Le Blog est encore mal connu AU CAMEROUN

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Les Camerounais ne maîtrisent pas encore son utilisation. Pourtant, le service présente des avantages importants.

" Connaissez-vous ce qu'est un blog ? " Dans les rues de Douala, la capitale économique du Cameroun, la réponse à cette question est quasiment identique. Tous les personnes ou presque ignorent ce qu'est un blog. Certains en ont entendu parler de manière vague. Gérard est co-présentateur d'une émission de cinéma dans une radio de la ville. Il a créé son blog voici quelques mois. Le sien est une interface Internet de son émission radio. " Mon blog me permet de créer un lien entre les auditeurs et nous (co-présentateurs, Ndlr), en dehors de l'émission, de recueillir leurs avis, leurs critiques ", explique Gérard. L'idée lui était venue d'un ami qui en avait déjà un.

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Comme Gérard, Frédéric Mbanga a un blog. Etudiant en sciences économiques à l'université de Douala, il a créé le sien en avril 2006. " Je voulais un espace personnel pour discuter avec des amis et des connaissances du monde entier sur le domaine dans lequel je veux faire carrière ", affirme ce gaillard de 26 ans. Avec Gérard et d'autres personnes, ils sont considérés comme des privilégiés. Tellement la connaissance de type de service sur Internet est mal connue dans cet environnement.

Le blog est en réalité un site web personnel. Il est tenu par une ou plusieurs personnes. Encore appelées 'blogueurs', les créateurs d'un blog s'expriment sur leur site selon une périodicité de leur choix sous la forme d'énoncés datés. Il s'agit de textes, souvent enrichis, et d'éléments multimédias (photo, vidéo, son, etc.) sur lequel chaque lecteur peut laisser ses commentaires.

Les premiers blogs ont apparu aux Etats-Unis vers la fin des années 90. Ils recensaient des pages web jugées intéressantes par l'auteur du blog. Aujourd'hui, les blogs tendent à mettre à profit les fonctions multimédia de la toile et attirent des centaines de millions d'internautes.

Pour les créateurs, il s'agit de faire passer ses idées, les échanger, les partager avec d'autres personnes.

Au Cameroun l'envol est donc pénible. " En général, les gens viennent surfer pour correspondre ou faire des recherches sommaires. Ils ne pensent pas à créer ce genre de chose ", explique Roland Biolo, gérant d'un cyber-café à Ndogbong proche de l'université de Douala.

Pourtant, la création d'un blog, ainsi que l'explique Magloire Honoré Onambélé, est simple. Selon lui, trois principales méthodes sont possibles. " Vous pouvez utiliser un des très nombreux services de création de blog en ligne (skyblog, lycos, over-blog, etc., Ndlr). Soit alors vous utilisez un script de blog et c'est plus facile ", explique cet ingénieur informaticien. La troisième méthode, plus difficile, est réservée aux personnes connaissant bien la création de sites web. " Il s'agit dans ce cas de créer son propre blog comme on le fait pour un site web ", conclut-il.

Gérard avoue n'avoir eu aucune difficulté. Tout comme plusieurs créateurs de blogs rencontrés dans la capitale économique. " Cela ne m'a pas pris plus de 30 min pour comprendre ", raconte Evelyne Sandjong. Les créateurs de blogs au Cameroun sont unanimes qu'il est facile d'en créer. Pour eux, la seule préoccupation est l'utilisation qu'on en fait.

60 millions d'Européens en moyenne seraient enclins à acheter un produit ou un service s'ils lisaient un commentaire positif sur un blog. Un Européen sur cinq a déjà changé d'avis par rapport à un produit ou un service après avoir lu une critique acerbe sur un blog. Les chiffres viennent d'une étude publiée par Ipsos récemment. Le pouvoir des blogs dans la consommation des ménages y est décrypté. " Le blog s'engouffre dans deux brèches. Primo, le scepticisme voire le rejet de la communication des marques, jugée très verticale et à sens unique. Secundo, la baisse de confiance dans les médias traditionnels ", souligne Alexis Helcmanocki, le directeur exécutif IT et télécoms chez Ipsos. En Afrique, et particulièrement au Cameroun, l'on est loin du même pouvoir.

(SOURCE : Le Messager)