pacotilles", explique-t-il. Un téléphone de grande valeur en boutique est ainsi proposé à vil prix dehors. Quelques jours après, il ne fonctionne plus. Depuis la ronde de la police, les propriétaires de boutiques rentrent vraiment dans leurs comptes. Marie Florence, une cliente, partage le même avis : "Il faut que ces gars partent. En septembre, j'ai acheté un téléphone de marque Siemens dans une boutique ici. À peine sorti, on me l'a arraché." Elle ne l'a jamais retrouvé.

Pour l'instant, vendeurs sur trottoirs et policiers jouent au chat et à la souris au lieu dit "Dubaï". Les "tacleurs" se cachent à l'arrivée de la police. Et lorsque que la police quitte les lieux, ils exercent librement leur activité.

(SOURCE : Le Messager)