TIC et musique, le marché du disque se meurt au burkina faso

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Dans les lignes qui suivent, notre confrère, le journaliste culturel Boureima Djiga, attire l'attention des uns et des autres sur un fait : les Technologies de l'information et de la communication (TIC) constituent une menace pour le marché du disque. Même si selon lui, le développement de ses outils est une opportunité pour la promotion culturelle et artistique.

Le développement des Technologies de l'information et de la communication est sans doute une opportunité pour la promotion culturelle et artistique, mais constitue une véritable menace pour le marché du disque. Si avant-hier on s'endettait pour acquérir un tourne-disque et hier pour se doter d'une chaîne HI-FI, aujourd'hui, il suffit de se procurer un CD vierge à moins d'1 euro (500 FCFA) ou une clé MP3 pour écouter ses musiques préférées.

C'est la raison pour laquelle les cybercafés ne désemplissent pas à cause de ces jeunes qui téléchargent gratuitement des musiques soit à partir de certains sites, soit par l'intermédiaire d'un camarade qui aurait envoyé par mail une quelconque nouveauté musicale, ou la meilleure chanson des Hits parades.

Les nombreux micro-ordinateurs, dont regorgent les administrations qui ne peuvent plus s'en passer, permettent aux employés d'enregistrer leurs musiques préférées qui sont écoutées en même temps qu'on saisit son texte ou pour tuer le temps. Ceux dotés de graveurs permettent de graver illégalement des musiques pour le voisin, le collègue ou l'ami, qui n'a pas besoin de débourser un kopeck, à moins que le stock de CD vierges de l'administration ne soit épuisé.

Plus besoin donc de faire le tour des discothèques à chaque fois qu'un mariage, un baptême ou un anniversaire pointe à l'horizon, ou dès qu'on entend un nouveau son à la radio. D'où la grave menace que représentent ces gravages illégaux pour le marché du disque. Les discothèques vivent au ralenti et les affaires des différentes usines de gravages et de duplication périclitent de jour en jour. L'une des plus célèbres d'entre elles, à savoir showbiz basée en Côte d'Ivoire, risque de connaître le même sort que JAT Music et MBA qui ont mis la clé sous le paillasson. Même Mali K7, qui avait l'avantage d'exister au pays des djélis qui sortent et vendent des quantités impressionnantes de K7, ne duplique plus le 1/4 de ses productions habituelles.

Seydoni Mali vit la même situation et son alter ego à savoir Seydoni Burkina constate la baisse de ses productions même si le nombre croissant des auteurs burkinabé devait produire l'effet contraire. A ces gravages et autres sélections à moindre coût pour arrondir les fins de mois des DJ et de certains animateurs et techniciens des radios, s'ajoute la piraterie qui, bien qu'ayant perdu du terrain ces dernières années, continue de nuire au marché du disque africain. Cette situation qui asphyxie de nos jours le marché du disque pourrait décourager les producteurs qui, dans un tel contexte, n'oseront plus investir.

Que faire donc pour éviter que les producteurs ne renoncent à cette activité afin que les artistes puissent toujours commercialiser leurs oeuvres et vivre de celles-ci ? Les réponses interpellent les artistes et leurs partenaires du privé et du public. Quant au mélomane, il devra fournir l'effort de se procurer légalement les oeuvres des artistes, en renonçant à cette pratique qui ne peut que provoquer la mort de ses stars préférées. A la longue, il n'y aura plus rien à pirater ou à graver illégalement, puisqu'aucun artiste musicien ne créera son oeuvre pour ne pas vivre de celle-ci, et aucun producteur ne financera la sortie d'une oeuvre sans être sûr de rentabiliser son investissement.

N'oublions pas que si nous gravons illégalement et gratuitement des oeuvres musicales, c'est parce qu'elles existent. Si les artistes refusent de créer, et les producteurs de produire parce qu'ils ne peuvent plus vendre, il n'y aura plus rien à écouter, et ce serait dommage.

(SOURCE : L'Observateur Paalga)