Les réserves de MAURITIUS TELECOM convoitées par FRANCE TELECOM

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Forte de 40 % des parts dans MT, France Telecom voudrait récupérer sa portion dans les réserves de l'organisme. Mais l'État ne le voit pas de cet oeil.

France Telecom a fait une requête pour la distribution des réserves de la compagnie parmi les actionnaires. Avec 40 % des parts dans Mauritius Telecom, les Français auraient ainsi droit à Rs 3,36 milliards. Nous n'en sommes pas là. L'Etat préfère investir cet argent dans des projets "productifs".

Cette position de FT a fait l'objet d'une question parlementaire, ce mardi, à l'Assemblée nationale. Répondant au député de l'opposition Shekar Naidu, le ministre des Finances, Rama Sithanen, a confirmé la demande du partenaire français. L'Etat, en tant qu'actionnaire majoritaire, résiste. Avec raison.

"La position du gouvernement est que les réserves devront servir à des fins plus productives. A cet effet, le conseil d'administration de MT a requis de la direction un plan stratégique afin de placer la compagnie à l'avant-plan du développement de Maurice en une cyberîle, en utilisant l'expertise technologique de FT, le partenaire stratégique, et (afin) d'identifier des projets de développement viables", fait-il ressortir dans sa réponse liminaire.

Investir tant à Maurice que dans la région. Cependant, précise une source proche du Board, "tout investissement d'envergure de MT nécessite l'accord des deux principaux actionnaires que sont l'Etat et FT. Les Français y sont opposés. Cet argent s'est accumulé dans les réserves. Il fallait s'attendre à ce que les partenaires français demandent leurs parts de ce jackpot". Toujours selon une source proche du Board,les réserves de MT, de l'ordre de Rs 8,41 milliards fin 2005, ont été accumulées depuis sa création et non pas après l'arrivée des Français.

Mais le gros lot est effectivement à la portée des mains des Français. En novembre 2000, FT acquiert pour Rs 7,3 milliards, 40 % des parts de MT, avec, à la clé, des postes de responsabilités, un droit de veto et quatre des neuf sièges du conseil d'administration. Un calcul simple indique que FT récupérerait Rs 3,36 milliards.

"Il faut y résister. Je pense que Mauritius Telecom doit investir davantage pour avoir une organisation qui peut faire face à la compétition, dans un secteur libéralisé, où la compagnie ne détient plus aucun monopole", estime pourtant Prem Nababsing, l'ancien président du Board de MT.

Les investissements régionaux, explique un observateur des télécommunications, n'ont pas décollé ces dernières années. Cette source affirme que MT ne pouvait pas s'engager dans un marché africain où son concurrent direct serait FT, à travers ses filiales dans ces pays. Du coup, l'argent est resté entassé dans les réserves.

Les profits nets, après la taxe, sont distribués en trois tranches : les dividendes aux actionnaires, les réserves, et les investissements. Au cas où le conseil d'administration déciderait ne pas aller de l'avant avec un projet, le montant voté retourne aux réserves.

Déjà, Rimcom, la filiale représentant FT à Maurice, a engrangé de gros dividendes à la fin de l'année financière 2005. Selon les chiffres communiqués par Rama Sithanen, mardi, Rimcom a obtenu Rs 258,4 millions, sur des dividendes déclarés de Rs 646 millions. En termes de dividendes par action, les retours ont été de Rs 1,75 en 2004 alors qu'en 2005 le chiffre était de Rs 3,40.

"Il est clair que le gouvernement a cédé à la pression des Français pour obtenir des dividendes plus conséquents. Car dans le passé nous avions décidé de déclarer des dividendes ne dépassant pas les Rs 350 millions. A mon point de vue, il est inacceptable que Rs 646 millions soient versées aux actionnaires", commente Prem Nababsing, ancien président du conseil d'administration de MT.

(SOURCE : L'Express)