Le raid de Siemens projète une nouvelle lumière sur le côté un peu louche de l’achat et la vente d’équipement de télécommunications

L'éditorial du mois

La semaine dernière, la police a effectué à Munich une descente dans les bureaux de Siemens, le fabricant de matériel de télécommunications. L’enquête n’en est encore qu’à son début mais selon le rapport de l’hebdomadaire allemand Focus, l’affaire pourrait impliquer une somme d’argent supérieure à 128 millions de dollars US distribuée sous forme de pots de vin pour permettre à la société de remporter des contrats. Russell Southwood analyse ce phénomène pour voir si c’est un cas isolé dans un secteur ou une concurrence sans merci semble aller de pair avec les dépenses « marketing ».

Selon l’édition en ligne de Spiegel, deux membres du conseil d’administration de Siemens COM, le département des communications fixes de la société, ont été interrogés parmi une douzaine de personnes au centre de l’enquête en cours. Le raid en question n’était pas une petite affaire dans la mesure où il a impliqué 270 inspecteurs des impôts, officiers et inspecteurs de police.

La bande des « douze » est sous examen pour avoir utilisé de l’argent pour des pots de vin pour gagner des contrats, en utilisant des comptes en banque en Suisse pour distribuer les montants vers des sociétés fictives off-shores. « Selon les résultats de notre enquête, nous avons des raisons de suspecter que Siemens possédait des comptes en banque … … que la société utilisait pour ouvrir de nouveaux marchés en faisant des paiements secrets à des partenaires commerciaux existants et potentiels » explique Jeannette Balmer, l’attaché de presse du procureur à Ber en Suisse.

Bien que le contrat au centre de cette enquête soit un contrat de sécurité pour les Jeux Olympiques, les contrats de télécommunications de Siements sous inspection incluent des accords en Egypte, en Arabie Saoudite, au Koweit, en Indonésie et au Vietnam.

Ceux qui n’ont pas une mémoire trop courte se rappelleront qu’en mai 2002, la police algérienne a prouvé des allégations de pots de vin lors de l’attribution à Siemens d’un contrat pour l’extension de 400,000 lignes GSM pour Algérie Telecom.

La commission au sein de l’agence de régulation a d’abord eu des suspicions lors de la lecture du rapport final d’offres soumis au Ministre des Postes et Télécommunications. Les éléments justifiant l’éviction des offres d’Alcatel et Motorola au profit de celle de Siemens leur ont paru infondés.

Le quotidien local Liberté a ensuite affirmé que les représentants officiels du Ministère avaient pris l’avion pour Munich via Paris aux frais de Siemens juste avant l’annonce du nom de la société remportant l’offre de prestation. Il a aussi été dit qu’un représentant du Ministère a modifié le rapport final pour favoriser l’offre de Siemens.

La croissance des activités des équipementiers de télécommunications fixes n’a pas été bonne et la nouvelle du raid de la semaine dernière ne va pas arranger les affaires de Siemens dont l’unité en question va être fusionné avec l’unité fixe de Nokia.

Les enquêtes de police n’ont pas seulement pointé en direction de l’équipementier allemand mais aussi vers Alcatel. Selon certaines allégations, l’équipementier français de matériel de communication aurait distribué des pots de vin au Kénya, en Tanzanie,au Nigéria et au Soudan pour un montant de 13 millions de dollars US via une société suisse Teliac SA. Selon le site www.againstcorruption.org le magistrat parisien, Pierre Courroye en charge de l’enquête a trouvé deux paiements effectués par Alcatel vers la société suisse Teliac SA lors de l’examen des transferts bancaires de cette société.

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http://www.balancingact-africa.com/news/current1.html

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