Infotech - un virage à négocier à lA MAURITIENNNE

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Infotech a tout pour plaire : il est bien gadgétisé avec plein d'accessoires. Une visite à l'exposition promet d'être agréable. Du reste, cet événement annuel est devenu un rendez-vous que des dizaines de milliers de Mauriciens ne ratent pas. Pourtant, il ne faut pas perdre de vue l'essentiel : la plupart d'entre nous éprouvent encore une totale indifférence par rapport à l'informatique.

En dépit de l'intérêt proclamé du précédent gouvernement pour l'informatique, celui-ci n'a pas été capable d'offrir aux citoyens une culture informatique minimale pour faciliter notre intégration dans la société de l'information. Il n'a pu honorer ses promesses d'introduire des outils d'apprentissage des TIC dans les écoles, ni de doter chaque établissement d'une liaison à l'Internet. Nous croyons avoir bien négocié le virage de l'ère informatique ? En fait, une majorité de nos écoliers n'a jamais vu d'ordinateur sauf dans les vitrines des magasins.

Il est vrai qu'un nombre appréciable de professionnels a appris à utiliser l'informatique comme outil de travail mais cette culture n'a pas imprégné les masses. Beaucoup de citoyens ordinaires auraient appris les notions de base de l'informatique s'ils pouvaient en tirer quelque avantage dans la vie courante. Or, malgré ses intentions pieuses, l'ancien gouvernement n'a pas fait avancer les projets destinés à fournir par Internet des informations et des services aux citoyens. De plus, pour des raisons inconnues, le commerce électronique, non plus, n'a pas pris de l'essor chez nous.

L'ancien ministre de la Technologie informatique, Pradeep Jeeha, entendait développer le concept de signature numérique, outil indispensable pour accomplir un certain nombre de formalités en ligne. Une loi-cadre avait été rédigée à cet effet, puis il ne s'est rien passé. Cela aurait évité aux usagers d'avoir à se déplacer aux guichets des services publics pour payer des factures ou remplir des formulaires. En attendant, les queues aux comptoirs s'allongeront.

Le gouvernement actuel dépense, pour sa part, beaucoup d'énergie pour des manoeuvres politiciennes ciblant la BPML mais ne mène aucun programme de sensibilisation et d'initiation à l'informatique. Il n'a pas une politique de diffusion de la culture informatique. Bien entendu, il y a le projet de formation conçu par l'homme d'affaires indien, Appu Kuttan, mais il est trop coûteux.

Ce prestataire de services indien que le Premier ministre a rencontré lors d'un déjeuner organisé par des évangélistes aux Etats-Unis se propose d'inculquer des notions de base de l'informatique à quatre cent mille personnes en quatre ans. Il va délivrer, à la fin de son stage, un "Internet and Computing Core Certification" (IC3).

Ce projet d'Appu Kuttan, dont la société est engagée dans la formation "on-line" pour les élèves des régions défavorisées aux Etats-Unis, ne devrait pas être trop différent des cours de familiarisation que le NPCC organise depuis 2002. Sauf qu'il coûte beaucoup plus cher et qu'il est forcément moins adapté au contexte local.

Il est surprenant que le "Computer Proficiency Programme", placé sous l'égide du NPCC, et qui a permis à l'Etat de former sans frais 50 000 personnes en quatre ans sera abandonné. Le gouvernement n'a pas cru utile, non plus, de se tourner vers les institutions comme l'université de Maurice, le MIE ou le MCA pour concevoir un cours de formation de base.

Les autoroutes de l'information et de la communication sont celles qui mènent vers les emplois à hauts revenus. Certains s'y engagent avec empressement. D'autres restent stationnés en bordure de route.

(SOURCE : L'Express)